Art, Culture

La municipalité de Fatih détruit les œuvres de l’artiste français JR

_jr05254Le 22 mai dernier, dans les quartiers européens de Balat et Tarlabaşı, l’artiste de rue français JR choisissait Istanbul pour son projet The wrinkles of the city (les rides de la ville). Ce projet, débuté en 2008, faisait d’Istanbul la sixième ville à s’habiller des œuvres de JR, après Carthagène, Shanghaï, Los Angeles, La Havane et Berlin. Aujourd’hui, Istanbul est la première ville à détruire intentionnellement le travail de l’artiste.

Le projet du français JR consiste à orner les murs de bâtiments par des collages de photographies représentant des habitants âgés de la ville. En mai 2015, JR se lance dans le « collage » de quinze bâtiments à Istanbul, une ville qu’il considère comme un lien entre Europe et Asie. Pour le dernier chapitre de son projet The wrinkles of the city, l’objectif est de dresser le portrait de personnes âgées qui ont vécu la transformation de leur quartier. L’agrandissement des visages permet de mettre en valeur les changements de l’architecture dans de nombreux endroits de la ville. Ces collages ont été réalisés dans les quartiers de Balat, Tarlabaşı, mais aussi Eminönü et Beyoğlu.

Cependant, quelques semaines plus tard, deux portraits sont vandalisés. L’un par de la peinture, l’autre déchiré. L’attaque contre ses œuvres d’art a été dans l’ensemble réprimée par les habitants de la ville qui dénoncent un manque de respect vis à vis de l’artiste mais aussi des habitants représentés sur ces photographies.

Suite au scandale, la municipalité de Fatih, dirigée par l’AKP, a décidé de tout simplement effacer l’œuvre de l’artiste. Indigné, JR a posté sur ses comptes twitter et instagram deux photographies de son travail. L’une d’un bâtiment abandonné du quartier de Balat, représentant le profil d’un vieil homme avec la légende « Before », la deuxième montrant ce même bâtiment avec de la peinture recouvrant le visage du modèle avec la note « After the local Police paint over it… ». Les réactions sont vives sur les réseaux sociaux et accusent le gouvernement AKP de freiner la liberté d’expression De nombreux internautes, turcs, se sont excusés au nom de leur pays.

BEFORE

AFTER

Florie Contenceau

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