Politique

Le Premier ministre invite 11 membres de l’opposition à rejoindre le gouvernement

Chargé par le président de former un gouvernement par intérim, Ahmet Davutoğlu a proposé à 11 membres de l’opposition d’y faire leur entrée. Si la participation du HDP ne fait pas de doute, celle du CHP et du MHP reste incertaine.

gouvernement-interim

La formation du gouvernement par intérim avance tant bien que mal. En cas d’annonce de la tenue d’élections anticipées, la Constitution prévoit la formation, dans les 5 jours, d’un cabinet temporaire afin d’expédier les affaires courantes. Cependant, elle oblige à ce que ses membres soient désignés en fonction de la couleur politique au parlement. Au vu des résultats du 7 juin dernier, 11 membres de l’opposition ont été invités par le Premier ministre Davutoğlu. Pour le CHP, il s’agit de Gülsün Bilgehan, Erdoğan Toprak, İlhan Kesici, Tekin Bingöl et enfin l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Deniz Baykal, qui a également dirigé la formation jusqu’en 2010. Les candidats du MHP sont  Ahmet Kenan Tanrıkulu, Meral Akşener et Tuğrul Türkeş, le fils du fondateur du parti. Enfin pour le HDP, Levent Tüzel, Müslüm Doğan et Ali Haydar Konca ont été proposés. Tous ont jusqu’à jeudi 18h pour faire part de leur décision.

Pour l’instant, seul le parti pro-kurde a déjà confirmé sa volonté de prendre part au gouvernement. Le porte-parole du HDP, Ayhan Bilgen, avait indiqué ce mardi 25 août que son parti n’était pas du genre à « dire non à toutes les offres ». « Nous n’hésiterons pas à participer au gouvernement chargé d’organiser les élections », indique-t-il dans sa déclaration. « Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités. »

Pour les deux autres partis d’opposition en revanche, participation semble rimer avec compromission. Ainsi le MHP avait déjà annoncé depuis plusieurs jours son refus de voir ses députés rejoindre le cabinet. « Nous n’avons pas de représentants, mais des frères de notre cause. Et la cause ne peut être ni achetée, ni vendue », s’est justifié Devlet Bahçeli, le chef du parti d’extrême droite. Fin de non recevoir également du côté du CHP. « Il n’y a personne d’aussi malhonnête dans notre parti », a lancé son leader Kemal Kılıçdaroğlu, justifant son refus par le fait que le chaos actuel a été «  volontairement » créé par l’AKP.

Des accusations qualifiées de « mensonges » par le Premier ministre lors d’une conférence de presse qui faisait suite à un entretien avec le président. « On ne gouverne pas un pays en refermant des portes », s’est-il plaint. Et de s’adresser directement aux députés des deux partis pour les rappeler à leur devoir : « Si la Constitution a dégagé une feuille de route avec des dispositions telles que « un gouvernement doit être formé, un Conseil des ministres doit être composé, et le pays doit aller aux élections en étant gouverné », alors nous devons tous y obéir ».

Si les deux formations persistent dans leur refus, le Premier ministre pourrait trouver une alternative en nomment au cabinet des membres de la société civile dont la sensibilité est proche du CHP et du MHP.

Antoine Rolland

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *