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La reconstruction de Gaza avance à une « vitesse d’escargot » selon un haut-responsable de l’ONU

Un haut responsable de l’ONU a dénoncé ce jeudi la lenteur de la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par la guerre avec Israël à l’été 2014. Au rythme actuel, « il faudrait 30 ans pour réhabiliter et reconstruire ce qui a été endommagé », a déclaré Roberto Valent, le nouveau chef de l’agence des Nations unies impliquée dans la reconstruction de l’enclave palestinienne.

Ce dernier pointe du doigt le non-versement d’une partie de l’aide internationale et la régulation israélienne concernant l’entrée de matériaux de construction à Gaza. Après la guerre de 50 jours de l’an dernier, Israël a autorisé la livraison de ciment et d’acier, mais seulement sous la supervision des Nations unies. Le gouvernement israélien invoquait le risque que les matériaux soient détournés par le Hamas, qui contrôle le territoire depuis 2007.

gaza_2Conséquence, « les logements sont reconstruits à un rythme d’escargot », a révélé Roberto Valent à l’Associated Press. Faciliter l’accès ne suffit pas, « la vraie solution est la levée des restrictions », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d’ouvrir les frontières de Gaza pour permettre la reconstruction ou la réparation rapide de 141 000 habitations détruites ou partiellement endommagées dans ce territoire soumis à un blocus israélien et égyptien.

Retard dans l’afflux de l’aide internationale

Actuellement, « 90.000 unités de logement en partie endommagées ont été rénovées en coordination avec les Nations unies », a annoncé mercredi le ministre palestinien du Logement, Moufid al-Hassayneh lors d’une conférence de presse à Gaza, et « dans les jours à venir, l’opération de reconstruction des maisons entièrement détruites sera lancée », près d’un an après l’opération israélienne « bordure protectrice ».

Si le rythme de reconstruction reste très lent, c’est aussi en raison du retard pris dans le versement de l’aide destinée à Gaza. Une enveloppe de 5,4 milliards de dollars a été promise par la communauté internationale, notamment pour les travaux de reconstruction. Mais les responsables palestiniens disent qu’ils n’ont reçu jusqu’ici qu’une partie de cette somme.

En attendant, cent mille déplacés, selon les organisations humanitaires, espèrent toujours être relogés dans la bande de Gaza.

Khadija Ben Hayyan

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