Culture, Découverte, Société

Le syndrome d’Istanbul

Ce mois-ci, nous irons dans un pays lointain, mais en même temps très proche de la Turquie, un pays avec une population dont une importante partie est issue de communautés provenant d’Europe et du Moyen-Orient. Je parle du Chili, un pays atypique du point de vue géographique puisqu’il s’étend sur le continent sud-américain du nord au sud. D’après mes constatations sur place, les Chiliens sont des personnes absolument charmantes et aimables. L’amitié turco-chilienne n’est pas nouvelle, la capitale Santiago abritant l’un des deux monuments dédiés à Mustafa Kemal Atatürk sur le sol latino-américain, l’autre étant à La Havane (Cuba).

Ce n’est pas pour vanter les beautés chiliennes que j’écris ces quelques lignes, mais pour parler d’un jeune écrivain chilien amoureux d’Istanbul et des Turcs, auteur du livre « Síndrome de Estambul », Carlos Flores Arias. J’ai eu le plaisir de traduire ce livre en turc et j’ai pu échanger quelques mots avec lui dont vous trouverez le résumé ci-dessous. Il faut ajouter que Carlos Flores s’est converti à l’islam en adoptant le prénom de Yahya.

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Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Je voulais documenter le voyage que j’ai effectué en Turquie avec ma mère et mes amies en 2012. Bien sûr, mon livre s’est beaucoup inspiré de cette expérience, mais pour lui donner une certaine profondeur, je l’ai transformé en roman et certains éléments sont donc inventés. Par exemple, contrairement à ce qui est écrit dans le livre, je ne suis pas d’origine grecque.

Pourquoi ce titre, « Le syndrome d’Istanbul ? »

À partir de l’an 2000, j’ai ressenti un intérêt tout particulier pour la Turquie notamment grâce à la musique de Tarkan qui s’est rendue jusqu’au Chili. J’ai commencé à lire de nombreux ouvrages sur la Turquie. J’ai pu aussi apprendre un peu la langue turque. Quand j’ai fait ce voyage, j’étais si impressionné par ce pays, sa population, sa culture, ses traditions, son histoire que j’en fus prisonnier. D’où cette référence au syndrome de Stockholm. La Turquie occupe une place particulière dans mon cœur qui est divisé entre la Turquie et le Chili.

Pourquoi le personnage principal est-il d’origine grecque et non turque ?

Le Chili a une importante diaspora grecque et j’espère que je l’ai honorée le plus possible dans mon livre. D’autre part, avoir un descendant turc souhaitant découvrir Istanbul serait superflu à mon avis. Selon moi, il était plus intéressant de transmettre aux lecteurs les changements politiques, sociaux et territoriaux survenus après la fin de l’Empire ottoman, les relations des peuples installés dans les Balkans, les régions de la mer Égée et leurs histoires communes dans cette période trouble. De plus, je pense que c’est d’autant plus intéressant afin que l’on ne se concentre pas uniquement sur le personnage.

Donc, votre voyage n’a pas pour source la recherche d’un passé familial contrairement à ce qui est évoqué dans le livre.

Non en effet. À cette époque, j’étais le président du Tarkan Fan Club Chili qui n’existe plus aujourd’hui, mais qui était membre du groupe Tarkan International. Dans ce contexte, l’occasion nous a été donnée de suivre ce chanteur turc et d’assister à l’un de ses concerts en Turquie. Étant handicapé et diabétique, mes amies et ma mère m’ont accompagné durant ce périple. J’ai donc pu partager avec elles mon amour pour cette terre et leur faire découvrir quelques endroits les plus beaux de la Turquie, comme Istanbul, Izmir et Éphèse.

Y aura-t-il une suite ?

Oui, j’ai écrit pendant deux ans et demi une séquelle avec tous les personnages du roman. On y découvre davantage et plus en profondeur leurs histoires personnelles et psychologiques ainsi que sur les amours qui sont nés à Istanbul. On verra si ce livre sera publié au Chili.

Finalement, pourquoi les lecteurs devraient-ils lire votre roman ?

J’ai vraiment essayé de transmettre tout mon amour et toute ma passion pour la Turquie. Mon objectif n’était pas d’écrire un livre touristique ou historique, mais de partager mes sentiments les plus profonds sur les merveilles de la Turquie. Je pense que c’est une raison suffisante.

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Voilà quelques pensées de ce jeune écrivain plein de bonté et de compassion. Le livre se déroulant en juin 2012, je vous invite donc à le découvrir lors de cet été chaud qui s’annonce et qui, je l’espère, sera empli de bonheur pour tous.

Eren M. Paykal

 

 

 

 

 

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