Culture, Découverte

La Turquie s’invite en France dans les grands festivals internationaux

La France des vacances c’est aussi la France des festivals. Musique, théâtre, opéra, jazz, danse, photographie, du nord au sud ou d’est en ouest, il faudrait des années pour les connaître tous. Avec un petit groupe franco-turc d’amateurs de voyage et de culture, nous avons opté pour le sud de la France et les plus grands festivals internationaux qui s’y déroulent avec, en motivation parallèle, le fait que plusieurs artistes et compagnies turques faisaient partie de la programmation.avignon palais des papes_nuit

C’est à Avignon, la cité des papes, qu’a lieu, depuis 1947, l’un des plus grands festivals de théâtre du monde. Cet événement est né du programme du Conseil national de la Résistance, dans l’exaltation de l’après-guerre, à l’initiative de Jean Vilar. Dès ses débuts, le festival d’Avignon symbolise la raison d’être de Jean Vilar, et cela avant même sa nomination en 1951 à la direction du TNP (Théâtre National Populaire) où il défendra son idée de théâtre populaire, accessible au plus grand nombre, en opposition au théâtre bourgeois réservé à l’élite. Il concevait le théâtre comme un service public parmi d’autres où les employés et ouvriers étaient invités à se rendre en sortant de l’usine ou du bureau, même en tenue de travail.avignon palais des papes

AVIGNON: DEUX FESTIVALS EN UN

Chaque année, au mois de juillet, Avignon est assiégée par le théâtre, prise au piège d’un festival à deux têtes, le IN et le OFF

Le festival IN, subventionné par les pouvoirs publics et l’ensemble des institutions culturelles, est le festival institutionnel et officiel créé par Jean Vilar et désormais dirigé par Olivier Py. La programmation est sélective : la majorité des créations est choisie sur projets et réalisées par de grands metteurs en scène, chorégraphes et compagnies dramatiques, en exclusivité pour le festival, avant d’être reprises à Paris et de partir en tournée en France et à l’étranger. Cette 70e édition du festival IN a réuni 63 spectacles en 289 représentations dans 39 lieux de prestiges – palais, jardins, cloîtres, églises – et 167 000 spectateurs. On retiendra, entre autres spectacles magnifiques, dans le chapitre des chefs d’œuvre, Les Damnés d’après Luchino Visconti, par la Comédie française dans une mise en scène de Ivo Van Hove, ou encore Babel 7.16 une production du théâtre de la monnaie de Bruxelles, dont la la chorégraphie est signée par Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet. Ces deux créations étaient présentées dans la cour d’honneur du Palais des Papes, lieu emblématique du festival d’Avignon depuis ses premiers jours.unnamed (3)

Le Festival OFF a lieu depuis la fin des années soixante, en parallèle au le festival IN. Ici, peu ou pas de subventions, pas de lieux prestigieux, mais une multitude de petites salles qui deviennent pour un mois des théâtres où l’on pourra assister au meilleur comme au pire. Salles paroissiales, garages, ateliers, écoles, églises, jardins privés, entrepôts, salles syndicales… Tout espace, à partir de 25 M2, peut devenir un théâtre du OFF d’Avignon, sans compter les places, les trottoirs et les coins de rue où se produisent musiciens et artistes de rue, que l’on ne doit pas confondre avec les parades des comédiens du OFF qui parcourent la ville en distribuant leurs tracts et en présentant des extraits de leurs spectacles pour y attirer le chaland.

Le festival OFF d’Avignon est en réalité un marché du théâtre, organisé par et pour les jeunes compagnies professionnelles. Il s’appuie sur la popularité du IN pour toucher d’une part un public déjà présent en ville, mais surtout le monde professionnel – producteurs, diffuseurs, journalistes, personnalités politiques, ministres, jusqu’au président de la République – tous présents à Avignon, et susceptibles d’apporter contrats, subventions, articles de presse et reconnaissance aux compagnies présentes.

Pour participer au OFF, il suffit de louer une salle, de venir avec son spectacle, de faire sa propre publicité et de jouer. En 2016, ce sont près de 1500 spectacles qui ont été joués pendant un mois dans des lieux occupés à plein temps par plusieurs compagnies. Le premier spectacle a lieu à 10:00 du matin et le dernier clôturera la journée vers minuit. Selon le timing de chaque spectacle, on pourra voir sept à dix spectacles par jour et par salle. Poésie, drames, shows comiques, chanson, théâtre d’auteur, théâtre pour jeune public, spectacles chorégraphiques… et pour ne pas se tromper dans cette jungle théâtrale, il faut soit être un peu connaisseur, soit préparer son programme très à l’avance.

POUR LA PREMIÈRE FOIS, DES COMPAGNIES TURQUES AU FESTIVAL OFF

Le metteur en scène turc, Mehmet Ulusoy (1942 – 2005) a participé plusieurs fois tant dans le OFF que dans le IN au festival d’Avignon dès les années 1970, c’était avec sa troupe française, le « théâtre de liberté », constituée d’acteurs, décorateurs, techniciens turcs et français et jouant en français. La démarche a été tout à fait différente pour ce 70e festival, qui accueille pour la première fois deux compagnies turques de Turquie, jouant en turc avec sur titrage en français. Une initiative à mettre au compte de deux femmes du théâtre turc, Demet Evgar pour la compagnie « Pangar » et Selin Iscan pour la compagnie « Hayal Perdesi », elles-mêmes à la tête d’équipes majoritairement féminines.

LES COCONS / KOZALAR, PAR LA COMPAGNIE PANGAR A l’ENTREPÔT

Ecrite dans le tumulte des années 1970 par Adalet Agaoglu, la pièce, intemporelle et universelle, met en scène trois femmes « bien », réunies chez l’une d’elles, où l’on prend duthé et où l’on tricote en papotant. De banalités en banalités, les sujets de société ordinaires, sur le mode de vie, la famille, les voisins, vont se complexifier au point de faire plonger les trois personnages dans l’angoisse, la souffrance et l’irrationnel. Ce point de bascule les emmène de la peur au rejet, à la haine de l’autre, ouvrant la porte à la xénophobie voir même au totalitarisme.

unnamed (1)Le travail remarquable de la metteuse en scène Aysenil Salamlioglu et de ses trois comédiennes est extrêmement pointu. Du décor minimaliste aux costumes sophistiqués, en passant par les maquillages raffinés, Demet Evgar, Binnur Kaya et Esra Dermancioglu s’inscrivent dans un double héritage. D’un côté, grâce aux ressorts tragicomiques de leur jeu, elles nous entraînent dans un univers proche du monde d’Alice et de Lewis Carroll. De l’autre, le choix du burlesque et du grotesque nous transporte vers le monde de Copi et d’Alfredo Arias, deux Argentins familiers des sociétés autoritaires.

En investissant ses propres économies dans ce spectacle et en le produisant, Demet Evgar fait faire un grand pas au théâtre turc, quasiment inconnu en France. C’est aussi quelque part une folie pour ces trois stars de la télévision et du cinéma turcs de se confronter à la réalité et aux difficultés du festival OFF. Avignon OFF n’a pas grand-chose à voir avec le festival de Théâtre d’Istanbul et la vie quotidienne à Nisantasi ! Ici, tout en étant comédienne, on est ouvrière théâtrale, colleuse d’affiches, distributrice de flyers, artiste de rue pour les parades, balayeuse, couseuse, etc., car chaque compagnie doit tout faire elle-même pour attirer le public. Demet Evgar a beau être, à la télévision, la célèbre interprète d’un gars et une fille, c’est-à-dire l’ « Alexandra Lamy » turque, ses camarades ont beau flirter avec le star-système de Turquie, de cela, le public avignonnais qui l’ignore n’en a que faire. Attirer chaque soir pendant un mois le public dans la salle de l’entrepôt, qui est légèrement excentrée par rapport au centre-ville, est un pari difficile à gagner lorsque l’on est en concurrence avec 150 autres théâtres et près de 1500 autres spectacles joués chaque jour à Avignon.

Ce pari, c’est une experte en relations publiques et en communication, la cinquième femme de l’équipe qui va le gagner. Göknur Gundoğan, aussi chargée de communication pour les écoles Saint-Joseph et Saint-Michel d’Istanbul, va s’appuyer sur la réputation de Demet Evgar pour démarcher d’abord la petite communauté turque d’ouvriers, d’employés et de commerçants de la région provençale afin de remplir ses premières salles en attendant que le bouche-à-oreille – le seul mode de communication effectif à Avignon – fasse son travail. Petit à petit, le public turc, dont beaucoup venaient pour la première fois au festival et au théâtre, s’est effacé pour laisser la place aux vrais festivaliers, enseignants, intellectuels, amateurs de théâtre de tous bords. L’image de cette maman en robe du dimanche, épouse du köfteci du quartier, venue voir le spectacle avec sa fille et qui se fait prendre en photo avec les trois comédiennes, est quelque part le symbole de la réussite de la Compagnie Pangar. Un retour aux fondamentaux du festival d’Avignon et aux ambitions de Jean Vilar : la promotion d’un théâtre populaire, d’un haut niveau culturel et accessible à tous.

LES BÂTISSEURS D’EMPIRE & LES TROIS SŒURS PAR LA COMPAGNIE HAYAL PERDESI AU THÉÂTRE TREMPLIN

Un admirable spectacle turc: « Une pièce russe, une troupe turque et un metteur en scène macédonien : ces Trois Sœurs, cosmopolites, mais typiques d’une troupe d’Istanbul […] se jouent en une heure, mais vous donnent autant d’émotion que les longs spectacles stanislavskiens auxquels nous sommes habitués ». C’est en ces termes que Gilles Costaz, l’un des plus grands critiques dramatiques français débute son excellente critique du spectacle. Avec cette adaptation et cette mise en scène de Aleksandar Popovski interprétée par Özge Özder, Tuba Karabey et Selin Iscan, la compagnie Hayal Perdesi a pris ses marques dans le festival OFF, pour sa première venue en Avignon. Trois comédiennes, trois personnalités différentes, mais d’une même intensité, d’une même vivacité. Elles « sont tendres, animales et si humaines avec tous les songes des créatures terrestres. Souvent blotties l’une contre l’autre, elles ont un jeu très physique qui ne les empêche pas de faire défiler les émotions avec une immédiateté stupéfiante », écrit encore Gilles Costaz. L’émotion est également à son comble avec l’un des classiques de Boris Vian, Les bâtisseurs d’Empire, l’autre production de la compagnie présentée du 20 au 30 juillet, avant un départ pour le Festival d’Édimbourg, où la troupe s’est déjà produite l’an dernier.

Ce chef d’œuvre de Boris Vian et du théâtre de l’absurde, écrit en 1957, a été monté pour la batisseurs d'empire_1première fois en 1959, quelques mois après la mort de son auteur, par les comédiens du TNP de Vilar… encore lui ! C’est l’une des pièces les plus jouées au monde, et la version de la compagnie Hayal Perdesi n’a rien à envier à ses prédécesseurs. Une excellente distribution nous entraîne dans un rythme effréné vers l’enfer. Reha Özcan, Ayse Lebriz, Selin Iscan, Tuba Karabey, Selin Tekman et Nihat Alpteki nous racontent l’histoire invraisemblable de cette famille, poussée par une terreur irrationnelle, à changer sans cesse d’appartement en montant d’étage en étage, avec un espace de vie qui au fur et à mesure se rétrécit. On y retrouve à chaque fois le Schmürz, un personnage indéfinissable, battu, torturé par les protagonistes de l’histoire – peut-être une incarnation scénique de la conscience refoulée. Une tragédie burlesque mise en scène par Aleksandar Popovski dans une scénographie de Sven Jonke, partie prenante du jeu. À chaque déménagement et rétrécissement, on réaménage les lieux. Actrices et acteurs, dans un essoufflement sans fin, transportent mobilier et accessoires et reconstruisent l’espace de vie avec du scotch… De longues bandes d’adhésif craquent en s’appliquant sur le sol et en s’étirant dans l’espace pour ajouter encore à cette atmosphère kafkaïenne.

Après Avignon, le spectacle a de nouveau été présenté au 69e Festival d’Édimbourg 2016 dans le cadre du programme “Vive le Fringe!” de l’Institut français d’Écosse, où il avait déjà été présenté l’an dernier. Les Bâtisseurs d’Empire a reçu en Turquie les prix de la « Meilleure Production », du « Meilleur Metteur en Scène » et de la « Meilleure Actrice » pour Selin Iscan et a également été nominé pour le Prix international « Il Teatro Nudo di Teresa Pomodoro » à Milan.

Créée en 2013, la compagnie Hayal Perdesi est aussi une affaire de femmes. Comédienne dans les spectacles de la troupe, Selin Iscan en est aussi la fondatrice et la directrice artistique. Après une formation universitaire et théâtrale au conservatoire national d’art dramatique d’Ankara, ainsi qu’un passage à la direction des théâtres de la ville d’Istanbul, elle décide de créer sa propre entreprise théâtrale, la compagnie Hayal Perdesi, et de s’installer dans un théâtre proche de la place Taksim. Selin Iscan croit à l’universalité du théâtre, à son implication dans les luttes pour le progrès et l’évolution de nos sociétés, et à la nécessité des rencontres entre créateurs, entre publics et créateurs, et cela partout dans le monde. Participer au festival d’Avignon était un vieux rêve auquel elle s’accrochait depuis l’époque où elle étudiait au conservatoire. C’est avec le soutien du Festival international de Théâtre d’Istanbul, qui coproduit les Trois Sœurs, qu’elle a pris le risque de venir à Avignon. Comme pour la Compagnie Pangar, toute l’équipe s’est investie dans l’énorme travail quotidien de promotion, de communication, d’affichage, de parades publiques… Un pari là aussi gagnant puisque, outre le public des festivaliers, de nombreux professionnels français et européens, journalistes, programmateurs, sont venus voir le spectacle.

L’AFFAIRE CALAS PAR LA COMPAGNIE GRAND THEATRE AU THEATRE DES BARRIQUES

unnamed (5)Pas vraiment turcs, mais avec quelque chose de turc en eux ! Enfants d’expatriés français en Turquie. Maman est actuellement la présidente de l’association « Union française d’Istanbul ». Les frères Luneau, Étienne et Julien, membres fondateurs de la compagnie Grand Théâtre, installée à Montreuil en région parisienne, ont grandi à Istanbul où ils ont fait leurs études secondaires au lycée Pierre Loti. Le spectacle qu’ils viennent de présenter à Avignon a déjà été vu à Istanbul, où il a tourné en début d’année dans les établissements scolaires français et francophones.

unnamed (6)Écrite par Julien Luneau, interprétée par Clément Beauvoir, Malvina Marisseau et Julien Luneau, qui est également le metteur en scène, l’affaire Calas est une adaptation pour le théâtre du Traité sur la tolérance de Voltaire. Publié en 1763, l’œuvre vise à réhabilitater de Jean Calas, huguenot condamné sans preuve pour avoir assassiné son fils qu’il aurait soupçonné de vouloir se convertir au catholicisme. Jean Calas est exécuté devant la foule toulousaine en 1762. Pendant quatre ans, Voltaire se battra pour réhabiliter le vieillard et il y parviendra. Dans ce texte, Voltaire invite à la tolérance entre les religions et prend pour cible le fanatisme religieux.

MEHMET ULUSOY TOUJOURS ET ENCORE

Sur scène, ils sont trois : deux hommes, une femme. Ils vont pendant une heure dix, interpréter une trentaine de personnages. Ils sont, tour à tour, accusés et accusateurs, juges et flics, témoins et faux témoins, et nous font vivre la reconstitution de cette histoire vraie comme un thriller avec un sujet et des personnages d’un autre temps et pourtant tellement d’actualité. Une mise en scène claire et sans temps morts, des comédiens qui balancent entre jeu conventionnel et burlesque à l’italienne, un décor réalisé par Nicolas Hubert qui suggère beaucoup plus que ce qu’il figure à première vue… Trois chaises en avant-scène vont servir à créer des espaces et à éclairer la multiplicité des séquences, et en fond de scène, un amoncellement d’autres chaises, belles et moins belles, affalées là comme un magma de détritus, avec lesquelles les acteurs vont jouer, pour symboliser le combat du philosophe. Un jeu qui nous ramène au théâtre turc et à Mehmet Ulusoy, qui fut le premier à partir de son travail dans les villages d’Anatolie, à faire vivre l’objet dans ses mises en scène. Une technique qu’il fera évoluer tout au long de son parcours et de ses expériences, au Berliner Ensemble, chez Planchon ou chez Giorgio Strehler dont il fut l’assistant pendant deux ans et demi. Faire « théâtre de tout » avec presque rien, comme dira Antoine Vitez qui, plus d’une fois enverra ses comédiens travailler auprès de Mehmet Ulusoy. Un « art turc » auquel se sont livrés les frères Luneau, turcophiles et turcophones, mais auquel ils n’avaient peut-être pas pensé. Et si l’esprit de Vilar flotte toujours sur le festival d’Avignon, celui de Mehmet Ulusoy ne s’éteint pas non plus. 

D’AVIGNON A AIX EN PROVENCE, IL N’Y A QU’UN PAS.

Le Festival international d’Art lyrique d’Aix en Provence, aujourd’hui dirigé par Bernard Foccroulle, a été créé en 1948, par Gabriel Dussurget et la comtesse Lily Pastré. Il est devenu l’un des plus grands festivals lyriques européens, avec une affinité particulière pour les opéras de Mozart. Les représentations ont lieu soit en plein air, dans la cour de l’ancien Archevêché, soit au théâtre de l’Archevêché, au Grand Théâtre de Provence, au Théâtre du Jeu de Paume, à l’hôtel Maynier d’Oppède, ainsi que hors les murs, dans des cloîtres, chapelles, salles des fêtes de petites communes de Provence. Son évolution est très différente de celle d’Avignon. Aix attire en effet un public mélomane aisé, plutôt conservateur et pas forcément ouvert aux propositions des créateurs contemporains. Aix en Provence est néanmoins devenu un creuset pour l’évolution de l’art lyrique, un festival qui prend le risque de la création. Il s’est affirmé au cours du temps comme l’un des plus grands centres de création contemporaine et expérimentale d’opéras, suscitant parfois le rejet de certains spectateurs ou des rixes journalistiques entre presses progressiste et conservatrice. Ce fut notamment le cas cette année avec Pelléas et Mélisande de Debussy dans une mise en scène de Katie Mitchell, spectacle exceptionnel pour les uns, scandaleux pour d’autres, ou avec le Cosi Fan Tutte de Mozart dans une mise en scène magnifique du cinéaste Christophe Honoré, qui transpose l’action dans l’Érythrée des années vingt, sous l’occupation des troupes fascistes de Mussolini. Spectacle, musique et chant lyrique font corps avec théâtre et sensualité. L’édition 2016 du festival est significative de son dynamisme avec 5 productions lyriques, 18 concerts, 45 rencontres / conférences et 3 colloques professionnels, pour un total de 75726 spectateurs.

UN PERCUSSIONNISTE TURC A L’ACADÉMIE DU FESTIVAL

Pas de OFF à Aix-en-Provence, mais en parallèle, et aux mêmes dates, les spectacles d’une académie, un centre de perfectionnement vocal et instrumental de référence, d’expérimentation, de création d’opéras et de formes innovantes, et un lieu de développement unnamed (4)professionnel pour les jeunes artistes. Avec des réseaux comme Médinea (Mediterranean Incubator of Emerging Artists), l’Académie favorise la mobilité des jeunes artistes au sein de l’espace euro-méditerranéen tout au long de l’année. C’est dans ce cadre qu’a pu travailler Ismail Altunbaş, un jeune percussionniste turc, dont l’expérience à Aix s’est concrétisée par un magnifique concert interculturel donné dans les jardins de l’hôtel Maynier d’Oppède intitulé « Cairo Jazz Station / Ziryâb et nous ». Originaire de Manissa, Ismail Altunbaş apprend le baglama aux côtés de son père avant de s’intéresser aux percussions et à la Darbouka qu’il étudiera à Istanbul avec le maître mısırlı Ahmet, qui le recommandera à Fabrizio Cassol, conseiller artistique de l’académie. Boulimique d’apprentissage et de découverte, il part en 2015 élargir ses perspectives musicales en Espagne où il enseigne la darbouka à des percussionnistes espagnols au sein de la plus grande école de flamenco de Madrid, avant de rejoindre en février dernier l’académie du festival d’Aix-en-Provence où nous l’avons rencontré. Cette année, 253 jeunes artistes, 45 nationalités y étaient présents.

ISTANBUL A NARBONNE : LA SUBLIME PORTE, 1600 – 1750

Ce tour d’horizon des festivals du sud de la France ne serait pas complet si nous ne parlions pas du « XIe Festival Musique et Histoire » de Narbonne. C’est dans la cour Louis XIV de l’abbaye de Fontfroide qu’a eu lieu le concert conçu par le grand musicien espagnol, Jordi Savall, ambassadeur de la Paix pour l’UNESCO et ambassadeur pour l’Europe. Le Service de la Culture et de l’information de Turquie participait à cet événement qui permet la découverte de cultures et de talents à travers la musique ancienne. Pendant cinq jours, un panel de musiciens turcs et artistes venant de Grèce, d’Espagne ou encore de Syrie y participait. Le samedi 16 juillet s’y tenait un concert unique avec les artistes Yurdal Tokcan , Hakan Güngör, Fahrettin Yarkın, Murat Salim Tokaç, Gürsoy Dinçer, Nedyalko Nedyalkov, Dimitri Psonis, Haig Sarikouyoumdjian, Gaguik Mouradian et Pedro Estevan, sur la base de musiques jouées à Istanbul de 1600 à 1750.

Jean Michel Foucault

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *