Politique

Le procès de Fethullah Gülen s’est ouvert hier au Tribunal d’Istanbul

Hier, mercredi 6 janvier, s’est ouvert en Turquie le procès de l’imam Fethullah Gülen.

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L’affaire a été ouverte hier au Tribunal d’Istanbul, en l’absence de l’accusé, en exil volontaire depuis 2009 aux Etats Unis. En octobre dernier, le procureur en chef par intérim du Parquet d’Istanbul, Ismail Ucar, avait préparé un acte d’accusation de 1453 pages contre Fethullah Gülen. Dans ce document, le leader de l’« organisation parallèle » est accusé d’« accès à des informations secrètes par l’espionnage politique et militaire », de « formation et gestion d’organisation armée » et de « tentative d’éliminer le gouvernement turc ou d’empêcher son bon fonctionnement, par la force et la violence ». Le procureur d’Istanbul a alors requis la prison à vie contre Fethullah Gülen et les deux ex chefs de la police, ainsi que des peines de sept à trois cent trente ans de reclusion pour 66 autres accuses dans cette meme affaire.

Rappel des faits

2010. Après l’arrestation de près de 300 personnes entre 2007 et 2009 dans le cadre du procès Ergenekon, du nom du présumé réseau criminel composé de militants politiques, d’officiers de l’armée et de la gendarmerie, de magistrats, d’universitaires et de journalistes, le plan Balyoz est lancé. Le but : faire tomber les conspirationnistes, notamment des militaires, soupçonnés d’avoir monté des attentats (tentatives d’assassinat contre le Prix Nobel de Littérature Orhan Pamuk et le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, assassinats de journalistes…) afin de discréditer l’Etat en démontrant son incapacité à défendre la population.

Au cœur de cette affaire, un groupe mené par Fethullah Gülen, initiateur du mouvement Hizmet (« service »), se serait infiltré au sein de la police et de la justice : des bureaucrates proches de ce mouvement auraient pris part dans la mise sur écoute illégale de plusieurs personnalités en Turquie, dont des hauts dirigeants de l’Etat. C’est ainsi que des allégations de corruption et d’appartenance au groupe Ergenekon, impliquant notamment des ministres, avaient émergé fin 2013.

Cette organisation dite « de type F » (F pour Fethullah Gülen) aurait de plus falsifié les preuves, afin d’obtenir des condamnations de ministres et de dignitaires du gouvernement dans ce vaste complot.

Kheira Djouhri

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