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La Guadeloupe, une terre de paradis

Vous rêvez de cocotiers ? Pour finir 2015 en beauté, je me suis rendue dans une destination magique à mes yeux et relativement peu connue en Turquie : la Guadeloupe. 

GUADELOUPE

Entre l’Océan Atlantique et la mer des Caraïbes, l’Île papillon (surnom dû à sa forme), jouit d’une richesse naturelle étonnante. De la mer bleue turquoise aux côtes sauvages et déchiquetées, des plages paradisiaques aux chutes d’eau, du volcan à la jungle tropicale… Composée de sept îles et de plusieurs ilets, avec chacune leur histoire, leurs spécificités, leur ambiance, la Guadeloupe possède certains des plus beaux sites naturels des Antilles.
Un passé douloureux
Les premiers habitants connus de l’île sont les indiens Arawak (ou Taïnos), venus du Venezuela, remplacés ensuite par les indiens Caraïbes. Christophe Colomb découvre l’île en 1493 et la baptise alors Guadeloupe. Après une vaine tentative de conquête espagnole, la Guadeloupe devient française en 1635. La colonie sera une plaque tournante de la traite négrière entre le XVIIe et le XIXe siècle, jusqu’à l’abolition définitive de l’esclavage – d’abord aboli en 1794 à la faveur de la Révolution française, Napoléon Bonaparte le rétablit en 1802. La Guadeloupe devient finalement un département français en 1946.
La culture guadeloupéenne a ainsi intégré au fil de son histoire des éléments de culture française, africaine et créole, comme en témoigne l’île avec les vestiges de l’économie de plantation de canne à sucre et ses vieilles maisons coloniales et créoles. Je vous invite à découvrir un échantillon de cet endroit de paradis.
Le Mémorial ACTe, inauguré en juillet 2015, fût l’une des étapes marquantes de mon voyage. Ce musée d’un nouveau genre retrace l’histoire de l’esclavage depuis ses origines, dont trois siècles de traite négrière, et ouvre la réflexion sur les formes d’esclavage moderne. Créatif, ce centre d’expression culturelle et artistique mise largement sur les photographies, les archives, les œuvres d’art contemporain, le multimédia ou les scènes d’évocation. Une trentaine de salles, organisées chronologiquement, rappellent qu’entre 12 et 13 millions d’africains furent déportés par le Portugal, la Hollande, l’Angleterre, l’Espagne ou la France, en échange de marchandises et avec la complicité de plusieurs pays africains. La scénographie aborde également les conséquences de l’esclavage et la culture qu’il a parfois engendré.
Le volcan de la Soufrière, toujours la tête dans les nuages (le sommet est découvert 100 jours par an), domine le parc national de Guadeloupe, ainsi que toutes les petites Antilles, en culminant à 1467 mètres. La vieille dame, comme on l’appelle, est un paradis pour les amateurs de randonnée. Etroitement surveillé, c’est l’un des rares volcans actifs dans le monde sur lesquels on peut grimper en toute liberté ; et le parcours est unique à plus d’un titre. Après avoir franchi la mini-jungle au pied de la montagne, l’ascension est jonchée de cheminées de souffre, dont le bruit, les vapeurs de souffre et d’acide, et surtout l’odeur, donnent l’impression d’être sur une autre planète. Une fois en haut, la vue à 360° est spectaculaire pourvu que la météo soit clémente ; et sur le chemin du retour, un bain dans les sources chaudes s’impose.
Les distilleries
Le rhum fait partie intégrante de la culture guadeloupéenne. La Guadeloupe et la Martinique sont d’ailleurs parmi les plus grands producteurs de rhum agricole au monde. Parmi la cinquantaine de distilleries que comptait l’île en 1939, il n’en reste que neuf, et leur visite est incontournable. On y apprend comment le jus de canne frais, après distillation et fermentation, se transforme en rhum.
Le climat, humide et ensoleillé, est idéal pour la culture de la canne à sucre, introduite par les colons au XVIIe siècle. A l’origine, les déchets issus de la production du sucre, dont la mélasse, servaient à fabriquer du taffia, une eau-de-vie au goût et à l’odeur désagréables dont s’enivraient soldats, marins et esclaves. Suite à l’introduction de l’alambic au début du XVIIIe siècle par le Père Labat, le procédé s’améliora progressivement jusqu’à donner le rhum, au XIXe siècle. Sous la contrainte économique, il fallut trouver un moyen de réduire les coûts (le matériel), tout en améliorant le goût. Au début du XXe siècle, les Antilles françaises se tournent alors vers une production différente, à base de pur jus de canne (vesou) : le rhum agricole, devenu emblématique.
Servi avec du sucre et du citron vert (ti punch), mélangé à un savoureux cocktail de fruits tropicaux (planteur), ou masséré avec des fruits au parfum envoûtant (punch) ; utilisé encore pour parfumer les pâtisseries et glaces, ou bien dans les remèdes de grand-mère, le rhum se déguste en toute occasion.
Généreuse et haute en couleur, tout comme ses habitants, la Guadeloupe recèle de trésors insoupçonnés : paysages, faune, spécialités culinaires, culture musicale dont les rythmes rappellent le passé colonial… Une ambiance si particulière à voir au moins une fois dans sa vie.

Coralie Forget

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