Chroniques

La politique des séries turques

Une nouvelle bizarre est parue dans certains journaux turcs il y a quelques jours. Si la celle-ci est passée inaperçue, je compte bien en exploiter le coté comique, et lui décerner le prix de l’humour de cette année. Il s’agissait d’une réunion du parlement russe où les députés discutaient d’une proposition avancée par l’un d’entre eux selon laquelle il fallait interdire la série turque diffusée depuis quelques temps à la télévision russe : Le siècle magnifique (Muhteşem Yüzyıl). Cette série, qui a duré quatre saisons en Turquie, relate les exploits et les intrigues de Soliman le Magnifique, de sa favorite et de son épouse Hürrem Sultane, que les occidentaux appellent Roxelane, et qui était, comme l’on sait, d’origine russe (elle était plus précisément la fille d’un prêtre orthodoxe de Crimée, enlevée et apportée au harem du sérail par les corsaires turcs).

Le scénariste Meral Okay, n’ayant pas froid aux yeux, a dévoilé en pleine opposition aux politiques du gouvernement turc qui prônait (et prône toujours) un retour aux stratégies ottomanes pour apporter la paix dans le monde, ce qu’il y avait d’irrecevable, de catastrophique et de condamnable dans les comportements ottomans ; entres autres : meurtres des fils et des frères ainsi que des vizirs indésirables. Après la mort de M. Okay, un trio de scénaristes encore plus impertinent a pris la relève, et nous avons eu droit à une série turque sans naïveté. De ce fait, elle n’est pas seulement achetée par les pays arabes et balkaniques, mais aussi par la Thaïlande, et ou encore largement l’Amérique. En revanche aucune série turque n’est diffusée en France.

Quant aux Russes, ils ont apprécié la série, notamment parce qu’ils ont pu constater grâce à elle que pendant trente ans, une Russe tenait les ficelles de l’Empire ottoman, en agissant comme conseillère aussi bien auprès des vizirs, qu’auprès de son mari, qui la croyaient sur parole. Alors que nous vivons une crise digne de Dostoïevski, après l’armée turque aie abattue un avion militaire russe, des parlementaires de la Russie ne veulent plus de la série. En matière politique, un petit incident peut causer des troubles permanents et celui-ci en est un exemple dont le ridicule empêche de voir peut-être l’importance.

On ne sait pas encore la décision finale mais en Turquie depuis un mois nous avons, dans la série, changé de siècle. En effet, nous en sommes aux intrigues du XVIIe siècle, sous Sultan Ahmet. La particularité historique de ce sultan a été d’abolir le fratricide que le conquérant d’Istanbul, Mehmet II dit Fatih, avait érigé en loi. On peut alors espérer qu’on évitera une guerre chaude avec la Russie ? C’est du moins l’espoir inspiré par la politique des séries turques.

Comme l’écrivait Blanchot, « c’est ce qui passe comme inaperçu qui constitue l’essentiel » ; et il faut parfois aller chercher ces particularités pour pouvoir en déterminer les contours.

Nami Başer

3 Comments

  1. ettaieb

    Les menaces russes à l’encontre de la Turquie ne sont pas passés inaperçus

  2. ettaieb

    La Turquie son gouvernement et son peuple représentent la nation la plus traître et la plus liberticide de la planète dont la sombre histoire se résume par des occupations de pays ne possédant pas les moyens militaires de se défendre . En classant l’OTAN avant dieu ,l’avenir lui démontrera le salaire qu’elle percevra.Il n’y a pas de crime qui reste impuni .

  3. yasar

    Je ne sais pas t’es qui ettaieb, mais faut arrêter la moquette. La Turquie dis moi quand est ce qu’elle a commis de traitrise ? – insulte pas un pays , un peuple sans connaître son histoire. Ne prend pas tes péchés , ton caractère méprisable pour une generalité – blame toi t’être si bas . La traitrise pour avoir défendu ses frontières , son honneur ? dis moi qu’est ce qu’il faisait cet avion russe sur le sol turc?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *