International, Politique

La polémique grandit après l’exécution du religieux chiite Sheikh Nimr Al-Nimr en Arabie saoudite

La dégradation des relations irano-saoudiennes n’en finit pas après l’exécution du religieux Nimr Al-Nimr par l’Arabie saoudite, et la réaction violente des manifestants iraniens. 

Angry Iranian protesters at Imam Husain Square in Tehran chant slogans during a demonstration against the execution of Shiite cleric Sheikh Nimr al-Nimr in Saudi Arabia. (Photo: AP)

Angry Iranian protesters at Imam Husain Square in Tehran chant slogans during a demonstration against the execution of Shiite cleric Sheikh Nimr al-Nimr in Saudi Arabia. (Photo: AP)

L’ambassade saoudienne à Téhéran et le consulat à Mashhad a été pris d’assaut dimanche par des manifestants iraniens, suite à l’exécution la veille d’un éminent religieux chiite par l’Arabie saoudite. Sheikh Nimr Al-Nimr et les 46 autres condamnés étaient accusés terrorisme. Avant son arrestation en 2012, Al Nimr avait été une figure de proue du mouvement des révolutions arabes, menant notamment de larges manifestations dans la province à majorité chiite de Qatif, dans l’Est du royaume.

La décision avait provoqué l’ire du gouvernement iranien, qui a annoncé que le royaume saoudien paierait un « lourd tribut », donnant 48 heures aux diplomate saoudiens pour évacuer le territoire. Les manifestants avaient mis à sac et brûlé l’ambassade avant d’être dispersés par les forces de l’ordre iraniennes. En réponse aux violences, Riyad a aussitôt suspendu ses relations diplomatiques avec l’Iran. Bahreïn et le Soudan lui emboîtait le pas le lendemain. Les Emirats arabes unis, proches alliés du royaume saoudien, ont également réduit leurs relations avec l’Iran, sans pour autant aller jusqu’à prendre des mesures de représailles sévères.

En parallèle des initiatives individuelles de leurs membres en ce sens, les Nations-Unies ont condamné l’attaque de la représentation saoudienne en Iran, et appelé à protéger la propriété et le personnel consulaires. « Le Conseil de Sécurité a rappelé le principe fondamental de l’inviolabilité des locaux diplomatiques et consulaires », et a appelé les protagonistes à « maintenir le dialogue et à prendre des dispositions pour réduire les tensions dans la région ».

La Turquie a elle aussi appelé au calme, soulignant les tensions qui agitent déjà le Moyen-Orient. « La région est au bord de l’explosion », s’est inquiété le Premier ministre adjoint Numan Kurtlmus. Ces deux importantes nations pour le monde musulman, et dont les relations avec la Turquie sont amicales, doivent agir selon le sens commun a-t-il ajouté.

La forte dégradation des relations entre les deux grands rivaux, déjà complexes d’ordinaire, suscite l’inquiétude générale. L’Arabie saoudite et l’Iran, qui soutiennent chacun des camps opposés dans les conflits en cours en Syrie et au Yémen, jouent un rôle clé dans la recherche de solution aux troubles dans la région. Le mois dernier, les autorités saoudiennes avaient convenu d’une réunion avec les représentants de l’opposition syrienne dans le but de mettre en place une délégation qui prendrait part aux négociations de paix avec le camp gouvernemental prévues mi-janvier. L’impact des évènements récents sur le hadj, le pèlerinage aux lieux saints musulmans de la Mecque et Médine, figure parmi les sources de préoccupation.

Coralie Forget

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