Société

La délicate répartition des réfugiés au sein de l’UE

La répartition des réfugiés, et notamment des réfugiés syriens, parmi les pays membres de l’UE s’avère toujours aussi compliquée et source de tensions.

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Des militaires hongrois achèvent un mur de grillages à la frontière avec la Serbie

Si, à l’origine, le nombre de 20 000 réfugiés relocalisés était aisément atteint, l’objectif de 40 000 réfugiés semble, lui, moins faire l’unanimité. Car au mécanisme de relocalisation s’adjoint celui de la réinstallation. Or, la Commission souhaitait que les pays membres accueillent près de 60 000 réfugiés au total. Mais les ministres européens ont, eux, trouvé un consensus pour 54 760 réfugiés, bien en deçà des chiffres préconisés par la Commission. Des « hotspots » pour l’enregistrement et l’identification des réfugiés vont également être créés mais ne règlent en aucun cas le problème.

L’Italie et la Grèce accueillent déjà un nombre considérable de réfugiés et ont sollicité l’aide des autres pays membres. Si les réfugiés sont essentiellement originaires de Syrie, bon nombre viennent aussi d’Irak et d’Érythrée.

Parmi les pays, dont l’intervention est basée sur le volontariat, la France et l’Allemagne s’engagent, à partir de 2015, à accueillir un contingent représentant presque le tiers, à savoir un peu plus de 9 000 réfugiés pour la France, et 12 000 pour son voisin allemand. A l’inverse, certains pays se distinguent par le peu de réfugiés qu’ils prennent en charge. L’Espagne accueillera ainsi moins de réfugiés que les Pays-Bas et à peine moins que son voisin portugais. L’Autriche, tout comme la Hongrie, n’accueillera pas de réfugiés. L’Autriche argue d’un quota de demandeurs d’asile acceptés déjà considérable. La Hongrie cherche elle tout simplement à fermer sa frontière avec la Serbie. Enfin, la Lettonie aura un contingent fortement réduit, craignant un afflux trop important qui s’ajouterait aux réfugiés ukrainiens.

On touche là l’une des limites de l’engagement volontaire, qui, faute d’une véritable coordination collective privilégiant une nouvelle fois l’intérêt des Etats, risque de provoquer de nouveaux déséquilibres et surtout un accueil moindre de réfugiés. Alors que dans le même temps, les Etats frontaliers de la Syrie doivent faire face à un afflux considérable. Et qu’en Uruguay, on s’apprête à accueillir de nouvelles familles de réfugiés syriens dans le cadre d’un programme lancé à l’époque du président Mujica. Une autre vision de la solidarité…

Pierre Debly

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