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Le Tanap : faire de la Turquie un acteur majeur du transport énergétique

tanapLe projet Southern gas corridor qui englobe le Trans-Anatolian Natural Gas Pipeline (TANAP) est à l’ordre du jour en 2015. Son passage par sept pays distincts dont la Turquie, nous amène à présenter ce dernier comme la nouvelle « route de la soie » du transport énergétique. 

 

Un enjeu considérable :

Le 12 février dernier se déroulait à Bakou le conseil consultatif sur le projet Southern gas corridor. Il a pour but de réaliser un gazoduc de 3500 km de long, soit une canalisation transportant principalement des hydrocarbures. Conçue à l’origine pour transporter le gaz d’Azerbaïdjan vers la Turquie et l’Europe, cette canalisation relierait le gisement Chahdeniz de l’Azerbaïdjan à l’Europe centrale en passant par la Turquie. L’Azerbaïdjan à l’ouest de la mer Caspienne serait le principal fournisseur de gaz naturel pour des consommateurs comme la Turquie, la Grèce, les pays balkaniques ou encore l’Italie. Le projet devrait aboutir en 2019.

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Ce gazoduc devrait avoir une capacité de 16 milliards de mètres cubes de gaz par an dont six destinés à la Turquie, le reste étant acheminé en Europe. Ce projet fait partie intégrante de la politique énergétique de la Turquie mais vise également à réduire la dépendance de l’Union européenne vis à vis de la Russie en approvisionnement de gaz. La Russie qui jusqu’alors avec son projet South Stream était le principal concurrent du Southern gas corridor. Les troubles géopolitiques entre la Russie et l’Ukraine donnent actuellement un avantage certain au Southern gas corridor.

Le projet Southern gas corridor privilégié par le gouvernement turc :

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Le ministre de l’Energie Taner Yıldız.

S’expriment lors du conseil, le ministre turc de l’Energie, Taner Yıldız a présenté le projet comme « prioritaire » pour la Turquie. En effet, la Turquie serait un corridor en gaz naturel, sa position clé dans la distribution de gaz dans la région est considérable politiquement et économiquement. « Tous les anneaux de la chaîne doivent être reliés entre eux » a souligné Yıldız. L’unité des participants au projet Pipeline s’annonce ferme et durable. Économiquement, le projet à travers ses 45 milliards de dollars serait l’un des plus importants pour l’acheminement de gaz naturel en Europe. À terme l’Europe recouvrirait 20% de ses besoins énergétiques selon le ministre turc de l’Energie. Taner Yıldız a également déclaré que les projets futurs ne gêneront en rien le Southern gas corridor. Ce dernier est résolu à mener le projet à son aboutissement.

Le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, s’est également prononcé sur le sujet, annonçant que « les ressources énergétiques de l’Azerbaïdjan et la situation géographique de la Turquie ont renforcé les capacités commerciales des deux parties, dans ce projet ». Davutoğlu indique que les deux pays sont liés. Ainsi la bonne entente est-elle de mise. Au delà de son rôle économique, le Southern gas corridor est amené a être une des principales infrastructures dans l’acheminement de l’énergie vers l’Union européenne, infrastructure qui peut se prétendre durable, dans le temps.

Pauline Autin

1 Comment

  1. Nathalie RITZMANN

    Très intéressant ton article Pauline, bravo !

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