International, Politique

La guerre est finie entre la Colombie et les FARC

Le gouvernement colombien et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sont arrivés à un accord de paix, après cinquante-deux ans de conflit armé. Il a été annoncé hier à La Havane, où se tenaient les négociations depuis quarante-quatre mois.

2245170100_331066e3ca_b

« La guerre est finie », en écoutant Humberto de la Calle, le chef négociateur du gouvernement, prononcer ces mots mercredi soir, plus d’un téléspectateur a eu les larmes aux yeux. L’immense majorité des 47 millions de Colombiens n’a jamais connu un pays en paix. Les réseaux sociaux s’étaient enflammés dès lundi, quand les rumeurs concernant la fin imminente des négociations ont commencé à courir. Trois ministres se trouvaient depuis samedi à La Havane, où les négociateurs des deux camps travaillaient à marche forcée.

La conclusion des pourparlers n’est pas encore un accord de paix définitif, mais c’est tout comme. Pour entrer en vigueur, le texte doit être signé par le président colombien, Juan Manuel Santos et par le chef des FARC, Rodrigo Londoño, alias Timochenko, à Bogota. Enfin, et surtout, il doit être ratifié par les électeurs, appelés à se rendre aux urnes le 2 octobre, jour du plébiscite promis par le président Santos. D’ici là, les FARC tiendront en Colombie leur dixième et dernière conférence nationale, afin de soumettre à leur base le résultat des négociations et voter leur transformation en un parti politique. Quelque 500 guérilleros devraient se réunir, sous la protection de l’armée, dans l’est du pays.

52 ans de conflits, 220 000 morts et plus de 7 millions de déplacés

 « Aujourd’hui commence la fin de la souffrance », a déclaré le président Juan Manuel Santos au cours d’une allocution télévisée. Le conflit armé laisse un lourd bilan. Les estimations officielles font état de 220 000 morts et plus de 7 millions de déplacés, essentiellement des paysans et leurs familles chassés de leurs terres par les combats et par les milices paramilitaires d’extrême droite. Le conflit colombien a été un conflit surtout rural.

Ces accords partiels portent notamment sur le développement rural, la réparation des victimes, les mécanismes de justice transitionnelle ou encore les conditions du cessez-le-feu bilatéral et de la démobilisation des guérilleros.

Combien sont-ils ? L’armée donne depuis plusieurs années le chiffre de huit mille. Les FARC n’ont jamais fourni d’information sur leurs effectifs. Une seule certitude : près de 40 % des guérilleros sont des femmes. Dès la signature officielle de l’Accord de La Havane, tous se cantonneront dans les 31 zones délimitées par les négociateurs. L’ONU participera à la supervision du cessez-le-feu. Les conditions de la réincorporation des guérilleros à la vie civile et de la transformation des FARC en parti politique ont été précisées mercredi.

« L’accord de paix n’est pas un aboutissement, c’est un nouveau départ », a déclaré le chef négociateur de la guérilla, Ivan Marquez. Gouvernement et FARC s’accordent sur ce point : l’accord ne prétend pas seulement mettre fin au conflit, il veut en éradiquer les causes et construire un nouveau pays. Les défis sont immenses. Et il faudra du temps pour tout reconstruire.

Du Vietnam à l’Irlande, l’expérience dit que négocier la paix prend du temps.

« Quatre ans de négociations pour mettre fin à un conflit vieux d’un demi-siècle ? Nous sommes dans les temps », souligne le guérillero Lucas Carvajal.

Guillaume Asmanoff. 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *