Culture, Découverte, Société

Le livre en Turquie

Dans son article dans Hürriyet datant du 23 octobre dernier, Kanat Atkaya nous informe que la Turquie se place en 235e position en terme de besoin de livres. Avec seulement sept à huit livres par habitant, les Turcs consacrent seulement six heures par an à la lecture.unnamed-copieSi on compte un café pour 122 habitants, il existe malheureusement qu’une bibliothèque pour 50.000 individus. Dans le classement des pays dans lesquels les parents offrent un livre à leurs enfants pour leur anniversaire, nous sommes 140e sur 180 pays. En Anatolie, ces cinq dernières années, plus 10.000 librairies ont fermé leurs portes.

Mais, tout cela, nous l’apprenons d’un journaliste d’Hürriyet. Regardons donc ceci d’un autre angle.capture-decran-2016-10-24-a-10-47-53Hürriyet est un organe important du groupe Doğan qui est, pour sa part, le plus grand holding de Turquie, détenant des chaines de radio, télévision, mais aussi des journaux, des maisons d’édition, des entreprises de distribution de livres, des sites web et des applications. Les célèbres magasins D&R lui appartiennent aussi. Auparavant, il existait Idefix, ils l’ont acheté également.capture-decran-2016-10-24-a-10-47-33Je vais être plus clair. Depuis la publication d’un livre jusqu’à son acquisition par le lecteur, le groupe en est, à chaque étape, le propriétaire ainsi que l’organe de contrôle ! Je n’ai pas utilisé ces deux derniers mots par hasard.

En Turquie, un livre qui n’est pas annoncé dans un journal, dont on ne parle ni à la télévision ni à la radio, et qui ne figure pas non plus sur leurs sites web, ne peut atteindre le lecteur.

Nous pourrons donc dire qu’il ne reste, comme structure indépendante, ni librairie ni bibliothèque !

Récemment, j’ai regardé sur internet pour rechercher qui vend mon dernier livre. Chez D&R tout comme chez Idefix, il apparaît comme épuisé. Et pourtant, il est en distribution et il y en a à la maison d’édition.

Pourquoi ne veulent-ils pas le vendre ?

Les maisons d’édition et les imprimeries leur appartiennent, les sociétés de distribution, les librairies aussi. Pour ce qui est des critiques, ne vous posez pas de questions : ils sont salariés, c’est la voix de leur maître !

Dans quelle mesure donc la plainte d’Hürriyet se justifie-t-elle ? Je vous laisse le soin d’en juger.

Dr. Hüseyin Latif

Directeur de la publication

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *