International, Politique

La Turquie convoque l’OTAN pour une réunion exceptionnelle

Aujourd’hui mardi 28 juillet, se réunissent à Bruxelles les 28 pays membres de l’OTAN afin de discuter de la politique étrangère de la Turquie et des mesures de sécurité qu’elle a mise en place après les récentes attaques en Syrie et en Irak contre le groupe Etat Islamique (EI) et les forces rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

otan_turquie

Dans son communiqué, Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, a stipulé que cette réunion se tiendrait dans le cadre de l’article 4 du Traité de l’Atlantique Nord. L’article 4 garantit le droit pour une nation de consulter les autres États membres de l’OTAN lorsque celle-ci craint pour « son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité ». C’est seulement la cinquième fois dans l’histoire de l’Alliance que l’article 4 est utilisé et, sur ces cinq réunions, quatre d’entre elles avaient été demandées par la Turquie.

jens_stoltenberg

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN.

Le but de cette réunion est « d’informer ses alliés des mesures qu’elle (La Turquie) prend (…) au vu du sérieux de la situation après les odieux attentats terroristes de ces derniers jours », comme l’explique le communiqué de l’OTAN qui continue en précisant que « les alliés de l’OTAN suivent de très près les évolutions et sont solidaires de la Turquie ». Le secrétaire général de l’organisation a cependant spécifié que la Turquie ne réclamait aucun soutien militaire.

Mais si les alliés soutiennent tous Ankara dans son combat contre le terrorisme, certains pays membres s’interrogent encore sur ses motivations. On lui reproche notamment d’avoir profité de ses offensives contre le groupe Etat islamique pour en lancer de nouvelles sur les forces kurdes du PKK, mettant au passage en péril le processus de paix établi depuis 2013. La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est d’ailleurs prononcée à ce sujet en invitant le Premier ministre turc, Ahmet Davutoğlu, à ne pas renoncer aux négociations pacifiques entamées au préalable avec le PKK.

Les Etats-Unis soutiennent toujours la Turquie dans ses actions malgré les propos que Brett McGurk, adjoint de l’émissaire spécial du président pour la coalition contre l’EI, a tenu sur twitter concernant la non-implication des Etats-Unis dans les attaques contre les forces kurdes du PKK qui est pourtant considéré par le pays comme une organisation « terroriste ». La réunion de l’OTAN devrait néanmoins aboutir sur un accord plus prononcé que celui sur lequel Ahmet Davutoğlu et son vice-Premier ministre Bülent Arınç étaient restés évasifs lors de la conférence de presse du 24 juillet. La construction d’une « zone libre de tout Etat Islamique » a été entreprise en collaboration avec la Turquie et les Etats-Unis qui s’étaient déjà préalablement entendus sur le renforcement de la frontière syrienne au sud de la Turquie. De plus, une « zone tampon » qui s’étirera sur 109 km à l’ouest de l’Euphrate sera définitivement aménagée après les nombreuses revendications du président Erdoğan. La Turquie continuera de mettre ses bases aériennes à disposition des Etats-Unis, comme l’a annoncé ce samedi le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu.

Sophie de Tapia

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *