Culture, Découverte

Le Crime de l’Orient Express revit pour la « Black week » turque

Le Pera Palace Hotel Jumeirah d’Istanbul fait toujours rêver les passionnés de fiction policière, qui rêvent de pouvoir, le temps d’une nuit, habiter cette chambre mystérieuse où Agatha Christie aurait écrit le Crime de l’Orient Express, lors d’une fugue légendaire. Le Palace accueillera, en octobre prochain, la « Black Week » de Turquie, semaine de l’intrigue policière et du roman noir, occasion unique de commémorer les 125 ans d’Agatha Christie.

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La nouvelle est officielle : l’un des hôtels les plus luxueux du monde, le Pera Palace Hotel Jumeirah d’Istanbul accueillera cette année la « Black Week » de Turquie, semaine dédiée à la littérature policière. Cette semaine particulière commémorera les 125 ans de l’anniversaire d’Agatha Christie, autour du petit fils de l’illustre auteur, Matthew Prichard, et d’un grand nombre d’auteurs de fiction policière turque et internationale. La semaine sera jalonnée d’évènements particuliers en l’honneur d’Agatha Christie, pour rendre hommage à l’un des plus grands génies du roman policier : la romancière auteur de plus de 80 romans et nouvelles, proclamée « reine du mystère », mère de détectives à la personnalité étonnante, a marqué l’Histoire de son nom.

Elle a plus particulièrement marqué Istanbul, entourant sa venue fugace et très secrète d’un halo de mystère… Le 3 décembre 1926, très affectée par la mort de sa mère et l’infidélité de son mari, Agatha Christie disparaît. Le lendemain, la police retrouve sa voiture, une Morris Cowley (en), abandonnée près de l’étang de Silent Pool. Meurtre, suicide ? On échafaude des hypothèses dignes des meilleures intrigues de la romancière. De gigantesques battues sont organisées le mardi 7 et dimanche 12 décembre dans les environs de Newlands Corner, 15 000 bénévoles assistent la police dans ses recherches et les journaux promettent une récompense de 100 livres sterlings. Elle est retrouvée douze jours plus tard dans le Swan Hydropathic Hotel, établissement de la station balnéaire d’Harrogate, où elle s’était inscrite comme pensionnaire sous le nom de Teresa Neele, du nom de la maîtresse de son mari. Agatha Christie prétend alors ne se souvenir de rien et ne pas reconnaître son mari venu la
chercher. Elle ne s’expliquera jamais sur cette disparition rocambolesque. Cependant, la chambre 411, où séjournait habituellement Agatha Christie lors de ses séjours stambouliotes, aurait livré, dit-on, son secret. Elle aurait laissé un signe dans son journal intime, placé ensuite sous une lame de parquet, selon une voyante extralucide, Tamara Rand, convoquée pour la réalisation du film Agatha (1979), et qui essaye de faire le jour sur ces jours manquants. Toujours est-il qu’en 1934, quelques années seulement après cette étrange fugue, parait l’un de ses plus fameux romans, l’enquête d’Hercule Poirot sur le Crime de l’Orient Express. L’aura du roman s’enrichit de cette histoire trouble qui entoure son écriture. Même 125 ans après, la puissante présence de Christie est sensible au Pera Palace, ravivée par le souvenir des lecteurs actuels, et par les évènements organisés en son honneur. « J’ai parfois été extravagante, désespérée, profondément malheureuse, harcelée par le chagrin, mais malgré tout cela, ce que je sais très certainement, c’est qu’être simplement en vie est une grande chose. », aurait-elle un jour révélé.

Depuis 1892, le Pera Palace Hotel Jumeirah a fondé sa popularité en recevant en ses salons luxueux nombre d’auteurs incontournables de la littérature mondiale. Parmi eux, Hemingway, Pierre Loti, ou encore des artistes et personnalités en tout genre, d’Atatürk à Mata Hari en passant par Sarah Bernhardt. Le Pera Palace perpétue donc cette tradition de prestige et de noblesse, en accueillant des personnalités actuelles au cœur de cette semaine du mystère et de l’intrigue. De nombreux intervenants animeront des conférences sur les traces de leur maître : Ahmet Ümit, plus célèbre auteur de romans policiers en Turquie, Alexander McCall Smith et Leslie Klinger , Petros Markais (Grèce), Roberto Costantini (Italie), ou encore Jean-Christophe Rufin, promettant un festival unique en son genre. Un livre d’exposition et un livre cosigné par les auteurs qui participeront à ce grand évènement seront vendus pendant le festival. Plus de détails via twitter, grâce au hashtag #blackweekturkey.

Elisabeth Raynal

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