International, Politique

La Russie n’est pas prête à pardonner

Si Ankara espérait que les vœux du Premier ministre Binali Yıldırım et du Président turc Recep Tayyip Erdoğan à l’occasion de la fête nationale russe permettraient d’apaiser les relations entre Ankara et Russie, la réponse froide de Moscou semble mettre un terme à cet espoir. Russie

Des relations sous hautes tensions

Depuis le 24 novembre, les relations turco-russes sont dans la tourmente. En effet, l’abattage par la Turquie d’un avion militaire russe SU-24 à la frontière turco-syrienne, qui a coûté la vie à son pilote, a entrainé un incident diplomatique d’envergure et des sanctions sévères de la part de Moscou. En outre, les divergences de vues sur le dossier syrien ont continué à empoisonner les relations bilatérales de ces deux États. (Lire aussi : http://aujourdhuilaturquie.com/fr/le-refroidissement-des-relations-turco-russes-lie-a-lerreur-dun-pilote/)

Une volonté d’apaisement

En revanche, le gouvernement turc est bien décidé à apaiser Moscou. Depuis début juin, le Président turc a cumulé les déclarations appelant à la normalisation de leurs relations.

Le 12 juin dernier, la Turquie a tenté de nouveau d’apaiser les relations turco-russes. En effet, à l’occasion de la fête nationale de la Russie, le Premier ministre Binali Yıldırım et le Président turc Recep Tayyip Erdoğan ont envoyé leurs vœux à Dmitry Medvedev ainsi qu’à Vladimir Poutine. Le vice-premier ministre Numan Kurtulmuş n’avait alors pas caché que le gouvernement espérait que ce geste amical permettrait de normaliser les relations avec la Russie. (Lire aussi : http://aujourdhuilaturquie.com/fr/apaisement-entre-moscou-et-ankara/)

Un nouvel échec

La Russie avait d’abord exprimé le 15 juin dernier son souhait de voir les relations entre Moscou et Ankara se rétablir. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov : « Nous [le gouvernement russe] aimerions et nous voulons la normalisation de nos normalisations et le retour à la période où la coopération mutuelle était bonne et avantageuse ».

Pourtant, il semble en réalité que les déclarations des hommes d’États turcs et les vœux de ces derniers ne suffisent pas aux yeux de Moscou. Le ministre des Affaires étrangères russes a en effet commenté la dernière lettre du Président turc en stipulant que celle-ci ne contenait tout bonnement aucun « élément substantiel ».

Le 18 juin dernier, sa porte-parole, Maria Zakharova, a en effet souligné que ces vœux ne changeaient rien dans la mesure où la Turquie n’a pas présenté ses excuses et n’a pas proposé de dédommagements pour la mort du pilote de l’avion ; conditions imposées par le Kremlin pour entreprendre un processus de normalisation.

Le 16 juin, deux jours avant cette réponse du Kremlin, le ministre de l’Économie turc, Nihat Zeybekci avait d’ailleurs confirmé que : « La Turquie n’a aucun regret concernant l’abattage de l’avion l’année dernière », mais a exprimé sa tristesse par rapport aux conséquences qui s’en sont suivis : « la mort du pilote russe avec le crash de l’avion est un résultat extrêmement triste ».

Nihat Zeybekci a par la suite abordé la question des excuses, soulignant que : « s’excuser est quelque chose de très différent en terme diplomatique. Nous n’avons pas de regrets, mais nous sommes tristes ». Il ne manque pas non plus de confirmer la position de la Turquie quant au partage des responsabilités de cet événement : « Ils (les russes) doivent aussi être tristes. Nous supposons qu’ils sont aussi tristes pour la violation intentionnelle de l’espace aérien turc ».

Tout comme le ministre des Affaires étrangères russes, le ministre de l’Économie turc a aussi confirmé que les lettres envoyées au Kremlin à l’occasion de la fête nationale ruse n’étaient rien d’autre que « la routine (diplomatique) » et ne présentaient donc pas de caractéristiques pouvant s’apparenter à des excuses.

La Turquie, qui souffre des sanctions économiques imposées par la Russie, ne serait pas encore rentrée dans une nouvelle phase de normalisation des relations avec le Kremlin ; d’autant plus que d’autres sujets empoisonnent les relations bilatérales.

Camille Saulas.

1 Comment

  1. Adou

    Quand on veut apprendre a marcher il faut suivre les jestes de ton moniteur au lieux de te faire les héros

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *