Chroniques

L’automne alsacien, couleur de vin…

Par Erkan Oyal

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A Bâle, à la descente de l’avion, une jeune Française au visage souriant, Laurence Helfrich, a accueilli l’équipe de dégustation turque. Notre premier arrêt, dans cette région symbolique de l’Europe, carrefour entre la Suisse, la France et l’Allemagne, était la charmante petite ville de Colmar, connue pour son vin, ses maisons et son quartier bordé de canaux que l’on appelle « la Petite Venise ». Nous voici devant un bâtiment d’un étage, qui ressemble à la bâtisse d’une ferme. Sur le mur, le logo « Les Grands Chais de France » attire l’attention. En entrant dans le salon, on remarque des photographies de personnes vêtues d’anciens costumes traditionnels. Au milieu, une longue table ; sur les étagères, des bouteilles de vins jeunes et vieux… C’est le moment de découvrir les vins d’Alsace, fins et légendaires.

Laurence et Laurent Gosley expliquent aux invités les spécificités de chaque bouteille en les débouchant. Comme le veut la coutume, il est procédé à la dégustation des vins blancs et rouges qui colorent les verres. De la fenêtre, nous voyons de chaque côté les vignes, qui s’étendent à perte de vue.

Sous une fine pluie, le repas du soir s’est déroulé dans le cadre forestier du Château de L’Arnsburg Baerenthal, pittoresque et apaisant – l’une des étapes gastronomiques les plus renommées au monde.

La deuxième étape de notre voyage était le Siège des Grands Chais de France (GCF).  Cette production laisse vraiment une très forte impression. D’ailleurs, visiter en détail les départements de mise en bouteille et de conditionnement prendrait plusieurs jours. Nous apprenons que ces installations produisent quatre-vingt-dix millions de bouteilles par an, à partir de raisins provenant de quarante différentes régions françaises. 75% de la production est exportée vers 160 pays. La visite des installations de GCF commence par une présentation fournie et sophistiquée des produits, et se poursuit par un programme de dégustation.

Tous les invités sont impressionnés par les présentations d’œnoculture, et comblés par les saveurs incomparables auxquelles ils goûtent. De cette visite, nous allons directement à Strasbourg, à quelques heures de route. Après une promenade en bateau sur le fleuve, en passant devant le centre de l’Union européenne, nous ne sommes pas sans penser aux pourparlers sans fin que notre pays a engagé avec elle depuis de longues années ; nous ne nous attardons toutefois pas à rêver l’avenir en rose.

Par l’atmosphère qui se dégage des vignes à perte de vue, au pied du massif des Vosges, ses charmantes bourgades moyenâgeuses, ses châteaux calmes et orgueilleux, ses bâtisses de la Renaissance, les maisons de bois et de pierre de ses villages aux fenêtres fleuries d’une incroyable beauté, ses forêts et vallées profondes où se mêlent le vert et le jaune… ce voyage en Alsace enchante encore davantage les amoureux de la nature. Plus particulièrement, le charmant petit centre touristique de Riquewihr, avec ses bâtisses en bois aux toits hauts, fiers vestiges protégés du Moyen Age, ses délicieuses spécialités boulangères, ses confitures et ses babioles souvenir, restera gravé dans les mémoires. Sans oublier bien sûr le village de La Petite Pierre, qui s’élève dans une magnifique forêt, juste à côté d’une non moins charmante vallée…

Les caves de champagne millénaires

Par l’autoroute, l’arrêt suivant est Reims, au cœur de la Champagne. L’équipe est reçue par Laurence Alamano, responsable d’exportation au siège central d’une grande firme qui se trouve au cœur de Reims, dans un vieil hôtel de maître restauré, où des drapeaux français et turcs ont été accrochés au balcon. Nous avons l’occasion de goûter différents champagnes soigneusement sélectionnés. En Champagne, notre deuxième étape est Château-Thierry. Avec ses installations de production et ses caves de champagne, impossible de ne pas être impressionné. Entre la production, la mise en bouteille et la mise en vente d’une bouteille de champagne s’écoule un délai minimum de trois ans. Nous sommes à mêmes de témoigner de ce qu’est l’aventure du Champagne.

Il est temps de partir pour le déjeuner. Nous montons sur une colline par une route qui serpente entre des champs bien entretenus, et en face de nous, dans un magnifique parc avec piscine, surgit le Château de Fère, dans les ruines d’un grand château. Nous apprenons que le château-fort de Fère-en-Tardenois a été bâti entre 1206 et 1260 par Robert de Dreux, petit-fils du roi de France Louis VI, puis a été utilisé comme lieu de villégiature royale. Les jours de gloire de Fère-en-Tardenois ont pris fin en 1793, et tous les biens ont été mis en vente, mobilier du château compris. Actuellement, le château offre des services d’hôtellerie et de thermalisme. Entre ses grands murs ornés de fresques illustrant les Fables de La Fontaine (qui aurait vécu sur ces terres), se décline un menu somptueux, d’une présentation hors du commun et accompagné bien sûr de Champagne Jacquart, l’un des meilleurs de la région…

En quittant Reims, nous partons vers Paris, sous un crépuscule couleur champagne. Alors que Paris, comme un rêve, accueille ses invités turcs, nous remercions une fois encore nos hôtes pour l’hospitalité à la française qu’ils nous ont offerte en Alsace.

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