Economie, International

Le Japon suspend le redémarrage de ses réacteurs nucléaires

La compagnie Kyushu Electric Power, qui avait procédé au redémarrage du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Sendai, mardi 11 août – marquant ainsi le retour du Japon à l’énergie nucléaire après plus de deux ans d’absence – s’est vu contrainte de suspendre son réacteur après un problème localisé dans le système de refroidissement de la centrale.

sendai

La centrale nucléaire de Sendai.

Le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Sendai, remis en service le 11 août dernier, vient d’être interrompu aujourd’hui, vendredi 21 août, en raison d’une infiltration d’eau salée dans l’une des pompes du système secondaire de refroidissement de la centrale, où la vapeur faisant fonctionner les turbines et produisant ainsi l’électricité est refroidie, comme l’a annoncé un représentant de la compagnie Kyushu Electric Power. Certains experts avaient pourtant prévenu la centrale que le redémarrage de ses réacteurs, inactifs depuis plus de 4 ans, pourrait être lié à quelques difficultés.

Le réacteur avait atteint 50% de ses capacités au 11 août, et 75% mercredi dernier. Kyushu Electric Power prévoyait d’augmenter ses capacités de 95% pour ainsi atteindre sa puissance maximale aux alentours de mardi prochain. Néanmoins, le processus sera par conséquent retardé, puisqu’il faudra attendre une semaine supplémentaire avant de  pouvoir remettre les réacteurs en route. Selon un représentant de la compagnie, il ne devrait cependant pas être trop compliqué de retirer le sel de l’eau située dans les turbines grâce à un processus de désalinisation.

Ce n’est pourtant pas une première en la matière pour le Japon, qui a déjà subi ce genre de problèmes près de 50 fois dans son histoire. En 1997 puis en 1999, la compagnie Kyushu Electric Power avait déjà expérimenté des situations similaires avec les réacteurs de la centrale de Genkai, située dans la préfecture de Saga.

L’Association nucléaire mondiale (ANM) soutient quant à elle la décision du Japon de relancer l’énergie nucléaire dans le pays. Le Japon « a rappelé au monde qu’il était déterminé à créer un futur meilleur », a tenu à rappeler Agneta Rising, la directrice générale de l’association. Les 43 réacteurs japonais restants devraient tous redevenir opérationnels d’ici quelques mois voire quelques années.

Cependant l’opinion publique japonaise reste quant à elle très réfractaire à un retour du nucléaire. Et pour cause, l’accident de la centrale de Daichi à Fukushima en 2011 hante encore les esprits. La peur de voir un tel accident se perpétuer entraîne donc l’hostilité du peuple japonais envers le nucléaire. « Il est totalement compréhensible que la foie du peuple en la technologie nucléaire soit remuée par les évènements du 11 mars 2011, mais aujourd’hui, le peuple japonais a besoin de voir ses réacteurs fonctionner de manière fiable et efficace avec des ingénieurs entièrement dévoués à la protection de leur santé et de leur environnement », a poursuivi Rising avant de soutenir que le Japon jouait un rôle primordial pour l’industrie nucléaire mondiale.

En octobre 2012, la Commission de réglementation de l’énergie nucléaire japonaise (NRA) avait fait savoir que le redémarrage des réacteurs nucléaire serait soumis à de fortes évaluations de sûreté et que rien ne serait laissé au hasard. Ce qui a néanmoins rendu certains experts perplexes et inquiets quant au redémarrage de réacteurs qui n’avaient pas été opérationnels pendant plusieurs années. La NRA avait cependant approuvé les propositions d’altération des réacteurs, soumises par la compagnie Kyushu Electric en septembre 2014, ce qui démontre bien que la NRA considérait la centrale et ses réacteurs comme entièrement sécurisés, comme le soutient l’ANM.

Sophie de Tapia

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