Art, Culture, Société

L’art urbain stambouliote change de proportion

Bulentozalp

L’œuvre « Terror » de l’artiste Pixel Pancho lors du Mural Istanbul 2013 (crédit photo : Bülent Ozalp)

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Reprise en pochoir du proverbe « Sen de Gel ! » (Viens toi aussi !)

L’art urbain d’Istanbul continue son ancrage progressif dans les habitudes artistiques de cette capitale culturelle, amenant avec lui ses nouvelles techniques d’expression libres et spécifiques. Ses interprétations diffèrent selon la manière de le concevoir. Il peut être perçu et dansé sur la longue avenue Istiklal aussi bien qu’admiré sur les façades des ruelles des quartiers de Galata ou de Kadıköy. Il peut être simple et instinctif, réalisé pour sa beauté la plus pure, ou plus profond et complexe, significatif d’une idée, d’un contexte, d’une revendication. Sa finalité n’étant uniquement que celle du partage.

Les événements de Gezi au printemps 2013 ont favorisé son expansion et sa diffusion. La naissance d’une inventivité construite grâce à une importante communauté de créateurs et d’amateurs, tous portés par des valeurs communes dont l’argument principal de liberté d’expression leur fit inventer, oser et créer en divulguant leurs pensées sur ce que bon leur semblaient. Une citation courte placée sur un porche, un pochoir déposé sur un lampadaire ou une fresque façonnée sur une façade. L’espace public de la ville devenait l’instrument de communication du peuple. Une manière de se faire entendre ou lire d’une part, mais surtout de se faire comprendre grâce à un autre degré de sensibilisation. En somme l’objectif de s’affranchir des lois, en voulant laisser sa signature, pour que chacun puisse y reconnaître cette part rationnelle de lui-même.

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Un des pandas de Leo Lunatic dans le quartier de Galata

Örgüt-T (Photo 4)

L’œuvre de l’artiste Örgün-T en yarn-bombing (tricot-graff’)

C’est donc avant tout par son côté contestataire que l’art urbain ont pu voir ses empreintes prendre racine, sans toutefois enlever un esthétisme unique pour chacune des œuvres réalisées. Car même si l’art de rue est relativement éphémère, il n’en est pas moins un art pluraliste de technicités et de styles. Des sérigraphies aux peintures au pinceau, en passant par les graff’ à l’aérosol et le tricot (oui, le tricot), c’est grâce à ces multiples tournures que l’ainsi nommé « street-art » ne cesse de démontrer sa créativité à Istanbul.

Vivement contestée par les autorités de prime abord, la culture urbaine tend progressivement vers une démocratisation qui se généralise, voire plus, d’une réelle appréciation par la majorité de la communauté. Les créations d’évènements tels que le Street Art Festival ou le festival Mural Istanbul en sont certes les prémisses, mais lui annoncent un avenir certain dans un environnement plus que propice à la libéralisation de l’expression des arts par l’émanation d’idées solidaires.

Camille Pougeux

1 Comment

  1. Abdou anbdillah

    Cest quoi votre spécialité dans l’Art Street?

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