International, Politique

Le populisme : le pourquoi et ses attentes

Le populisme est selon le dictionnaire Larousse une « Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes ». Ce sont principalement des partis qui prônent le nationalisme, le protectionnisme, la lutte contre les élites et une démocratie dite « directe ». Depuis quelques années, nous avons pu constater une montée du populisme partout dans le monde et plus encore en Europe ; un phénomène qui menace la construction européenne. Mais alors, pourquoi le populisme peut-il être un danger et quelles sont les réponses que les hommes et les femmes politiques peuvent y apporter ?

La crise migratoire de 2015, attiseuses du populisme

Depuis la crise migratoire de 2015, de nombreux mouvements populistes ont vu le jour, l’arrivée de plus en plus de migrants questionnant les fondements de l’Europe.

Tout a commencé avec la photo d’Aylan, un enfant syrien de trois ans retrouvé mort sur la plage de Bodrum, en 2015. Cette photo a retourné les esprits et a posé des questions d’ordre humanitaire. Pendant que certains s’outraient de ce destin terrifiant pour les migrants, d’autres y voyaient un risque grandissant pour la culture et l’économie européenne. Les partis des extrêmes, tels que l’extrême droite en France avec Marine Le Pen et le Rassemblement National ou l’Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland) avec Alexander Gaulan, sont montés en croissance.

Populisme et démagogie, quelle différence ?

Le populisme est souvent assimilé à des « leaders démagogues », soit des leaders qui ont pour intention de flatter les masses. Cependant, ce phénomène prône surtout un rejet prononcé des « élites » au pouvoir. Il met en avant un peuple qui, face à la complexité de la mondialisation, à l’ouverture des échanges et aux insécurités économiques dues aux crises financières, se sent incompris, a peur et cherche à se faire entendre. Le populisme porte les maux d’une société schizophrène, une société qui recherche le point d’équilibre entre repli sur soi et ouverture à l’autre, au monde.

Pourtant, la montée des extrêmes par le biais du populisme peut représenter un danger dans nos sociétés modernes. L’histoire elle-même nous le prouve. Les mouvements radicaux ont souvent mené à une suppression des libertés par un principe contradictoire de « démocratie illibérale » – contraire au désir du peuple d’être entendu et compris –, mais aussi à un repli nationaliste qui peut peiner le pays à s’autosuffire dans un monde interdépendant en ressources et à une montée de l’intolérance — recherche du bourreau de la société – visant finalement à diviser cette société.

La légitimité par la souveraineté populaire

Toutefois, il semble être une forme légitime de démonstration de la souveraineté populaire, principe fondamental de la démocratie. Il ne faut pas le voir comme le Bélial (démon attisant la révolte) de la société, mais bel et bien comme l’expression d’un malentendu, si ce n’est d’un besoin au sein des nations. Selon certaines études, ses sources sont le déclin économique, l’instabilité sociale et une éducation limitée. C’est pourquoi les hommes et les femmes politiques doivent réfléchir aux solutions à proposer.

L’État, garant de la cohésion sociale

L’éducation et la démocratisation de l’information forment des piliers de réponses. Pour se faire, enseigner l’histoire, la citoyenneté nationale et européenne et la tolérance semble être primordial.

Par ailleurs, l’État ainsi que les hommes et femmes politiques sont les garants de la cohésion sociale. Ils doivent pour cela encourager les rencontres et les dialogues entre les différentes communautés religieuses, philosophiques, culturelles et ethniques. Ils peuvent également proposer de promouvoir l’intégration sociale et politique des migrants en créant par exemple des conseils locaux de l’immigration. Surtout, ils doivent encourager le dialogue entre les citoyens et les représentants politiques. Les réseaux sociaux représentent le tremplin idéal pour augmenter la communication des deux parties et éviter que la population ressente « l’élitisme politique ».

Dans un autre temps, l’effet de la mondialisation peut être estompé par le développement de la politique de développement des territoires, de la politique industrielle et de la politique de l’emploi. Deux excellents remèdes sont le progrès technique et la stabilité sociale.

Enfin, il est nécessaire de comprendre le désir des peuples de soutenir des valeurs traditionnelles et des identités spécifiques. Le renforcement de la culture intrinsèque au pays prévient la crainte de perdre son identité nationale.

Le dernier aspect du populisme pourrait être dû à un refus des accords européens. Il serait donc intéressant de promouvoir la citoyenneté européenne en expliquant au plus grand nombre le rôle que joue l’Europe aujourd’hui.

Anaëlle Barthel

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