International, Politique

La Turquie rappelle son ambassadeur à Vienne

Lundi 22 août, le ministre des affaires étrangères turc, Mevlüt Çavuşoğlu, a annoncé que la Turquie avait rappelé son ambassadeur en Autriche à la suite d’une manifestation de soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). 2016-08-23 22.19.56C’est l’agence Anadolu qui a rapporté l’annonce du chef de la diplomatie turque portant sur le rappel de son ambassadeur posté à Vienne : « Nous avons rappelé à Ankara notre ambassadeur à Vienne pour des consultations et pour passer en revue nos relations » a déclaré Mevlüt Çavuşoğlu lundi 22 août.

Mevlüt Çavuşoğlu a stipulé que le moment était venu de prendre cette décision après que les autorités autrichiennes aient interdit aux citoyens turcs – on compte environ 300,000 personnes d’origines turques en Autriche – de tenir des manifestations de soutien au gouvernement et célébrant l’échec du coup d’État du 15 juillet dernier alors qu’ils ont permis le 21 août qu’ait lieu une marche en faveur de l’organisation terroriste qui sévit en Turquie : le Parti ouvrier du Kurdistan (PKK). Ce rassemblement a d’ailleurs dégénéré, des heurts ayant éclaté entre les Kurdes et les représentants de la communauté turque.

Le ministre des affaires étrangères turc a déclaré à ce sujet : « essayer de nous donner des leçons sur la liberté, alors qu’en même temps ils ne permettent pas une marche pacifique (en faveur de la démocratie en Turquie) […] nous constatons qu’ils donnent leur aval à des démonstrations à Vienne en faveur du PKK […] nous ne pouvons pas rester insensible à cette attitude de soutien au terrorisme ».

Le mois dernier, les tensions entre Vienne et Ankara avaient déjà commencé à s’intensifier quand le maire de Wiener Neustadt, une commune autrichienne de Basse-Autriche à environ 50 kilomètres au sud de Vienne, avait demandé que les drapeaux turcs, accrochés par les résidents de son village pour célébrer la défaite de la tentative de coup d’État du 15 juillet, soient retirés.

Depuis quelques jours, les tensions entre Vienne et Ankara se multiplient. Le journal autrichien, Kronen Zeitung, a tout d’abord rendu furieux le gouvernement turc, le 3 août, en stipulant : « Si vous allez en Turquie, vous  soutenez Erdoğan ». 

Ces propos ne semblent pas avoir étanché la soif du quotidien le plus lu du pays. La semaine dernière, Kronen Zeitung a, sans vérifier ses informations, sans honte et sans retenue, diffusé le message suivant : « la Turquie autorise les relations sexuelles avec des enfants de moins de 15 ans » ; calomnies qui ont été affichées sur des écrans de l’aéroport de la capitale autrichienne, se sont répandues comme une traînée de poudre dans toute l’Europe et ont engendré des remous avec la Suède.

Le chargé d’affaires autrichien à Ankara avait alors été convoqué le 21 juillet au ministère des Affaires étrangères pour faire une mise au point.

Si après une demande expresse des autorités turques, les deux textes ont été retirés, les relations bilatérales restent on ne peut plus tendues. Pour l’illustrer, il suffit d’évoquer les négociations de l’adhésion turque à l’Union européenne. Lors d’une énième rencontre au sommet, le chancelier autrichien, Christian Kern, a suggéré la suspension des négociations en raison de la gestion par Ankara du lendemain du coup d’État manqué du 15 juillet. En outre, les autorités autrichiennes n’ont pas hésité à comparer le régime d’Ankara à une dictature. Ankara avait alors accusé Vienne de « racisme radical ».

Camille Saulas. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *