Chroniques, Le choix de la rédaction

La Turquie, le premier pays d’accueil des réfugiés au monde

refugies_syriensEn octobre 2013, la catastrophe de Lampedusa avait marqué les esprits avec 366 victimes ; le 12 avril dernier, un nouveau naufrage a fait 400 victimes, et le 21 avril, un triste record a été battu avec un nombre de victimes avoisinant 900. D’après le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) le nombre de naufragés clandestins ayant péri dans la mer depuis le début de 2015 est de 1600 ; en avril 2014, il était de 56. Une progression fulgurante bien triste.

Les coupables sont d’abord les passeurs, que les Italiens qualifient d’« esclavagistes », et que le président Hollande définit en tant que « terroristes ». Un marché juteux, car d’après les passagers clandestins, le prix de la traversée varierait de « 677 euros à 6500 euros ».

Vient ensuite l’Europe, critiquée d’une part pour son programme de sauvetage en mer, et d’autre part pour sa politique migratoire. Ainsi, la mission de surveillance « Triton », qui a remplacé l’opération italienne de sauvetage en mer « Mare nostrum », est jugée inférieure à cette dernière même après l’augmentation de l’assistance fournie qui vient d’être décidée par la Commission le 23 avril dernier. Par ailleurs, les politiques de fermeture des frontières et les attributions de visas au compte-gouttes appliquées par l’Europe sont qualifiées de « mortelles et inefficaces » car elles ne contribueraient qu’à une augmentation de « la clandestinité ».

Enfin, le chaos qui règne en Libye, devenue « une plaque tournante de l’émigration africaine » après la chute de Kadhafi. François Hollande reconnait que l’Europe est responsable de cette situation, critiquant ainsi l’intervention menée par Sarkozy et ses alliés en Libye.

Face à ces naufrages à répétition en Méditerranée, les dirigeants européens se démarquent d’abord par leur manque de solidarité, laissant à la Grèce et à l’Italie la charge de gérer les migrants clandestins, et ensuite, par leur manque de courage politique. Ainsi, pour ne pas perdre leurs électeurs et sous la pression des mouvements populistes, ils prônent juste la fermeture des frontières. L’UE est-elle envahie par les migrants clandestins ?

Pour Philipe Leclerc, le représentant de la France auprès du HCR, « seuls 15% des réfugiés dans le monde viennent dans le bloc constitué par l’Europe, les États-Unis, le Canada et l’Australie ». Ainsi, la grande majorité de ceux qui fuient la guerre et la famine se réfugient dans des pays voisins. Comparées à la migration Sud-Nord, « les migrations Sud-Sud sont très importantes ». Toujours selon Philipe Leclerc, « Le premier pays d’accueil des réfugiés au monde est désormais la Turquie ». Plus de deux millions de refugiés syriens en Turquie alors que la France en a accueilli 1000 et a attribué 500 visas.

On peut donc relativiser le risque d’une invasion de l’UE par les réfugiés et attendre que cette dernière cesse de tergiverser pour lutter efficacement contre ces naufrages à répétitions.

Mireille Sadège

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *