Culture

À la découverte de Contemporary Istanbul avec le peintre Barış Sarıbaş

Du 13 au 16 novembre dernier, l’Istanbul Congress Center accueillait en ses lieux l’événement incontournable des institutions artistiques stambouliotes : Contemporary Istanbul. Pour cette neuvième édition, les amateurs d’art moderne ont afflué de par le monde pour découvrir des exposants de Turquie et d’ailleurs, dans une organisation orchestrée par Marcus Graf qui se veut accessible et diversifiée. Retour sur notre découverte de Contemporary Istanbul en compagnie du peintre turc Barış Sarıbaş.

Contemporary Istanbul 2

Dans le dédale séparant les diverses expositions, les différentes galeries venues exposer leurs œuvres, nous fûmes agréablement surpris par le nombre de nationalités représentées, jouxtant pléthore d’œuvres turques, principalement portées par des galeries d’Istanbul. De New York à Tokyo, en passant par Madrid, Paris, Dubaï et Beyrouth, les galeristes internationaux étaient ravis d’accueillir les visiteurs de Contemporary Istanbul. A peine arrivés, M. Sarıbaş nous livrait déjà sa fierté d’exposer à nouveau dans cette foire d’art contemporain et de voir le travail accompli par les organisateurs : « Nous accueillons aujourd’hui la 9ème édition de Contemporary Istanbul. Si cette foire est encore jeune, elle ne cesse de grandir jour après jour et de gagner en importance, attirant de plus en plus de galeries et d’artistes étrangers. Nous construisons ainsi un pont solide entre les cultures, un carrefour artistique international de renom ». Il s’agit en effet d’un événement considéré comme le cœur de la scène artistique montante d’Istanbul, ouvrant la voie à de nouvelles foires d’art moderne à succès typiquement turques.

Pour saisir les différentes spécificités de Contemporary Istanbul, nous ne pouvions avoir meilleure compagnie que celle de Barış Sarıbaş, lui qui est un habitué des foires d’art moderne internationales. Celui qui peint « avec son âme » depuis maintenant douze ans ne peut qu’être fier du chemin parcouru depuis sa première exposition en tant qu’étudiant en 2002. Dans ses œuvres s’inscrit en effet une empreinte bien particulière, celle d’une réinterprétation symbolique de son appréhension du monde qui l’entoure. Le peintre questionne alors les couleurs, les formes, les lumières, les mots, puis les transforme en les transfigurant dans un univers abstrait, un univers qui émane de « son for intérieur » selon ses termes. Son art réside dans la faculté de décontextualiser le sujet afin de nous permettre de voir les thèmes qu’il aborde autrement, de les voir selon sa propre vision. Dans le cadre de cette foire, une de ses œuvres attira notre attention, opposant le paradis à l’enfer dans une représentation d’un paysage, finalement très usuel, où les couleurs, savamment choisies jouent le rôle de décodeur. Le Ying et le Yang selon Barış Sarıbaş en somme.

« Les artistes qui exposent ici sont avant tout des artistes talentueux dévoués à leur passion, et ne comptent pas les heures de labeur que chacune de leurs œuvres a pu constituer à leurs yeux. Ce sont ceux pour qui il est important de perpétuer une histoire commune à partir de ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui ». Une évidence pour M. Sarıbaş, une impression de plus en plus réaliste pour nous qui découvrions Contemporary Istanbul pour la première fois. C’est avant tout un fort sentiment de respect qui était palpable dans les échanges entre les différents exposants, fiers au delà de tout d’être présent dans cette foire, trouvant souvent des points de connivence entre eux. Mais l’un des principaux avantages de Contemporary Istanbul est de pouvoir apprécier une des multiples œuvres exposées, un mot d’admiration vous échappant parfois, et de vous retourner en lisant le bonheur de l’artiste en personne à la vue de vos réactions quant à ses propres travaux.

La présence de M. Sarıbaş à nos côtés n’était pas en reste, nous permettant d’échanger plus aisément avec les artistes turcophones. Le peintre n’a eu de cesse de prôner la forte solidarité existant entre les artistes turcs, initiateurs d’un art contemporain national en plein essor. Chaque stand du côté des artistes turcs était l’occasion d’une nouvelle rencontre, d’un nouvel univers, d’une nouvelle sensibilité artistique. Nous passâmes par exemple allègrement par le monde jovial et enfantin de Mehmet Sinan Kuran, l’histoire partagée entre l’Espagne et la Turquie personnifiée par Şükrü Karakuş, aux côtés d’artistes internationaux comme Chaouki Chamoun, mettant en lumière son Liban natal et les montagnes du Shouf, la Caennaise Caty Banneville, inspirée par le monde de la vigne, et bien d’autres encore. C’est dire à quel point nous ne pouvions que nous perdre avec ravissement dans ce florilège d’œuvres venues d’ici et d’ailleurs, où tout un chacun pouvait y trouver son bonheur.

Myriam Saqalli

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *