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Le « Grand Confinement »

La crise sanitaire de la pandémie de la Covid-19 est devenue une crise financière et de l’emploi avec des conséquences sociales et politiques. Le 15 avril 2020, le FMI a nommé cette crise le « Grand Confinement » (Great Lockdown), en référence à la Grande Dépression et à la Grande Récession. Les travailleurs en CDD ou à temps partiel sont les plus vulnérables ainsi que les autoentrepreneurs et les salariés des PME. Les gouvernements ont donc cherché des solutions d’aides financières aux travailleurs afin de conserver les emplois. Le chômage partiel en France en est un exemple : il s’agit de subventionner les heures non travaillées pour garder les emplois. En France, l’État a garanti pour les entreprises des prêts à hauteur de 300 milliards d’euros et a décidé de reporter le paiement des charges à l’URSSAF. Donc, comparé à la crise de 2008, dans le « Grand Confinement » on observe un système bancaire qui reste plus solide et en mesure de donner des prêts aux entreprises.

D’après le rapport de l’OCDE, nous pouvons envisager deux scénarios à venir dans les prochains mois. Le premier présente le cas où il y aura une deuxième vague de contamination engendrant de nouvelles mesures de confinement. Le second scénario est celui où une deuxième vague sera évitée. Si nous analysons les effets de ces deux scénarios à l’échelle mondiale, nous observons que les taux de chômage prévisionnels augmentent et les difficultés financières s’aggravent. Au premier trimestre 2020, on observait 7.8 % de chômage en France, 13.9 % en Espagne et 3.8 % aux États-Unis. D’après le rapport, dans le cas où une deuxième vague se produirait, on aura au quatrième trimestre un taux prévisionnel de chômage de 13.7 % en France, de 25.5 % en Espagne et de 16.9 % aux États-Unis (soit 13.1 % de plus pour les États-Unis par rapport au premier trimestre 2020).Il faut aussi rappeler que dans l’ensemble des pays de l’OCDE, on compte 60 millions de personnes concernées par le chômage partiel. Le « Grand Confinement » a un effet plus dévastateur sur l’emploi que ce que nous avons vécu pendant la crise de 2008.

Dans le cas où la deuxième vague est évitée, l’activité économique mondiale recule de 6 % en 2020, une baisse forcément moins importante que dans le premier scénario. Nous pouvons dire que, dans les deux scénarios, les conséquences de la pandémie seront graves et continues. 

Même si à ce jour les mesures de confinements sont majoritairement levées, les pays ont besoin de temps pour recueillir de bons résultats quant à la reprise de l’activité économique qui aujourd’hui reste chétive et fragile. Les économies devront connaitre au moins cinq ans de croissance pour reprendre le rythme d’avant la Covid-19.

Gözde Pamuk

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