International, Politique

La Pologne s’enfonce dans une crise politique

Le week-end a été chargé sur le plan politique en Pologne. Des manifestations ont éclaté dans le pays pour protester contre certaines décisions prises par le gouvernement conservateur et populiste. Depuis plusieurs mois, la Pologne fait face à une véritable crise politique qui ne cesse de s’accentuer.2016-12-18-15-42-03Vendredi et samedi, des milliers de manifestants ont défilé dans différentes villes de Pologne afin de contester l’adoption du budget de l’État de 2017, mais aussi pour dénoncer un nouveau règlement qui vise à limiter l’accès des médias aux députés. Les conditions dans lesquelles ont été prises ces décisions sont jugées tout bonnement illégales par l’opposition.

Selon l’opposition, certains députés n’ont pas pu accéder vendredi à la salle où se déroulaient le vote du budget et le vote concernant le nouveau règlement alors que des personnes non autorisées auraient participé au vote.

Tout a débuté dans la soirée du vendredi 15 novembre. Des milliers de personnes, qui répondaient à l’appel du mouvement de défense de la démocratie (KOD) et de plusieurs partis d’opposition, ont manifesté devant le Parlement à Varsovie.

Puis, dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 décembre, les principaux dirigeants polonais ont été bloqués dans l’enceinte du Parlement par une centaine de manifestants d’opposition qui venaient crier leur colère. Pendant plusieurs heures, la Première ministre, Beata Szydlo, et le chef du parti conservateur Droit et Justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, n’ont pas pu quitter le Parlement tout comme plusieurs députés issus de la majorité. Si la majorité des députés sont restés à l’intérieur du bâtiment toute la nuit, vers 3h du matin, Beata Szydlo, Jaroslaw Kaczynski et d’autres hauts responsables du PiS ont réussi à forcer le passage grâce aux forces de police.

La colère ne s’est pas essoufflée. Samedi, de nouvelles manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. Le même jour, les chefs des principaux partis d’opposition ont annoncé qu’ils étaient sur le point de saisir la justice afin de faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles se sont déroulés les votes de vendredi.

Dimanche, des députés de l’opposition continuaient à occuper l’hémicycle avec la ferme intention d’y rester jusqu’à mardi, jour où devrait se tenir un débat dans les règles.

Durant trois jours, les manifestants, soutenus par des députés d’opposition libérale qui ont gonflé les rangs, et munis de drapeaux nationaux rouge et blanc, de drapeaux européens et soufflants dans des cornes de brume, n’ont cessé de scander : « Constitution ! », « Médias libres ! », ou encore « Honte ! »« Stop à la dévastation de la Pologne ! »« Liberté, égalité, démocratie ! »

Face à ces grands mouvements de mécontentements, le président polonais, Andrzej Duda, a proposé samedi de se positionner en médiateur et n’a eu d’autre choix que de commencer à rencontrer dimanche les chefs des partis élus au Parlement dans l’espoir d’apaiser la crise politique qui s’accentue à mesure que les conservateurs adoptent des lois jugées antidémocratiques par l’opposition.

Camille Saulas

 

 

 

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