Economie

La fin des idées reçues sur le déclin économique de la France

France_1 On a vu fleurir ces dernières années une multitude d’articles et de livres, en France comme à l’étranger, qui se sont attelés à livrer une réalité déformée, propre à ce qu’on a désormais pour habitude d’appeler « le déclin Français ». Une attitude récurrente qui a même fait naître une expression pour la désigner : le « french bashing ». Il est temps d’en finir avec ces idées reçues et préconçues qui ne rendent pas compte de la complexité de la situation économique, politique et sociale de la France.

Des atouts économiques majeurs :

La France, 5e puissance économique mondiale, jouit d’atouts multiples. En premier lieu, elle peut s’appuyer sur la francophonie et l’art de vivre à la française qui sont des éléments majeurs du rayonnement du pays dans le monde. La France possède aussi le deuxième territoire maritime mondial en terme d’étendue et le premier en terme de biodiversité. Ce territoire pourrait d’ailleurs lui permettre, dans les prochaines années, de devenir un leader mondial sur le marché des terres rares, indispensables à la fabrication des appareils numériques. L’Hexagone est aussi un État qui dispose d’un large panel d’industries et de savoir-faire, comme la robotique, le transport ferroviaire, l’aviation, le textile, ou encore le nucléaire. La France est aussi la première destination touristique mondiale et le premier producteur de produit de luxe. Sans oublier qu’elle possède le deuxième taux de natalité européen, l’une des meilleures espérances de vie au monde et le meilleur système social de la planète. Il est donc temps de mettre un terme à cette opiniâtre dépréciation de la France, provenant de l’intérieur et de l’extérieur, et ainsi rétablir la vérité sur sa réelle situation économique.

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Louis Vuitton à l’assaut du monde.

Quand les statistiques sapent l’opinion commune :

Ainsi, on a pour habitude de dire que la France est en perte de vitesse, pâtissant d’un manque de flexibilité associé à son administration rigide et à une fiscalité trop pesante mais, dans les faits, elle reste le 2e pays européen en termes de PIB, classée première en Europe en ce qui concerne la création d’entreprise et dispose d’un marché de 65 millions de consommateurs (Eurostat 2014). S’agissant du poids fiscal et administratif pour les entreprises, il est nécessaire de dire que la France s’inscrit dans la frange des pays du G20 où il est le plus simple de monter une entreprise avec cinq procédures en sept jours contre une moyenne générale de 7,6 procédures en 22 jours (Baromètre de l’attractivité EY, 2014), et fait aussi partie des pays qui ont les taux effectifs d’imposition les plus attractifs au vu des possibilités offertes par son marché (Etude KPMG, Choix concurrentiel 2014).

Une autre idée commune voudrait que les Français soient paresseux et qu’ils ne travaillent pas assez. Une idée de plus qui, confrontée à la réalité statistique, ne tient pas. En effet, les salariés français travaillent en moyenne plus que les Allemands : 44,3 heures contre 42,9 pour les cadres et 36,2 heures contre 34,5 pour les non-cadres (Eurostat, 2014). De même, selon l’OCDE, les Français sont parmi les plus productifs au monde, en deuxième position derrière les États-Unis. De plus, la France pointe au 6e rang mondial concernant la productivité horaire de la main-d’œuvre, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni avec une productivité par heure travaillée s’élevant à 45,4 euros, contre 42,6 euros pour l’Allemagne, et 37,2 euros pour l’ensemble des pays de la zone euro (Eurostat, 2014).

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Il est aussi récurent d’entendre dire que la France n’est pas ouverte à la mondialisation. Hors, on a enregistré 6 660 projets d’investissements étrangers créateurs d’emploi en France entre 2003 et 2013 (Rapport annuel 2013 des investissements étrangers créateurs d’emploi en France de l’AFII). Plus de 20 000 entreprises étrangères sont présentes en France et emploient près de deux millions de personnes (INSSE, 2014), et, selon la Banque de France, les investisseurs étrangers détiennent 46,7% du capital des sociétés du CAC 40. Dans la même optique de vision économique globalisée et mondialisée, la France investit aussi massivement à l’étranger. Elle se situe au 4e rang mondial en matière de stocks d’investissements directs à l’étranger, et au 11e rang mondial et 3e rang européen quant au flux d’investissement à l’étranger (Cnuced). De plus, selon la direction du Trésor, les filiales françaises à l’étranger réalisent dans leur ensemble un chiffre d’affaires cumulé de près de 1 000 milliards d’euros, employant près de cinq millions de personnes. Ajoutons à cela que la France réussit à attirer les talents étrangers, entrepreneurs comme étudiants. En effet, plusieurs classements confirment l’attractivité qu’exerce la France auprès des étudiants étrangers, qui louent la qualité et le coût abordable de ses formations. La France occupe ainsi la 3e position en ce qui concerne l’accueil d’étudiants étrangers (Campus France, 2014). 9 étudiants sur 10 ayant effectués leurs études sur le territoire français recommandent le pays comme destination d’études (Baromètre Campus France, 2013).

France_19Enfin, la France se classe à la deuxième place européenne et à la 6e mondiale en matière de dépôts de brevets internationaux (OMPI, juillet 2013), et demeure également, pour la 4e année consécutive, 1ère au classement Deloitte Technology Fast 500 EMEA 2014, avec 86 entreprises classées parmi les 500 entreprises les plus performantes du secteur technologique en zone EMEA, ce qui fait d’elle un pays résolument tourné vers l’avenir.

Il est donc temps de mettre fin à cette dépréciation fallacieuse et improductive de la France. Il nous faut désormais prendre acte des changements dans le temps et dans l’espace pour enfin pouvoir faire naître de notre passé glorieux un avenir prometteur.

Thomas Nicod

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