Société

Le drône : compagnon ou ennemi ?

Nous en voyons de plus en plus sur les marchés depuis quelques années, il nous intrigue par sa forme futuriste et par un prix de plus en plus attrayant, mais savons-nous ce qu’il représente réellement ?

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Du drône de guerre …

Le concept du drône nait pendant la Première Guerre Mondiale. Même si ce n’était à l’époque qu’un prototype permettant de faire voler de petits engins sans pilotes, il fut repéré dans les années 1940 par les armées américaines puis allemandes à des fins militaires.

C’est dans un contexte de Guerre Froide et suite à l’incident de l’U-2, lorsqu’un avion espion américain fut abattu en terres soviétiques, les Etats-Unis décident de développer secrètement le drône. Ainsi utilisé comme un outil de surveillance, ce dernier était particulièrement apprécié par l’opinion publique puisqu’il n’engendrait aucune perte humaine.

A partir des années 2000, le drône constitue désormais une alternative tant sur le plan économique qu’humain, à tel point qu’il est présent désormais sur tous les conflits de l’époque. Il s’est vraisemblablement démocratisé sur le plan militaire, et son arrivée sur les marchés de la grande distribution n’est qu’imminent.

… au drône « de jardin »

C’est finalement en 2010 que le premier drône à usage civil apparaît sur les marchés.

Si au départ les prix élevés de ce jouet « nouvelle génération » intimidaient les consommateurs, aujourd’hui il est devenu un compagnon à part entière, pour tout type d’individus.

Et oui, ce petit joujou vous permet de réaliser des films et des photographies aériennes hors du commun, mais il peut aussi se révéler être un cauchemard : comme ce fut le cas en Juillet 2015, lorsqu’un père de famille du Kentucky repère et abat un drône qui survolait son jardin, alors que ses deux filles bronzaient sur leur terrasse. Selon les propos recueillis par nos confrères de Slate, le père justifiait alors son geste : «On ne sait pas si c’est des pédophiles qui veulent mater des gamines, ou si ce sont des voleurs. Ou l’État islamique

Vers une guerre des drônes ?

Ainsi, face à la multiplication d’incidents similaires, les associations et gadgets anti-drônes se sont multipliés, comme c’est le cas de la start-up française Malou Tech et son Interceptor. Le principe est simple : lorsqu’un drône est aperçu en zone interdite (comme au dessus de Paris, par exemple), Interceptor peut atteindre une vitesse jusqu’à 130km/h pour piéger sa proie au moyen d’un filet. Aux Etats-Unis et en Chine, des lasers anti-drones capables de brûler le drône dissident ont même vu le jour.

Bien que ces moyens soient porteurs d’espoir dans la lutte pour le respect de la vie privée de chacun, ils restent néanmoins coùteux, pas encore disponibles pour la grande distribution et ne peuvent surveiller vos jardins.

Les drônes sont désormais une technologie qui s’est fait une place à part entière dans notre société. Situés à la frontière entre vie publique et vie privée, ils peuvent d’une part alimenter notre vie publique exposée sur les réseaux sociaux, mais peuvent d’autre part intervenir dans notre sphère privée, là où nous l’attendons le moins.

En France, malgré que des articles de loi sur l’utilisation du drône soient en vigueur depuis 2012, et que des sanctions soient prévues en cas de non-respect de ces lois, il n’en reste pas moins que les moyens mis en œuvre afin de s’en assurer restent faibles. Dans le reste du monde, la guerre des drônes ne fait que commencer.

Chirine Riaz

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