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La province de Mersin et ses tombes monumentales

Murat Durukan, professeur au département d’archéologie et directeur de la faculté des arts de l’Université de Mersin, a déclaré à l’agence Demirören que la province de Mersin est la zone la plus riche de Turquie en matière de trésors archéologiques. Y demeurent des tombeaux monumentaux de l’époque romaine, de véritables joyaux ancestraux…

Yumuktepe, à deux kilomètres de la ville moderne de Mersin, est un grand höyük (monticule) qui couvre près de cinq hectares. Son emplacement revêtait très probablement d’un intérêt stratégique puisqu’il est situé entre les montagnes et la mer, mais aussi relié à de nombreuses voies de communication au plateau anatolien, selon Isabella Caneva  et Eric Jean.

D’après les experts, certaines tombes, qui se situent dans les quartiers Silifke et Erdemli de Mersin, datent du deuxième siècle apr. J.-C. En effet, le plus ancien consistait en un sarcophage en terre cuite retrouvé à l’ouest de l’église. Des monnaies byzantines en bronze y avaient été trouvées, datant du règne commun de Basile II et Constantin VIII (976 – 1025).

Cela fait maintenant plus de 80 ans que le site de Mersin-Yumuktepe a été découvert. Malheureusement, les tombeaux menacent aujourd’hui de s’effondrer et un plan de restauration a donc été mis en place. Murat Durukan a expliqué à l’agence Demirören : « Bien que celles-ci apparaissent comme des structures extrêmement bien conservées, quand vous regardez les détails, vous pouvez immédiatement observer de graves fissures dans le tombeau du temple et que les tombes ont besoin d’être restaurées. On peut perdre ces structures en cas de petits tremblements de terre. Les fissures sont aujourd’hui si importantes qu’une main humaine peut facilement y pénétrer. Par conséquent, cette structure nécessite une intervention urgente. » 

Une restauration qui se fait d’autant plus pressante au regard de leur valeur historique : « L’un des tombeaux a été construit pour une riche famille de la région. Il y a d’autres tombes aux alentours. Cet endroit est une sorte de cimetière. Une telle forme de tombeau, si bien conservé, ne se trouve pas dans de nombreux endroits en Anatolie. Dans cette partie de la Cilicie, nous en connaissons une quarantaine à Demircili, Canbazlı, Elaiussa Sebaste et Olba. Ce sont des tombeaux monumentaux construits entre la première moitié du IIe siècle et la première moitié du IIIe siècle. Ces tombes sont des structures de prestige ; ils sont le signe de richesse. Il y a eu une période de richesse importante à certaines périodes dans la région. On peut dire que la richesse de l’Empire romain au IIe siècle se percevait également dans la région de Cilicie. La même chose est valable pour le Ve siècle. Ces types de structures ont été construits à une époque où le commerce était extrêmement important et où il n’y avait pas de guerres. Nous pouvons les définir comme des structures de prestige ou des structures que les riches ont fait construire pour refléter leur statut », explique Murat Durukan.

La Cilicie est une ancienne région partant du cap d’Alanya et s’étendant jusqu’en Syrie.

Anaëlle Barthel

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