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Le droit des femmes, une lutte qui ne faiblit pas

Chaque année, le 8 mars, nous fêtons la Journée internationale de la femme, l’occasion de faire un point sur les droits de celles qui luttent tous les jours pour que leurs droits soient reconnus et respectés depuis des siècles.2017-02-08 23.09.40Si cette journée est une tradition vieille de 108 ans – la première journée internationale de la femme ayant eu lieu en 1909 -, elle représente surtout des décennies de lutte pour l’égalité, la justice, la paix ainsi que pour le développement. Aujourd’hui, cette journée est célébrée autant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement – certains États ont même déclaré cette journée du 8 mars fête nationale – et est l’occasion de procéder à une réflexion sur les progrès réalisés, saluer la détermination de femmes ordinaires qui se battent corps et âme pour leurs droits un peu partout dans le monde, et souligner les efforts qui doivent encore être accomplis pour qu’enfin hommes et femmes puissent vivre partout sur un pied d’égalité.

Annie_Kenney_and_Christabel_PankhurstL’égalité entre hommes et femmes est reconnue dans la Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, ainsi que dans l’article 2 de la Déclaration universelle des Droits Humains, adoptée en 1945. Depuis, de nombreux traités internationaux sont venus renforcer ce corpus juridique proclamant les droits des femmes. Aujourd’hui, les Nations Unies restent la pierre de lance des droits fondamentaux et célèbrent donc cette journée en multipliant les initiatives pour les promouvoir. Mais, c’est aussi aux États de faire leur part. Or, si certains pays mettent un point d’honneur à ce que soit effectif le droit des femmes, le travail est loin d’être achevé.

Force est de constater que l’égalité des sexes est encore loin d’être effective partout dans le monde, et ce même dans les pays les plus « développés ». Les violences à l’encontre des femmes sont encore monnaie courante tout comme le trafic des femmes, les mariages forcés et les violences sexuelles. À titre d’exemple, l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) estime que 200 millions de femmes dans le monde sont encore victimes de mutilations génitales.

Dans le monde entier, la discrimination économique et politique n’est toujours pas endiguée. En effet, les femmes sont encore moins bien loties en matière d’emploi ou de salaire et elles sont sujettes au chômage bien plus que les hommes. Quant à l’accès aux postes de responsabilité ou aux opportunités d’avancement, la situation est toujours aussi lamentable tout comme la représentation des femmes dans la sphère politique.

We_Can_Do_It!En outre, quoi de plus inquiétant que de voir le nouveau président de la première puissance mondiale faire preuve d’un mépris affiché et assumé à l’encontre de la gent féminine. Heureusement, des voix s’élèvent aujourd’hui, des femmes et des hommes descendent dans les rues du monde entier et démontrent ainsi que ce genre de comportements sexistes et rétrogrades ne peuvent être tolérés.

Néanmoins, l’année 2016 aura eu son lot de succès. La première avancée notoire est celle de la condamnation du seigneur de guerre congolais, Jean-Pierre Bemba Gombo, par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crime contre l’humanité et crime de guerre en raison des violences sexuelles commises en République Centre Africaine, en 2002 et 2003, dont il a été tenu pour responsable le 21 mars 2016. De leurs côtés, certains États ont aussi fait d’importants progrès en matière de droit des femmes. À titre d’exemple, en janvier 2016, le Zimbabwe a interdit les mariages d’enfants, tandis que la Tanzanie ainsi que la Gambie ont relevé l’âge légal du mariage à 19 ans. Des avancées juridiques majeures qui auront des répercussions concrètes sur le droit et les conditions de vie des femmes dans ces pays, tout comme le fait qu’en Algérie, une loi est entrée en vigueur afin de sanctionner les violences et le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes. Notons aussi le fait que le Kirghizstan a enfin criminalisé les mariages religieux impliquant des mineures et que le Salvador a mis sur pied un tribunal qui jugera les crimes violents commis contre les femmes.

Peggy_WhitsonIl convient finalement de souligner le courage de certaines femmes qui ont marqué l’Histoire l’année dernière. Actrices de leur propre émancipation depuis des générations, les femmes ne faiblissent pas à l’instar de Peggy Whitson qui est devenue, le 17 novembre dernier, la première femme à commander la station spéciale internationale et à diriger le corps des astronautes de la NASA, une agence gouvernementale qui, notons-le, compte pour la première fois dans les rangs de la première classe d’astronautes 50% de femmes.

Il est malheureusement évident que ce sujet n’éveillera rien chez certains, ne leur fera ni chaud ni froid, ou pire engendrera chez eux un ricanement condescendant et ne les poussera pas à changer de comportement à l’égard du sexe opposé. Mais, pour les plus récalcitrants, sachez que le sexisme nuit à la santé mentale. Du moins, c’est ce que nous apprend une nouvelle étude de l’American Psychological Association.

Camille Saulas

 

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