Economie

La Turquie pays en développement des plus instables, selon S&P

Depuis quelques temps et particulièrement en cette période de conflit avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), ainsi qu’à l’approche des élections, l’économie turque semble faiblir. Les perspectives en terme de solvabilité sont négatives, faisant de la Turquie l’une des économies les plus « volatiles » du groupe des pays en développement, d’après un rapport de l’agence de notation Standard & Poor’s.

StandardPoors

Mi-septembre, c’était l’agence Fitch Ratings qui mettait en garde le pays contre une possible dégradation de sa note, qui n’a finalement pas eu lieu.

A l’inverse d’un pays comme l’Indonésie, le chemin emprunté par la Turquie ne permet pas de stimuler le crédit. « Malgré de nombreuses similitudes entre la Turquie et l’Indonésie, les deux pays avancent dans des directions opposées en terme de solvabilité, principalement à cause de leurs orientations politiques », précise l’analyse de Standard & Poor’s.

Le rapport suggère également : « Bien que les deux pays soient vulnérables vis-à-vis des variations de l’offre globale de liquidité et des changements d’appréciation des investisseurs, le profil externe plus faible de la Turquie le rend plus sensible à une fuite des capitaux des pays émergents vers les pays développés. »

Par conséquent, si les deux pays sont notés du même « BB+ », le rapport suggère des « perspectives négatives » pour la Turquie en raison de sa politique économique peu convaincante, tandis que l’Indonésie aurait des « perspectives positives ».

La Turquie était pourtant considérée comme une économie « stable » depuis début 2014, tout comme  l’Indonésie depuis mai 2015. Mais depuis, les deux pays ont évolué différemment, explique S&P.

Mais si le document est si dur envers l’économie turque, c’est surtout parce qu’elle est plus ancienne, plus avancée, et donc plus essoufflée. Explication : « La Turquie et l’Indonésie ont un niveau général d’endettement faible, si l’on compare avec les autres pays de leur catégorie ; ils ont également un régime de change flexible, ainsi qu’une population jeune et qui augmente rapidement. Cependant, la Turquie est un pays à revenu intermédiaire, alors que le niveau de revenu de l’Indonésie est faible et n’augmente que modestement, tout en nécessitant un développement beaucoup plus important, et par conséquent une tendance marquée vers  les demandes de financement de la part du gouvernement. » Le rapport estime en effet le Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Indonésie à $ 3600 par habitant pour l’année 2015, soit 60% de moins que celui de la Turquie, estimé à $ 9600 par habitant.

Noémie Allart

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