Culture, Le choix de la rédaction

10ème anniversaire d’Aujourd’hui la Turquie

Capture d’écran 2015-04-18 à 23.36.54

Le journal francophone Aujourd’hui la Turquie célébrait hier soir ses dix ans d’existence lors d’une réception organisée au Palais de Belgique, en présence de très nombreux invités de marques. Cette soirée fut aussi l’occasion pour le Consul général de Belgique à Istanbul Henri Vantieghem de célébrer une fois de plus la francophonie, tout en mesurant l’impact et l’importance d’un journal francophone en Turquie, une sorte d’« intermédiaire » entre les cultures.

« Ce soir, nous célébrons la francophonie. Une question se pose : est-ce la Belgique qui est française ou bien la France qui a été influencée par la Belgique ? Car chacun sait que Charlemagne était originaire de Liège. S’il avait vécu à notre époque, il aurait eu un passeport belge » a-t-il plaisanté. « Avec la France, nous partageons de nombreux intérêts communs, des positions humanistes relatives aux droits individuels, mais ce soir n’est pas celui de la Belgique mais bien d’Aujourd’hui la Turquie » a-t-il rajouté dans son discours le Consul Général de Belgique.

Capture d’écran 2015-04-18 à 23.36.20

Interrogé plus tard dans la soirée par le journal, M. Henri Vantieghem estime que celui-ci est indispensable pour les expatriés qui ne maîtrisent pas la langue turque mais qui sont désireux d’en apprendre davantage sur le pays.

De son côté, le Consul Général de France à Istanbul Mme Muriel Domenach a rappelé dans son discours « la profonde diversité » qui unit l’ensemble des activités francophones partagées par le journal depuis dix ans maintenant. « La francophonie n’appartient pas seulement à la France, mais également à la Suisse, à la Belgique et aux pays du Maghreb ». « Je me félicite que d’autres que nous mettent également en œuvre la francophonie quotidiennement » a-t-elle ensuite ajouté, avant de conclure en lançant un défi au journal, celui de développer à l’avenir sa diffusion dans les pays du Maghreb.

Aujourd’hui la Turquie, un journal francophone

Des invités d’exception ont également répondu présents, tels que le célèbre critique turc de cinéma Attila Dorsay, pour qui le journal constitue « une extension de la culture française en Turquie ». Pour lui, il s’agit en quelque sorte d’un « pont culturel entre les deux sociétés ».

Capture d’écran 2015-04-18 à 23.35.56

Nami Başer, professeur de philosophie à l’Université de Galatasaray et chroniqueur au sein du journal, déplore le fait que les élèves pratiquent de moins en moins la langue française dans leur vie quotidienne. « Dans les lycées francophones, les élèves maîtrisent mieux l’anglais que le français. Lorsqu’on leur montre un film en anglais, les étudiants acceptent, mais s’il s’agit d’un film avec des sous-titres en français, ils ne veulent pas, ils disent qu’ils ne comprendront pas » a-t-il constaté.

Pour Can Baydarol, expert chargé des affaires européennes, « la mission d’un journal francophone est extrêmement importante ». Il considère lui aussi le journal est une sorte d’« intermédiaire » entre les deux cultures. « De nos jours, il y a de plus en plus de Français qui travaillent en Turquie, les investissements français se sont aussi beaucoup développés dans ce pays. On peut dire que depuis quinze ans, les Français partagent des intérêts économiques communs avec les Turcs » a-t-il expliqué.

En tant qu’intermédiaire entre les lecteurs et la rédaction, Celal Bıyıklıoğlu, président du CORELE, estime même que le journal  « devrait être tiré à plus d’exemplaires qu’il ne l’est déjà » déplorant lui aussi le fait que la francophonie ait perdu de son importance ces dernières années en Turquie.

« La langue anglaise se développe de plus en plus et les gens ont tendance à privilégier les publications anglaises, abandonnant petit à petit la lecture des journaux français. Pour qu’on puisse distribuer le mensuel à un public plus large, il faut un soutien des autorités. Aujourd’hui la Turquie peut servir de pont entre les francophones qui n’ont pas forcément accès à ce genre de publications et les nouvelles du monde entier en français ». Par ailleurs, il souligne également le rôle  « essentiel » du journal et voit en lui  « un lien direct entre l’actualité du monde et celle du pays ». « Même si aujourd’hui on peut tout trouver sur internet, il est important que des écrivains turcs puissent exprimer leurs idées en français pour que celles-ci se diffusent aussi en France » a-t-il ajouté.

La presse française en Turquie

Capture d’écran 2015-04-18 à 23.43.14

Même si la Turquie n’est pas un pays de tradition francophone, ce sont les publications francophones qui marqueront le début de l’histoire de la presse écrite en Turquie. En effet, le premier titre francophone intitulé Bulletin des Nouvelles, fut publié en 1795 par l’Ambassade de France à Istanbul, qui prendra le nom un an plus tard de Gazette française de Constantinople. Sous le règne de l’Empire ottoman, de nombreux titres français ont vu le jour, comme  Le Journal de Constantinople (1839-1866) et La Turquie (1866-1895,) qui furent en quelque sorte les portes-parole de l’administration ottomane.

La fermeture du quotidien Journal d’Orient en 1971 marquera un tournant dans l’histoire de la presse française en Turquie, jusqu’en 2005, année à laquelle Aujourd’hui la Turquie verra le jour pour tenter de combler ce vide.

(…) La suite de l’article à retrouver dans notre édition papier

La rédaction

1 Comment

  1. Marie a une jolie robe ☺ ❤

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *