Environnement, Société

Le lac Meke est en danger

Situé dans la province de Konya, le lac Meke (Meke Gölü) risque de disparaître, avertissent les experts.

Les scientifiques sont inquiets. Le lac Meke, un lac de cratère connu pour être le « plus grand mauvais œil du monde », s’est quasiment entièrement asséché en raison du changement climatique et des mauvaises techniques d’irrigation.

Le 3 novembre, Güler Göçmez, un universitaire de l’Université technique de Konya, a expliqué aux médias locaux que « le lac Meke, qui fait partie des formations géologiques uniques au monde, s’assèche depuis des années en raison du réchauffement climatique et de la sécheresse, mais aussi à cause de politiques d’irrigations insensées et le prélèvement d’eau souterraine ».

Le lac ne doit pas faire face à cette seule menace. La malveillance – volontaire ou non – de certains individus ne fait que mettre davantage en péril ce site unique au monde. En effet, les visiteurs n’ont de cesse de laisser leurs déchets derrière eux, faisant de ce lac une véritable « décharge ».

Face à l’ampleur du désastre, Güler Göçmez estime qu’il est temps de fermer temporairement le site aux visiteurs et que des mesures de protection doivent être rapidement mises en place.

 « Il n’y a plus de nature sauvage ici. Cette année, les oiseaux migrateurs ne s’y sont même pas rendus », déplore l’universitaire qui est pessimiste quant à l’avenir du lac. Selon lui, même s’il était nettoyé et que la pluie reprenait son rythme dans la région, le site ne retrouvera jamais son état d’origine.

Selon le chercheur, il serait pertinent de transférer de l’eau du lac Acıgöl au lac Meke afin d’empêcher ce dernier de s’assécher totalement, mais rien ne permet d’assurer que cette solution suffise et cela ne réglera certainement pas le problème de la pollution.

Le lac Meke a été classé « zone protégée de niveau un » en 1989, avant d’être classé site naturel en 1998. Le 21 juin 2005, le lac et ses environs ont été déclarés « site Ramsar », défini par la Convention internationale de Ramsar (1971), du fait de l’importance de cette zone humide pour la protection du gibier.

Camille Saulas

 

 

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