International, Politique

La Turquie bombarde Daech en Syrie

Mardi 23 août, les forces armées turques, soutenues par les avions de la coalition internationale, ont lancé une opération militaire contre Daech en Syrie. La frontière turco-syrienne est depuis le théâtre d’opérations militaires intenses de la part de la Turquie qui frappe l’organisation terroriste comme jamais auparavant.

OPERATION IRAQI FREEDOM -- An F-16 Fighting Falcon flies a mission in the skies near Iraq on March 22.  The F-16s are from the 35th Fighter Wing "Wild Weasels", Misawa Air Base, Japan.  (U.S. Air Force photo by Staff Sgt. Cherie A. Thurlby)

Vers quatre heures du matin, quatre positions de Daech à Cerablus, dans la province syrienne d’Alep, ont été frappées par les tirs d’une soixantaine d’obus. Depuis, les opérations se multiplient.

Les bombardements turcs viennent en représailles aux deux obus qui ont frappé la ville Turque de Karkamış, dans le sud-est de la Turquie, dès le 22 août à partir de Cerablus, à un kilomètre de Karkamış.

Selon les autorités turques, les dernières frappes qui ont touché la Turquie en début de semaine n’ont pas fait de victimes. En revanche, Doğan News Agency a rapporté que les autorités locales ont invité la population à ne pas quitter leurs domiciles. Ces mesures de précautions s’expliquent notamment par le fait que la ville de Kilis a été la cible des attaques de Daech, entrainant la mort de 21 personnes entre janvier et mai dernier

Ayant été frappée par Daech à plusieurs reprises sur son territoire, la Turquie a le droit au regard du droit international de frapper à son tour l’organisation terroriste au nom du principe de la légitime défense reconnue par les Nations-Unies. En outre, Ankara est en mesure de lancer cette offensive au-delà de ses frontières grâce au pouvoir offert par la Grande Assemblée nationale de Turquie

Selon des sources rebelles et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Ankara arme et prépare, à la frontière, des troupes de rebelles syriens pour mener un assaut contre Cerablus et la reprendre au groupe djihadiste. En outre, les forces armées turques de Gaziantep ont été envoyées à la frontière ainsi que des véhicules armés et des tanks. Mercredi 24 août, à partir de 4h du matin, les tirs d’artillerie visant Cerablus ont été importants selon des sources officielles turques.

Ankara montre ainsi qu’elle occupe une place primordiale dans les actions de la Coalition internationale et envoie un message on ne peut plus clair à Daech.

L’objectif de ces opérations est de nettoyer la frontière turco-syrienne des organisations terroristes, de sécuriser la frontière et de soutenir l’intégrité territoriale de la Syrie. Ces frappes sont aussi motivées par la volonté de venir au secours de la population syrienne, de fournir de l’aide humanitaire et de ne pas voir un nouveau flux de réfugiés se masser à la frontière, la Turquie n’ayant plus la capacité de les accueillir correctement.

Alors que le vice-président américain, Joe Biden, est à Ankara actuellement, il a discuté avec les autorités turques du dossier syrien et des bombardements à l’encontre du PYD – lundi 22 août, dans la soirée, Ankara aurait bombardé les alentours de ville syrienne de Minjeb où se terre le Parti de l’union démocratique (PYD), considéré par la Turquie comme une organisation terroriste – dans la mesure où Washington et Ankara entretiennent des désaccords sur le rôle de cette organisation dans le conflit syrien ; les États-Unis considérant le PYD et l’YPG comme des alliés indispensables, au grand dam de la Turquie.

Ce sera aussi l’occasion d’évoquer la question épineuse de l’extradition de Fethullah Gülen que le gouvernement turc réclame, accusant l’ex-imam d’avoir fomenté la tentative de coup d’État du 15 juillet dernier.

Camille Saulas. 

1 Comment

  1. Sandrine

    Enfin ! il était temps. Pas d’information sur le sujet sur http://www.lemonde.fr, savez-vous pourquoi ?

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