International, Politique

Lampedusa : un drame qui n’a malheureusement rien d’exceptionnel

Le drame humain, cette fois, ne sera pas passé inaperçu. Jeudi 3 octobre, une embarcation transportant cinq cents migrants environ a fait naufrage près de l’île de Lampedusa, au large de la Sicile. Seuls cinquante de ces individus (en grande partie de nationalité somalienne) ont pu être sauvés, selon les médias italiens. Les garde-côtes ont relevé au moins cent quatre-vingt-dix morts, chiffre auquel s’ajoutent chaque jour de nouveaux corps découverts.

Image Lampedusa

Du premier ministre français Jean-Marc Ayrault à la ministre de l’intégration italienne Cécile Kyenge, les dirigeants européens ont exprimé d’une même voix leur indignation face à l’impuissance des autorités publiques dans cette tragédie. Le pape François a qualifié de « honte » pour l’Europe ce naufrage. Le gouvernement italien a même décrété un deuil national après la mort des migrants, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant.

Si les prises de parole officielles ont, cette fois, été vigoureuses, ce macabre évènement n’est exceptionnel que par son ampleur. Les décès de migrants dans cette région maritime sont malheureusement récurrents.  Depuis la fin de l’été 2009, plus de 800 Africains qui tentaient d’entrer en Europe par l’île de Lampedusa ont péri. Le nombre de personnes mortes en Méditerranée depuis quatre ans s’élèverait à environ 4000. Le drame du 3 octobre aura contraint les hommes politiques à déplorer haut et fort ce phénomène.

Cependant, les divergences entre les différents Etats européens sur ce sujet risquent de rendre difficile la mise en place de nouvelles mesures communes. Par ailleurs, la pression politique que font peser les partis populistes sur les gouvernements rend délicate leur action sur le sujet de l’immigration. Enfin, les conditions de vie dans les centres d’accueil des migrants sont souvent exécrables. Le centre d’accueil de Lampedusa, prévu pour loger 250 individus, en renferme  aujourd’hui un millier. Selon Barbara Molinario, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, les migrants, qui dorment sur des matelas à même le sol, ne se voient pas tous fournir une couverture…

Le chemin vers une prise en charge humaine de cette problématique reste, donc, encore long à parcourir.

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