International, Politique

Le leader du Gouvernement Régional du Kurdistan en visite en Turquie

Tandis que la visite du vice-président américain, Joe Biden, et les frappes turques contre Daech en Syrie ont largement occupé l’agenda médiatique des derniers jours, la visite du Président du Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK), Massoud Barzani, est passée inaperçue malgré son importance. 3354743914_ef245522c8Le mardi 23 août, soit un jour avant l’arrivée de Joe Biden, Masoud Barzani est arrivé à Ankara pour une série de discussions avec les autorités turques. Des entretiens d’une grande importance dans la mesure où le GRK est un allié indispensable à la Turquie dans de nombreux domaines.

Qu’ils soient sécuritaires, économiques, énergétiques ou encore politiques, Erbil et Ankara sont depuis 2007 des alliés majeurs l’un pour l’autre, mais aussi pour Washington qui a longtemps compté sur la Turquie et le GRK pour stabiliser la région.

Bal diplomatique

Après un accueil chaleureux du sous-secrétaire du ministre des Affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu, à l’aéroport Esenboğa d’Ankara, Masoud Barzani a rencontré le Président turc, Recep Tayyip Erdoğan, à 18 h. Cette rencontre aurait duré deux heures.

Par la suite, le bal a continué quand le leader kurde irakien s’est entretenu avec le Premier ministre, Binali Yıldırım, et le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, à 20h.

Une visite du Parlement turc a aussi eu lieu le même jour.

Des ennemis communs

Le GRK lutte activement contre deux organisations terroristes : le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et Daech ; faisant de lui un allié important pour la Turquie qui, depuis un an, fut visée à de nombreuses reprises par des attaques de ces deux groupes insurgés.

La dernière visite du leader du GRK remontait à décembre 2015. Cela avait alors été alors l’occasion de discuter de la lutte commune contre le PKK dans les montagnes de Qandil situées dans le Kurdistan irakien.

Les discussions de cette semaine se présentaient sous les meilleurs augures après que le bureau de M. Barzani ait fait une déclaration écrite condamnant l’attaque terroriste de Daech du 20 août qui a visé un mariage dans la province de Gaziantep et qui a engendré la mort de 54 personnes dont de nombreux enfants.

Selon des sources présidentielles, les relations bilatérales entre Erbil et Ankara, mais surtout l’offensive menée par les peshmergas et la coalition internationale, dont fait partie la Turquie, pour récupérer Mossoul – la capitale de facto de Daech – , auraient été à l’ordre du jour ainsi que la résolution de la « question kurde » et la situation des Kurdes de Rojava, région syrienne visée par des opérations militaires d’Ankara pour déloger l’organisation terroriste Daech. Ces discussions avaient donc aussi pour objectif de préparer la rencontre des autorités turques avec Joe Biden.

M. Barzani aurait exprimé son soutien au gouvernement démocratiquement élu de Turquie à la suite de la tentative de coup d’État du 15 juillet dernier. Ainsi, Recep Tayyip Erdoğan se serait entendu avec Massoud Barzani pour que les écoles affiliées à Fethullah Gülen – accusé par les autorités turques d’avoir fomenté le coup d’État échoué du 15 juillet – soient fermées dans le Kurdistan irakien.

L’énergie, un enjeu majeur

Un des domaines de coopération les plus importants entre Ankara et Erbil n’a pas non plus été omis. En effet, cette visite fut l’occasion de renforcer la coopération dans le domaine de l’énergie et de la reprise d’activité du puits de pétrole de Gihan à la frontière turco-irakienne.

Une nouvelle rencontre pleine de promesses à l’heure où la région est à feu et à sang, mais aussi en continuité avec l’histoire récente des relations bilatérales entre Erbil et Ankara.

Camille Saulas.

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