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L’Armée turque lance une opération contre Daech – Lead

La Turquie réalise des opérations militaires contre Daech à Cerablus dans la province d’Alep.

AA – Ankara

Les forces armées turques et les avions de la coalition internationale ont lancé une opération militaire contre l’organisation terroriste Daech à Cerablus, ville syrienne de la province d’Alep.

Les opérations de l’Armée turque contre Daech ont débuté vers 04h00 (heure locale).

Les opérations des forces armées turques, qui luttent activement contre l’organisation terroriste Daech, occupent une place importante dans les actions de la Coalition Internationale.

Le but de ces opérations est d’empêcher tout nouveau flux massif de réfugiés, de permettre l’acheminement des aides humanitaires pour les civils et de nettoyer la région de la présence terroriste.

Avec cette opération, la Turquie lutte activement contre les organisations terroristes qui attaquent la République de Turquie et qui tuent de nombreux civils innocents et poursuit sa coopération avec la communauté internationale et les forces de la Coalition.

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La Turquie utilise son droit à la légitime défense

La Turquie lance, conformément aux accords internationaux et au pouvoir offert par la Grande Assemblée Nationale de Turquie (GANT), une offensive au-delà de ses frontières contre l’organisation terroriste Daech.

Ankara – Anadolu

Face aux tirs venant depuis le nord de la Syrie et les attentats commis par Daech en Turquie, Ankara a décidé de mener des opérations contre Daech au-delà de ses frontières.
Les forces de la Coalition Internationale contre Daechapportent leurs soutiens à l’opération turque.

AtesLe Parlement turc avait prolongé le 2 octobre 2015, pour une année supplémentaire, le texte qui donne pouvoir au gouvernement turc à agir au-delà des frontières de la Turquie, en Irak et en Syrie, pour combattre toute forme de terrorisme ou de menace, comme des flux importants de migration, qui mettrait en danger la sécurité nationale de la Turquie. Le gouvernement a le pouvoir de choisir la forme,

La durée et l’intensité des opérations que les Forces Armées Turques peuvent réaliser en dehors des frontières turques face à ces menaces. De plus, cette loi permet également l’accueil sur le territoire turc de forces armées étrangères dans le cadre de la lutte contre ces menaces à la sécurité nationale.

Ce texte qui donne au gouvernement la responsabilité de prendre les décisions adéquates contre les menaces qui viennent de ses frontières sud, fait allusion à la présence du PKK dans le nord de l’Irak et à la multiplication des groupes terroristes armées en Irak et en Syrie.

La décision du parlement turc rappelle l’attachement de la Turquie à l’unité territoriale et la stabilité de l’Irak et ouvre la voie à toute mesure militaire, politique et diplomatique contre la présence et le risque présenté par les différents groupes terroristes.

Türk tanklariDe plus, le texte rappelle qu’en Syrie, que les politiques de violence et de soutiens aux groupes terroristes menées par le régime ont provoqué des affrontements ethniques et religieux au sein de la population, situation qui menace la sécurité et la stabilité de la région et de la planète toute entière.

« Dans ce cadre, la loi permettant les interventions militaires en Irak, adopté pour la première fois en 2007 est reconduite six fois, et la loi permettant les interventions en Syrie adopté pour la première fois en 2012 et reconduite une fois, doivent être unifiées en un seul texte afin de mettre en place toutes les réponses adéquates, conformément aux accords et au droit internationaux, contre toute forme de menaces et dangers qui mettraient en péril la sécurité nationale de la Turquie. Par ailleurs, la Turquie doit prendre place dans la Coalition Internationale contre Daech et les autres organisations terroristes », explique le texte adopté par le parlement turc.

« Le gouvernement turc a le pouvoir d’agir au-delà des frontières de la Turquie, en Irak et en Syrie, pour combattre toute forme de terrorisme ou de menace, comme des flux importants de migration, qui mettrait en danger la sécurité nationale de la Turquie

. Il doit défendre pendant la crise et au-delà les intérêts supérieurs de la Turquie, de mener des politiques urgentes et dynamiques en cas d’apparitions de situations de forces. Le gouvernement a le pouvoir de choisir la forme, la durée et l’intensité des opérations que les Forces Armées Turques peuvent réaliser en dehors des frontières turques face à ces menaces. De plus, cette loi permet également l’accueil sur le territoire turc de forces armées étrangères dans le cadre de la lutte contre ces menaces à la sécurité nationale. Dans ce cadre, ce pouvoir donné le 2 octobre 2014 par le Parlement au gouvernement est prolongé d’une année à partir du 2 octobre 2015 », mentionne le texte adopté par le parlement le 3 septembre 2015.

