International, Politique

Le Premier ministre Hüseyin Özgürgün préoccupé par les négociations chypriotes

Alors que les autorités chypriotes du côté turc et grec se sont entendues pour entamer depuis 2015 des pourparlers de paix sous l’égide de l’ONU, le Premier ministre Hüseyin Özgürgün s’est montré préoccupé le 11 août quant au déroulement des négociations avec les autorités grecques.

Cyprus_by_Piri_Reis

Depuis 1974, le conflit sur l’île de Chypre entre la Turquie et la Grèce n’a jamais été réglé. Pourtant, le 15 mai 2015, on pensait qu’enfin ce vieux conflit serait résolu lorsque des pourparlers de paix sous l’égide de l’ONU ont pu être relancés un mois après l’élection de Mustafa Akıncı à la présidence. En effet, lui et son homologue chypriote grec, Nicos Anastasiades, qui espéraient arriver à une solution au courant de cette année, conduisent depuis des négociations sous les auspices de l’envoyé spécial pour les Nations-Unies, Espen Barth Eide.

En outre, le 20 juillet, à l’occasion du 42e anniversaire de l’intervention militaire turc sur l’île, la Turquie avait réitéré son soutien au processus de négociation. Le vice-premier ministre, Tuğrul Türkeş, avait alors stipulé à Nicosie : « La question de Chypre, devrait garantir l’égalité politique, des droits légitimes et la sécurité des Turcs chypriotes et nous considérons cette question comme un enjeu national qui continue à être notre priorité ».

Le 26 juillet, le Premier ministre turc Binali Yıldırım c’était lui aussi exprimé sur la question en stipulant que ces négociations étaient celles de la « dernière chance ».

Mais, aujourd’hui, cette dernière chance semble de nouveau compromise. Les représentants politiques chypriotes turcs émettent des réserves sur le cours des négociations et doutent de la sincérité des autorités grecques à Chypre.

Lors d’une intervention télévisée, jeudi 11 août, le Premier ministre Hüseyin Özgürgün a exprimé des « préoccupations sérieuses » quant au déroulement des négociations, estimant que le processus de négociation était de nouveau dicté par les demandes chypriotes grecques. Notamment, en ce qui concerne la recherche des hydrocarbures

par l’Administration chypriote grecque, M. Özgürgün a déclaré : « En dépit des négociations en cours à Chypre, la partie Chypriote grecque continue à poursuivre ses actions unilatérales sur cette ressource partagée. Pour cette raison, ma préoccupation est qu’ils n’ont pas véritablement l’intention de trouver une solution (au conflit) ». Ce dernier a aussi souligné la volonté de la partie turque de trouver un règlement à ce conflit, vieux de 42 ans : « Nous avons toujours courbé nos têtes et nous avons toujours insisté à ce qu’un accord soit trouvé ».

Un des éléments d’accrochage actuel concerne l’ouverture des points de passage d’Apliç et de Derinya. Les autorités chypriotes turques estiment qu’il est indispensable que ces portes soient ouvertes simultanément ; ce que refuse la partie chypriote grecque.

Si Hüseyin Özgürgün s’est montré critique quant aux intentions de la partie adverse, le Ministère des Affaires étrangères turc n’a pas manqué de condamner lui aussi la déclaration faite par le ministre des Affaires étrangères grec Kotzias du 2 août dernier où il appelait au retrait des forces armées turques de l’île et à l’élimination du système de garantie à Chypre.

Les pourparlers semblent donc piétiner. Il n’est pas sûr que 2016 sera l’année où le conflit chypriote sera enfin résolu.

Camille Saulas. 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *