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L’armée kenyane mise en cause

Dans un rapport accablant publié par l’ONG Humans Rights Watch (HRW) , l’armée du Kenya a été mise en cause et accusée d’être responsable de multiples disparitions, de meurtres et de tortures.

110330-F-UA873-045 NAIROBI, Kenya (CJTF-HOA PAO) – U.S. Army Sergeant Jerry Kastein helps Kenyan air force Senior Private Rob Bagaja Hassan get in position during a counter-improvised-explosive-device drill March 30, 2011. Soldiers from various East African nations, including Kenya, Rwanda, Burundi, Uganda and Sudan attended the week-long class, taught mostly by Kenyan soldiers, to learn counter-IED practices currently utilized by U.S. service members in combat theaters. Kastein was part of a team sent to Nairobi to share their experiences and training with the Kenyans, who will use the knowledge to instruct their own military and allied forces. (AFRICOM photo by Staff Sgt. Austin M. May)

« Un Kényan aurait cinq fois plus de chance de mourir sous les balles d’un policier que d’un criminel »

Le rapport accablant de l’ONG , long de 87 pages, explique et documente des dizaines de disparitions suspectes sur ces deux dernières années. Les conclusions mettent directement en cause l’armée – Kenya Défense Force (KDF) – et les services secrets kenyans. Le problème que pose ces exactions est d’une part qu’elles ne sont pas suivies d’enquêtes et, d’autre part, que les populations sont souvent craintives et réticentes à témoigner ou à mettre en cause les coupables à cause du risque de représailles. Les pratiques de la police et de l’armée s’apparentent à des enlèvements arbitraires, parfois en public. Les personnes enlevées sont torturées et parfois, on ne les retrouve jamais. D’autres éléments démontrent que certaines dépouilles sont retrouvées, loin du lieu de disparition, sans qu’aucune mise en cause ne soit soulevée.

La responsabilité de la communauté internationale

Dans un précédent rapport, l’ONG avait déjà souligné les exactions commises envers les réfugiés somaliens dans des camps frontaliers et avait annoncé l’urgence de la situation. D’ailleurs, les pratiques des autorités kenyanes constituent une aubaine pour le développement du terrorisme dans la région. D’après ce nouveau rapport publié le 20 juillet, « les abus sont un désastre pour la lutte contre le terrorisme. Ils ruinent la confiance des habitants et des communautés envers les forces de sécurité. […] Cela les rend plus vulnérables aux terroristes » . Pour HRW, il est de la responsabilité de la communauté internationale, et notamment des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne, qui financent cette armée,  d’agir. L’ONG déplore en effet l’inaction du gouvernement kenyan et demande aux créanciers du KDF de prendre les dispositions nécessaires pour limiter ces terribles exactions.

Pour Ken Roth, directeur de l’ONG, « C’est d’un autre niveau […] Ce genre d’opérations ne peut être ordonné que par le gouvernement national ». Ces déclarations laissent planer de grosses inquiétudes quant à la situation du pays.

Manon Chauvet

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