Sport

Le Kırkpınar : la fameuse lutte à l’huile a célébré son 654ème tournoi cette année

Dans les environs d’Edirne, à l’extrême ouest de la Turquie, le traditionnel tournoi de lutte à l’huile s’est déroulé le week-end dernier, sur trois jours consécutifs. Ce sport traditionnel célébré chaque été, connu sous le nom de Kırkpınar, existe depuis 1346, ce qui lui a valu son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le 16 novembre 2010.

 combat

La fameuse Yağlı güreş, qui signifie « lutte à huile » en turc, s’est déroulée du 24 au 26 juillet dernier, dans la province d’Edirne, limitrophe à la frontière grecque. Cette compétition étalée sur trois jours est recensée comme une des plus anciennes rencontres sportives du monde, après les Olympiades. Ce festival qui se déroule depuis 1362 dans la province d’Edirne peut accueillir chaque année jusqu’à 40 000 spectateurs.

La cérémonie d’ouverture débute par une minute de silence puis le chant de l’hymne national turc. Originaire d’une tradition qui remonte bien avant l’aire ottomane, le kırkpınar est célébré chaque été en Turquie en hommage à ce passé culturel qui a traversé les siècles. Cette année, le festival comptait sa 654ème bougie, attirant toujours un peu plus de visiteurs, turcs ou étrangers, venant assister au spectacle de ses lutteurs couvert d’huile.

Vendredi dernier, jour de l’ouverture du festival, le gouverneur d’Edirne, Dursun Ali Şahin, le chef du tournoi, Seyfettin Selim, le maire d’Edirne, Recep Gürkan, ainsi que le Président de la Fédération de lutte turque, Musa Aydın, ont assisté à la cérémonie.

Près de 2000 participants

« C’est un record », a indiqué le maire Gürkan, en référence aux 1923 lutteurs inscrits à l’événement cette année. Des lutteurs dont le nombre s’est réduit à huit participants pour la grande finale, dimanche dernier.

Une fin de compétition qui a d’ailleurs vu chuté son grand champion, Mehmet Yeşil, vainqueur de l’édition 2009 et 2010. Une défaite malheureuse puisque remporter le championnat trois fois permet d’accéder au graal de la ceinture d’or, un signe de domination dans ce sport.

« Je l’ai battu à un moment où on pensait qu’il allait être titulaire éternel du titre. Maintenant, il est à moi. Voyons ce qui se passera. Je crois que ce sera un bon spectacle. Je vais tout faire pour gagner », a déclaré Fatih Atlı, le vainqueur de cette année.

L’événement a également fait parler de lui cette année par une entrée inhabituelle dans la compétition. Hasan Borucu, un condamné de 24 ans purgeant une peine pour coups et blessures, a été autorisé à participer à la rencontre par le ministère de la Justice. Une sortie de prison courte puisque le jeune homme a été battu dès le premier tour.

huile sur le corpsLe président de la Fédération de lutte turque, Musa Aydın, a déclaré à la presse que le peuple turc était un grand protecteur de la tradition du kırkpınar, de part son intérêt et son engouement pour l’événement : «Partout où il y a la lutte à l’huile, que ce soit dans un village, une ville ou un quartier, tout les spectateurs en sont excités ». Il a également évoqué le championnat mondial de lutte qui se déroulera dans la ville américaine de Las Vegas du 7 au 12 septembre 2015 : « les préparatifs de cet événement international se poursuivent. Nous faisons notre part. Nous allons continuer à travailler et je pense que nous allons réussir ».

Dans les parcs et les jardins de la mosquée Selimiye où se déroule l’événement, une douzaine de personnes venues de toute la Turquie ont pris place pour la nuit, faute d’avoir pu trouver un hôtel disponible. « L’endroit où nous avons dormi a peu d’importance », a précisé l’un d’entre eux, Mustafa Ayan, « c’est garder la culture vivante qui est important ».

Pour être sacré vainqueur d’un combat il faut pouvoir renverser son adversaire, en passant la main sous sa ceinture, pour le maintenir tête en bas et jambes en l’air, à la verticale, pendant quelques secondes. Les lutteurs combattent torse nu, vêtus uniquement d’une culotte en peau de vache serrée au niveau des genoux et appelée kispet. Pour compliquer la tâche, les combattent s’enduisent de la tête au pied d’huile d’olive. Les combats se déroulent sur la terre sèche ou l’herbe.

Ce tournoi met en jeu des sommes conséquentes pour les vainqueurs, soit quelques dizaines de milliers de dollars. Les lutteurs sont appelés pehlivans, ce qui signifie « héros » en persan.

Florie Cotenceau

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