Les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) concernant l’Irak et la Syrie :

Les résolutions adoptées par le CSNU concernant la lutte contre Daech donnent aussi raison aux opérations militaires de la Turquie au-delà de ses frontières.
Une première résolution du Conseil de Sécurité condamne Daech et son idéologie extrémiste, ses actions terroristes, ses violations nombreuses et récurrentes des droits de l’homme et de droit international.

Le meurtre sans aucune distinction des civils, les exécutions nombreuses et de masse des soldats sans aucune base juridique, les tortures contre la population pour leurs appartenances religieuses, l’enlèvement des civils, les déplacements forces des groupes minoritaires, l’assassinat des enfants, l’enrolage forcé des enfants dans les forces armées, les viols et autres crimes sexuels, les arrestations arbitraires, les attaques contre les hôpitaux et les écoles et les lieux culturels et religieux, et la confiscation des droits économiques, sociaux et culturels, sont les autres exactions de Daech dénoncées par le CSNU.

Cette résolution du Conseil de Sécurité invite tous les pays à coopérer pour l’arrestation et le jugement des membres de Daech, al-Nusra et d’Al Qaida et les groupes et individus qui les soutiennent. Elle appelle également tous les pays à prendre toutes les mesures nécessaires et adéquates dans le cadre du droit international pour empêcher les attaques terroristes.

Le droit à la légitime défense : 

Par ailleurs, l’Accord des Nations Unies interdit l’utilisation de la force contre l’unité territoriale et l’indépendance politique d’un pays. Seuls deux cas font exception : La première concerne le cas d’une mission autorisée par le Conseil de Sécurité, alors que la seconde exception parle de légitime défense.

Pour pouvoir prétendre au droit à la légitime défense, il faut l’existence d’une attaque armée. Cependant, cette attaque armée ne doit pas forcément venir d’un état. Un état peut utiliser seul son droit à la légitime défense ou il peut faire appel à l’appui d’autres pays.

Dans ce cadre, que ce soit les tirs de Daech en provenance de Syrie, ou les attentats commis par ce dernier sur le sol turc, donnent à la Turquie le pouvoir de faire appel à son droit à la légitime défense. Les accords internationaux appuient ce droit de la Turquie.

La 7ème partie de l’Accord des Nations Unies définie les mesures que les états membres peuvent prendre contre les menaces qui visent la paix et contre les attaques.
Selon le point 51 de l’Accord, si un état membre est la cible d’attaques, il peut utiliser son droit à la légitime défense en attendant les résolutions du Conseil de Sécurité.

La lutte contre les combattants terroristes étrangers :

Un autre point sur lequel le Conseil de Sécurité des Nations Unies s’est arrêté est celui des combattants terroristes étrangers.

Dès 2014, le CSNU a pris plusieurs mesures pour lutter contre cette menace. Les documents officiels du Conseil parlent de près de 25 000 combattants étrangers originaires de plus de 100 pays étrangers présents dans les rangs de Daech en Syrie et en Irak.

A plusieurs reprises, le CSNU a souligné l’importance pour les pays sources d’identifier ces combattants terroristes et de les empêcher de quitter le territoire.
Sur ce sujet, la Turquie a pris de nombreuses décisions importantes.

Entre 2011 et 2016 (février), la Turquie a interdit l’entrée dans son territoire pour plus de 37 000 personnes et elle a renvoyé plus de 3 000 personnes suspectées d’être liées au terrorisme.
Les Groupes d’Analyse des Risques créés dans les aéroports et les terminaux de bus ont contrôlés plus de 7 500 étrangers.

Plus de 5 000 d’entre eux ont été interrogés et 1700 n’ont finalement pas pu entrer en Turquie.

Par ailleurs, dans le cadre des opérations des forces de sécurité turques contre Daech, 2 433 personnes, dont 1 030 de nationalités étrangères, ont été placées en garde à vue. 808 ont été ensuite placées en détention.

Enfin, la Turquie avait également renforcé ces mesures physiques (murs de séparation, points de contrôles etc) à sa frontière avec la Syrie. ​​

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