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La Turquie propose une zone de sécurité au nord de la Syrie : Paris dit oui, Berlin reste sceptique

Lundi se déroulait la 70ème assemblée générale de l’ONU à New-York. La Turquie en a profité pour réitérer sa proposition d’établir une zone protégée dans le nord de la Syrie. Le but : permettre aux Syriens de se sentir en sécurité dans leur propre pays, et endiguer ainsi le flux d’immigration. Le président français François Hollande s’est montré enthousiaste et a promis d’en discuter avec ses partenaires dans les jours prochains.

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Mesurant les difficultés auxquelles doivent faire face les pays européens – et son pays lui-même – en raison de l’immigration massive, le gouvernement turc a donc lancé l’idée de créer trois grandes villes au nord de la Syrie, de plus de 100 000 habitants chacune, dans une zone de 90 km de long à la frontière turque, d’Azaz à Jarablus. Le projet serait financé par l’Union européenne, tandis que les Turcs s’occuperaient de la construction.

L’idée est également soutenue par la Bulgarie, par le biais notamment de son Premier ministre Boïko Borissov : « Avec le Premier ministre turc, nous réfléchissons sur l’idée d’une zone de sécurité en Syrie pour que les gens demeurent près de leur lieu natal et qu’ils y soient aidés », a-t-il déclaré à la chaine de télévision bulgare BNT.

Paris se penche sur la question, Washington hésite, Berlin manque de motivation

Cependant, si l’initiative est louable, il est nécessaire avant toute chose de vérifier sa faisabilité. Premier paramètre à prendre en compte : la création d’une zone de sécurité implique la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne. Est-ce envisageable ? Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est exprimé à New-York, déclarant qu’il allait « regarder dans les jours qui viennent quelle serait l’éventuelle délimitation, comment cette zone pourrait être sécurisée, qu’en pensent nos partenaires, tous nos partenaires, parce que non seulement ceux qui vivent dans cette zone pourraient être protégés, mais il pourrait y avoir le retour de réfugiés ».

Le président François Hollande a tout de même accueilli chaleureusement le projet, reconnaissant qu’il avait le mérite de « non seulement protéger ceux qui vivent dans ces zones, mais aussi, et c’est là l’idée qui est derrière, permettre le retour des réfugiés dans cette zone ».

Si les Etats-Unis s’étaient montrés partants en juillet, ils veulent aujourd‘hui en savoir plus sur les modalités pratiques. Leur principale question : quelle coalition sera chargée de maintenir l’ordre dans la zone ? La Turquie compte sur le Front Al-Nosra (Jabhat al-Nosra en arabe), c’est-à-dire le « Front pour la victoire des Gens du Sham », un groupe armé salafiste affilié à Al-Qaïda, formé en 2012 dans le contexte de la guerre civile syrienne. Une perspective qui ne plaît pas à Washington.

Quant à la chancelière allemande Angela Merkel, elle a selon l’agence Reuters confié à son parti que « si nous n’arrivons pas à garantir la sécurité [des réfugiés dans cette zone], nous devons faire face à une situation autrement plus grave que celle qui a eu lieu à Srebrenica », où 8 000 musulmans avaient été massacrés par les forces bosno-serbes en 1995.

Noémie Allart

1 Comment

  1. sam

    Entre les chiffres des attaques informatiques déclarées et leur réalité, il est difficile d’avoir une vue précise. Les délits non déclarés par les entreprises sont sans aucun doute largement supérieurs à ceux qui figurent dans les statistiques des services spécialisés de la gendarmerie et de la police. Les entreprises attaquées ne crient pas au voleur. De leur côté, les éditeurs de solutions de sécurité sont enclins à noircir le tableau, en exagérant les dangers réels pour favoriser leurs affaires.

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