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La Grèce réclame des réparations pour l’occupation nazie

Mardi 16 août, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé qu’il n’avait pas abandonné le projet d’obtenir de Berlin le paiement de réparations pour l’occupation nazie, bien au contraire. 77ç ÄÅÈ - ÏÌÉËÉÁ ÊÏ ÓÕÑÉÆÁ ÁËÅÎÇ ÔÓÉÐÑÁ ÓÅ ÐÁÑÁÃÙÃÉÊÏÕÓ ÖÏÑÅÉÓ ÔÇÓ ÈÅÓÓÁËÏÍÉÊÇÓLa Grèce « fera tout le nécessaire au niveau diplomatique et légal ». C’est en ces termes que le Premier ministre a réclamé les réparations de guerre que la Grèce estime ne pas avoir reçues de l’Allemagne et qu’elle revendique depuis des années notamment pour les exactions commises en août et en décembre 1943, mais aussi en juin 1944.

Ces propos ont été tenus à l’occasion de la commémoration du massacre de civils de 1943 à Kommeno. Si cela fait 73 ans que les troupes nazies ont tué 317 civils dans ce petit village du nord-ouest du pays, les réclamations d’Athènes ne sont pas nouvelles puisque, dès son arrivée au pouvoir, le Premier ministre grec avait demandé que celles-ci soient affranchies.

Ces réclamations ont été galvanisées par la crise que traverse le pays depuis 2010 et dans laquelle l’Allemagne joue un rôle peu enviable. En plus de faire pression sur le gouvernement de M. Tsipras pour que la dette soit remboursée, Berlin est considéré comme le principal responsable de la politique de rigueur imposée aux Grecs.

Une somme exorbitante pour éponger une dette tout aussi importante

Le Premier ministre hellène, faisant référence au rapport qui a été remis le mois dernier au Parlement, a stipulé que : « Pour la première fois, nous avons une stratégie nationale ». Ce rapport, effectué par une commission parlementaire constituée en 2015, réclame des réparations s’élevant à 269,5 milliards d’euros. Un montant qui lui permettrait de couvrir en partie sa dette publique de 320 milliards qui comprend, de façon bien ironique, le remboursement de 10 milliards d’euros du prêt obligatoire imposé par l’occupant nazi à la Grèce.

En 1941, ce n’est pas moins de 476 millions de reichsmarks qui avaient été directement extorqués à la Grèce par l’Allemagne de Hitler. À la fin de la guerre, à titre de réparation, l’Allemagne avait donc été condamnée à payer 7 milliards de dollars à la Grèce. Mais cette dette n’était pas couverte par l’accord de Londres de 1953 qui repoussait le règlement des réparations de guerre à la signature d’un accord de paix.

La nouvelle somme exposée dans le rapport de juillet dernier est un peu en dessous de ce que la Comptabilité nationale grecque avait réclamé en 2014, mais aussi par le gouvernement en 2015 – à savoir : 278,7 milliards d’euros.

Intransigeance allemande

Quoi qu’il en soit, cette affaire est loin d’être réglée du côté d’Athènes comme de Berlin. Le mois prochain, les conclusions de la commission doivent encore être débattues au Parlement et Berlin campe sur ses positions.

Malgré les débats que cette nouvelle demande a suscités en Allemagne, surtout en ce qui concerne le prêt imposé par le régime nazi, le gouvernement refuse de rouvrir le dossier.

Berlin considère que la question des réparations de guerre a été réglée lorsque l’Allemagne a été réunifiée en 1990 et a accepté le Traité de Moscou qui exonéra Berlin de verser certaines réparations, dont celles pour la Grèce.

Camille Saulas. 

 

 

 

 

 

 

 

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