Chroniques

Le nucléaire français a de beaux jours devant lui

Le 14 octobre dernier, l’Assemblée nationale française a adopté le projet de loi, présenté par la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, sur la transition énergétique pour la croissance verte. La principale ambition affichée de cette loi est de mettre fin à la suprématie de l’atome dans la production de l’électricité en réduisant sa part de 75 % à 50 % pour l’horizon 2025 et inciter ainsi l’émergence d’un « nouveau modèle énergétique ». Mais le même jour commençait le premier salon mondial de la filière nucléaire à Paris (World Nuclear Exhibition) avec l’objectif d’offrir une plateforme commune capable de représenter les industriels français exportateurs du nucléaire.

En fait, le projet de loi ne prévoit ni l’arrêt des réacteurs, ni une baisse de production d’électricité nucléaire. La capacité est maintenue à son niveau actuel de 63,2 gigawatts. Et enfin GDF reste maître de ses plans stratégiques. C’est pourquoi, pour l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, « l’objectif de réduction de la part du nucléaire est à ce stade totalement virtuel ».

Rappelons que c’est lors du premier choc pétrolier en 1973 que la France a lancé son programme nucléaire. Aujourd’hui, avec 58 réacteurs, la France est le second producteur après les États-Unis qui en possèdent 104. Mais c’est en France que la part de l’électricité d’origine nucléaire est la plus importante avec 75 % de la production totale contre 29 % pour le Japon et 19,6 % pour les États-Unis. L’industrie du nucléaire français regroupe un vaste ensemble de savoir-faire technique spécifique. Seul point d’ombre au tableau : l’exportation (11 réacteurs en 50 ans).

Trois ans après la catastrophe de Fukushima, « la perspective de la construction de nouvelles centrales reste prometteuse grâce aux besoins énergétiques des pays à la maintenance et à la nécessaire adaptation des infrastructures existantes ». Les experts estiment un doublement de la demande en électricité d’ici 2035 qui profite largement au nucléaire. Pour rester concurrentiel, EDF prévoit un investissement de 55 milliards d’euros pour la modernisation de ses réacteurs.

L’excellence de la filière nucléaire française constitue par ailleurs un cadre idéal pour les relations franco-turques. La Turquie importe 97% de ses besoins énergétiques. Dés lors, pour réduire cette dépendance et soutenir sa forte croissance, elle a opté pour le nucléaire et a choisi un consortium conduit par Mitsubishi et Areva pour son second réacteur nucléaire. Ainsi la future centrale sera exploitée par GDF Suez (4 réacteurs de type Atmea évalué à 16 milliards d’euros). Espérons que les crises politiques entre les deux pays ne s’en mêleront pas.

Mireille Sadège

1 Comment

  1. Il est risible de lire des choses comme « L’excellence de la filière nucléaire française ».

    Areva et EDF échouent lamentablement à construire leur propre réacteur, la fameux EPR (en Finlande pour Areva, à Flamanville pour EDF) : plus de dix ans de chantier au lieu de 4 ans 1/2, plus de 10 milliards de coût au lieu de 2,8 annoncés au départ… Et ce n’est pas fini !

    D’ailleurs, Areva est en état de faillite et sa cotation à la bourse de Paris est passée de 82 euros à 9 euros (90% de pertes !)

    EDF ne se porte pas beaucoup mieux, sa cotation étant passée de 87 euros à 23 euros (74% de pertes !)

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