Economie, International

Le CETA enfin signé

Après de nombreux rebondissements, l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG ou CETA) a enfin été signé dimanche 30 octobre lors du Sommet Union européenne-Canada. Une victoire pour ceux qui défendaient cet accord dit de « nouvelle génération », mais l’avenir de cette entente est loin d’être certain. 2016-10-30-00-35-02Dimanche 30 octobre est une date historique pour ceux qui ont négocié et défendu le CETA. Donald Tusk, le président du Conseil européen, et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, ont signé avec Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, le fameux accord après sept ans de négociations, mais aussi après plusieurs jours de rebondissements et d’incertitudes en raison de l’opposition de la Wallonie.

Lire aussi : http://aujourdhuilaturquie.com/fr/le-traite-de-libre-echange-entre-le-canada-et-lue-verra-t-il-le-jour/

Si cet accord a pu enfin se conclure, c’est, car les différentes régions belges se sont enfin entendues sur une déclaration interprétative du CETA jeudi 27 octobre. Un compromis à l’arraché, mais qui a finalement permis à Justin Trudeau de quitter Ottawa pour se rendre en Europe – non sans un énième contretemps, puisqu’à peine parti, son avion a été obligé de faire demi-tour samedi soir en raison d’un problème technique.

Ainsi, dès le début de l’année 2017, après la ratification du Parlement européen, on estime que l’accord devrait s’appliquer, mais de façon provisoire en attendant qu’il soit approuvé par les 28 États membres de l’UE.

À terme, avec cet accord, c’est 99% des barrières tarifaires qui devraient être supprimées dans le cadre des échanges de biens entre les pays de l’Union européenne et le Canada. Selon certaines estimations, la signature de l’accord pourrait engendrer une augmentation du commerce entre les deux rives de l’Atlantique de 20 %.

Le gouvernement canadien ne cesse de faire des éloges de cet accord qui devrait, selon Ottawa, profiter aux citoyens canadiens et européens en stimulant la création d’emplois, en générant des milliards de dollars d’échanges et d’investissements en raison de la réduction des barrières tarifaires et non tarifaires et, par effet d’entrainement, en augmentant le niveau de vie. Des arguments repris outre-Atlantique, mais qui ont du mal à convaincre.

Et c’est là que le bât blesse, car rien n’est joué pour cet accord qui doit encore être ratifié par l’ensemble des parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne afin de rentrer définitivement en vigueur. Or, en plus d’être un processus qui demandera du temps, rien ne dit que nos politiciens aux visions électoralistes s’opposeront à une grande partie de l’opinion publique qui s’élève contre cet accord.

En Belgique et dans de nombreux pays européens, l’opposition ne tarit pas de critiquer le CETA. Alors que l’accord était en train d’être signé, 200 personnes se sont rassemblées près des institutions européennes afin de manifester contre cette entente commerciale. Et l’ambiance était loin d’être bonne enfant. Certains manifestants ont entrepris de badigeonner de rouge la façade du Conseil européen quand d’autres ont réussi à entrer dans son Hall avant d’être appréhendés par les forces de l’ordre.

Malgré ceci, Justin Trudeau, qui était accompagné notamment du ministre fédéral du Commerce international, Chrystia Freeland, et du Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est montré optimiste lors de la conférence de presse qui a suivi la signature de l’accord. Qualifiant cette journée d’ « événement historique », il a tenu à rassurer : « Le partenariat entre le Canada et l’Union européenne repose sur des valeurs communes, une étroite collaboration de longue date et de liens solides entre les populations. La signature de l’AECG et de l’APS – l’Accord de partenariat stratégique signé en marge du Sommet de dimanche – prépare le terrain au resserrement de ces relations dans l’avenir, au profit de la classe moyenne des deux côtés de l’Atlantique ».

Quant à Chrystia Freeland, qui en a « bavé » ces derniers jours lors des pourparlers avec la Belgique, a enfin pu dire « ouf » : « C’est un grand jour pour le Canada, c’est un grand jour pour l’Europe », et c’était très certainement un grand soulagement pour cette dernière.

Quand il a été question de l’opposition à cet accord, M. Tusk a tenu à rappeler que : « Le libre-échange et la mondialisation protègent, mais peu de gens le comprennent et le croient. Il faut les convaincre », avant que M. Juncker ajoute : « Je ne critique pas ceux qui ne cessent de nous critiquer. Mais ceux qui sont dans la rue doivent entendre et, si possible, écouter aussi. Nous n’avons rien cédé sur nos principales valeurs ».

Camille Saulas

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *