Politique

Le black-out médiatique, instrument politique ?

Cela devient une habitude. Quelques heures après l’attentat de samedi survenu sur Istiklâl, grande rue piétonne d’Istanbul, le gouvernement turc a imposé un black-out médiatique. Depuis l’été 2015, Ankara utilise de façon récurrente cette méthode. Mais qu’est donc au juste un black-out médiatique ? Et quand est-il utilisé ?

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Le black-out médiatique, qu’est-ce que c’est ?

Le black-out médiatique consiste à interdire la diffusion d’informations et d’images sur un sujet précis. Il touche la télévision ainsi que la presse écrite. Une fois énoncé par le gouvernement, les médias doivent se contenter du contenu élaboré avant l’entrée en vigueur de l’interdiction. Un black-out médiatique ne peut durer que quelques heures mais peut aussi s’éterniser sur quelques jours, voir semaines. Il est contesté pour sa restriction vis-à-vis de la liberté de la presse.

Quand est-ce que cette méthode est utilisée ? 

Cette méthode est, pour le plus souvent, utilisée lors d’événements sensibles, tels qu’un attentat ou une prise d’otage. Le but étant de ne pas mettre en danger la sécurité nationale. Le black-out est donc imposé, pour le dire avec les mots du président turc, « au nom de la sécurité nationale ». Cependant, tous les médias  n’obéissent pas à ce type de décret. Dans certains pays, les sanctions pour le non-respect du black-out médiatique peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement de journalistes.

Quel est le but de cette méthode ?

Outre « la sécurité nationale », il semble y avoir un but politique derrière le mise en place d’un black-out médiatique. En effet, l’interdiction touchant les journalistes, empêchent ces-derniers à effectuer leur travail. Les journalistes doivent cesser leurs recherches et n’ont, après la levée de l’interdiction, que les informations fournies par le gouvernement.  L’élaboration d’une version objective des faits est donc mise en danger. Beaucoup d’organisations parlent alors de censure. L’organisation Reporters Sans Frontières remet ainsi fortement en cause l’emploi de la méthode, devenue une habitude en Turquie.

BREAKING Media blackout in place in relation to #Istanbul bombing that left 4 dead and 20 wounded. pic.twitter.com/mwYF2MhVyf

— CNN Türk ENG (@CNNTURK_ENG) 19 mars 2016

 

Raphaël Schmeller 

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