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Le camping : un concept original et efficace pour intégrer les réfugiés

Le Canada, qui a décidé récemment d’accueillir davantage de réfugiés sur son territoire, a développé un concept unique pour intégrer ses nouveaux visiteurs dans la société : camper dans le parc national de Jasper.2016-08-30 15.10.13

La semaine dernière, une cinquantaine de réfugiés d’Edmonton – capitale de la province canadienne d’Alberta – ont vécu une expérience unique et, pour certains, une première aventure sous tente, en pleine nature au lac Édith dans le magnifique parc national de Jasper, avec les services sociaux catholiques.

L’objectif de cette initiative dans les Rocheuses, qui existe maintenant depuis six ans, est de découvrir un aspect important de la culture canadienne : la vie en pleine nature. C’est aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur les us et coutumes canadiens et étrangers.

2016-08-30 15.13.58La plupart des réfugiés conviés proviennent de divers pays : Syrie, Iran, Irak, Népal, Pakistan, Libéria, Soudan du Sud, ou encore Philippines. Parfois, ils sont au Canada depuis six mois seulement. Mais, la rage de vivre et de reconstruire les guidant, ils désirent plus que tout en apprendre davantage sur ce pays qui les a accueillis.

Ils savent que s’ils sont ici aujourd’hui, en sécurité, c’est grâce au parrainage familial et au gouvernement fédéral libéral de Justin Trudeau qui a remporté les élections le 19 octobre dernier, faisant de lui le Premier ministre canadien qui décidera d’établir une politique plus souple pour les réfugiés. Il a notamment décidé d’accueillir en 2016 pas moins de 25.000 réfugiés syriens.

Une première expérience unique en son genre

Pour plusieurs, c’était tout bonnement la première fois qu’ils allaient camper.

C’est le cas de Alexis Mbonyincungu – réfugié congolais de 26 ans – qui, son appréhension passée de dormir au milieu des ours et des cervidés, fut ravi de cette expérience: « J’ai d’abord pensé que dormir dans une forêt, cela n’allait pas être simple, mais quand je suis arrivé, je me suis senti à l’aise ».

Cette aventure est bien loin de la vie qu’il a laissée au Congo où, comme il l’explique : « les gens se font tuer, il y a des bombes, les gens meurent dans la rue. Femmes, enfants, personnes âgées, tous marchent des kilomètres, à pied, pour fuir la guerre ».

Si cela n’a pas été facile de s’habituer tout de suite à la vie au Canada, de trouver ses repères, il y est finalement arrivé notamment grâce à cette initiative d’intégration on ne peut plus innovante : « Tout est nouveau pour nous quand on arrive ici [au Canada], mais pas à pas, on y arrive ».

Un système d’entraide et d’intégration

C’est grâce à l’aide de la direction de Parcs Canada, qui ont prêté les sites de camping ainsi que de Mountain Equipment Co-op, qui a fourni l’équipement nécessaire pour cette expérience, que ces réfugiés ont pu partager ensemble un moment unique, riche en émotions et en apprentissages.

Il est aussi important de souligner le travail des services sociaux catholiques et particulièrement de Frank Bessai, qui les accompagne dans cette première expérience : « Nous devons les guider et leur expliquer pourquoi nous avons choisi de dormir dehors, sous une tente, et que, pour nous, cela constitue une activité divertissante, en opposition avec ce qui vient de l’ordre de la nécessité ».

2016-08-30 15.12.08Comme M. Bessai l’explique, c’est aussi une occasion unique pour ces personnes qui ont tant souffert de rencontrer d’autres individus, de lier des amitiés et d’améliorer leur anglais. De plus, il estime que « ce type d’expérience leur permet vraiment de se reposer, de reprendre leur souffle et de se sentir en sécurité dans un bel environnement ».

Outre le repos, de nombreuses activités ont été organisées : parties de volleyball et de football, excursions en canoë et baignade dans le lac Édith, sans oublier le traditionnel feu de camps où les notes de guitare, mais aussi de djembé a retenti sous le ciel étoilé

Partager ses traditions

Car cette expérience est aussi l’occasion de partager ses traditions. Aux instruments de musiques venus d’autres continents se sont mêlés la semaine dernière, dans un décor féerique, les chants et les danses traditionnelles que chacun a rapportés de son pays.

Mais, ce que retiennent ces réfugiés, qui ne sont plus des étrangers au Canada, c’est aussi la nourriture locale. Parfois avec étonnement, ils ont découvert le hot-dog et autres spécialités nord-américaines comme Pharat Rajput, originaire du Pakistan, qui n’hésite pas à faire une grimace en croquant dans son hot-dog avant de déclarer que ce ne n’est pas si mauvais.

Certains ont désiré faire connaître aux autres des plats traditionnels de leur pays. Izdhar Giab, qui cuisinait pour la première fois au Propane, a ainsi fait découvrir, au plus grand bonheur de ses colocataires de quelques jours, la cuisine irakienne.2016-08-30 15.12.51

Pour chacun, ce fut une étape on ne peut plus importante dans leur processus d’intégration au Canada comme l’explique Jamilah Kanakree qui a fui avec son mari et ses deux enfants la Syrie. Pour cette mère de famille, ce moment en pleine nature fut très enrichissant : « Mes enfants veulent tout essayer. Maintenant, ils comprennent l’anglais, et le comprennent d’ailleurs très bien! Moi, je sais désormais monter une tente, faire un feu et couper du bois ».

C’est ainsi que des amitiés ont été créées. La simplicité de la nature les a rapprochés. Entre eux, mais aussi avec le Canada. Une magnifique initiative permettant à ces hommes, femmes et enfants, qui ont tout quitté, d’oublier la peur et la violence, de retrouver la sérénité et le sourire dans une société où les codes sociaux leur étaient jusque là inconnus.

Camille Saulas. 

 

2 Comments

  1. osmane djoudi

    Je remercie l’ ensemble du gourv. du CANADA , pour ce geste humanitaire , l accueil des refugers , que d autres pays riche « tres » arabes ne l ont pas fait

  2. osmane djoudi

    J admire ce geste humain , inteligent
    Car le peuple syrien est tres instruit
    Parmis le meilleur du monde atabe

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