International, Politique

La fin de l’Organisation État islamique ?

Perte de territoire, augmentation du nombre de fuites vers les pays voisins et baisse du nombre de départ vers le territoire de l’organisation terroriste. Ces derniers temps, les déclarations sur une perte de vitesse de l’Organisation État islamique se multiplient: propagande ou réel déclin ? 

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« 2016 doit être l’année de la fin de Daech » déclarait le ministre de la Défense français , Jean-Yves Le Drian, en avril dernier. Tous les pays de la coalition international semblent s’accorder à dire que la fin de l’organisation terroriste Etat Islamique est proche et que la fin de la guerre s’annonce progressivement. Certains facteurs portent en effet à croire à une amélioration globale de la situation, cependant il y a de nombreux risques à crier victoire trop vite.

L’Organisation État islamique recule 

Les dernières semaines ont été décisives dans la reprise du territoire occupé par l’Organisation État islamique: l’organisation terroriste a perdu près de 40% de son territoire. Les forces d’opposition en Irak, les groupes kurdes, syriens, ou encore la coalition internationale et ses forces antiaériennes ont multiplié les victoires sur les djihadistes qui ont reculé sur plusieurs fronts. Mentionnons notamment la récente avancée des forces combattant l’organisation terroriste qui ont repris de la ville de Fallujah le 4 juin dernier, après que les forces irakiennes soient rentrées dans le sud de la ville. Cette progression s’accompagne de la reprise de Palmyre en mars dernier par les forces gouvernementales syriennes et d’une perte de vitesse de l’emprise l’Organisation État islamique dans les sphères djihadistes. En effet, le « califat » n’est pas parvenu à conquérir la totalité du « Shâm », ensemble Irak/Syrie, comme il l’avait promis et fait donc des déçus.

La fuite des déçus et des persécutés

Ce recul s’est traduit par la stagnation, voir la baisse, du nombre de départs vers le territoire de l’organisation ainsi que par le nombre importants d’individus quittant le territoire afin d’échapper à l’extrémisme, la terreur et le totalitarisme instaurés par l’Organisation État islamique. Le récent livre de Sophie Kasiki, repentie de l’organisation djihadiste, est l’un des nombreux exemples de personnes dénonçant les conditions de vie terribles au sein du territoire de l’organisation terroriste. D’autres témoignages de fuite – de la communauté yézidie notamment – mettent en avant des complicités internes pour lutter contre la répression et l’enfermement imposés par l’Organisation État islamique à ses habitants. Tous ces éléments traduisent une certaine perte d’emprise de l’organisation terroriste, qui a déçu beaucoup de fidèles en quête d’une « réelle » terre d’Islam.

L’avenir incertain des populations locales 

L’occupation du territoire syro-irakien par l’Organisation État islamique est très préoccupante pour les populations locales qui vivent dans la répression et la terreur, voir l’esclavage pour certaines minorités persécutées. La reprise des territoires fait perdre des habitants à l’Organisation État islamique, ce qui constitue un enjeu clé de la chute de l’organisation. Cependant, certaines populations – embrigadées ou non – craignent les représailles des communautés chiites si l’organisation terroriste est battu. Par ailleurs, l’organisation terroriste continue ses exactions meurtrières dans la région: une fosse commune contenant près de 400 corps au nord-ouest de Fallujah a été découverte (voir http://aujourdhuilaturquie.com/fr/une-nouvelle-decouverte-macabre-en-irak/).

Des risques toujours importants

A l’approche de l’Euro 2016 en France et des Jeux Olympiques d’été à Rio, la tension monte quant au risque d’attentats. En France, les simulations d’attentats dans les fanzones – rassemblements organisés pour la diffusion des matchs – se multiplient afin de pallier à tous les risques potentiels. En effet, de nombreux appels à l’action terroriste ont été diffusés. Les grands rassemblements sportifs, à l’honneur cet été, sont des cibles de choix pour les terroristes. D’autres part, les combats n’ont pas cessé sur les différents fronts irakiens et syriens et les positions prisent ne sont principalement que des avant-postes de l’organisation qui conserve un territoire important. L’organisation mise également sur la Libye, où entre 3000 et 5000 combattants de l’Organisation État islamique affrontent un gouvernement qui peine à assoir sa souveraineté.

Le combat contre le terrorisme djihadiste de l’Organisation État islamique avance, mais est loin d’être terminé. Les risques sont multiples: attentats, déplacement du conflit vers la Libye, etc.

Manon Chauvet

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