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Vacances en Turquie : le tourisme français en bonne santé

Voici venir les beaux mois d’été et, pour fuir la chaleur étouffante des foules d’Istiklal, il est bon de flâner dans les ruelles de Galata. À l’ombre de la tour, soudain, une voix familière : pas de doute, un compatriote ! Un second, un troisième, et soudain Istanbul s’anime d’accents français. Le soleil envahit la ville… les hordes de touristes aussi. Certains paradent fièrement, avec toute la panoplie du parfait vacancier, cible parfaite des vendeurs de perches à selfies, d’autres plus discrets tentent de se fondre dans la masse en bredouillant quelques mots de turc, aussitôt repris par les autochtones qui esquissent un grand sourire : ici, les Français sont bien accueillis. On les rencontre en foule entre Sainte-Sophie et Topkapı, ils tentent de marchander à grand bruit au Bazar égyptien, ils logent nécessairement entre Taksim et Beyoğlu. Ils ont une certaine idée d’Istanbul et véhiculent une certaine image de la France : les chiffres ne trompent pas, le tourisme stambouliote est à la hausse. Tentons alors de comprendre pourquoi l’antique Constantinople a de nouveau la cote.

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Le ministère turc du Tourisme : pilier de la croissance nationale

De par son histoire et la richesse incomparable de son patrimoine, la Turquie a toujours été une terre d’accueil pour le tourisme international. En 2014, elle tient le rang de 6e destination mondiale en termes d’arrivées, ce qui se chiffre à 39,8 millions de visiteurs annuels, soit une augmentation de 41% depuis 2007. Aujourd’hui, ce secteur compte parmi les plus dynamiques de l’économie turque, et enregistre l’un des plus forts taux de croissance (Tendances et politique du tourisme 2014, OCDE). En 2012, les recettes représentaient 2,8% du PIB, et sa contribution totale (directe, incomplète et induite) était évaluée à 3,7%. La Turquie affirme donc sa position de destination touristique majeure entre Europe et Moyen-Orient. Fort de ces résultats, le gouvernement turc est attentif à soutenir cette croissance, et alloue les moyens financiers pour booster encore la courbe : le budget annuel alloué à la commercialisation et à la promotion du tourisme par le ministère de la Culture et du Tourisme s’élève à environs 100 millions de dollars. Des frais qui recouvrent notamment la publicité, la participation à des salons professionnels et l’organisation d’ateliers et de séminaires pour les professionnels du voyage. Commercialisation et promotion sont donc au cœur du budget ministériel, composé de quatre autres piliers : l’investissement entrepreneurial, l’entretien des musées et monuments, l’Opéra et le Ballet national, et enfin les théâtres nationaux.

Le ministère appuie également sa démarche sur une stratégie de développement touristique bien ciblée : il s’agit d’augmenter la demande des marchés habituels et des marchés émergents en expansion, notamment les BRIC ; de relever le pourcentage de visiteurs à revenus élevés, d’accroître les dépenses touristiques par habitant et la durée des séjours ; d’élargir la demande touristique en basse saison ; de renforcer la demande sur les segments spécialisés, comme le tourisme culturel et sportif, le tourisme de conférence et le tourisme de motivation, et le tourisme de santé et de bien-être ; de favoriser une répartition équilibrée du tourisme entre les différentes régions et assurer un développement stable. L’objectif idéal à l’horizon 2023 ? Jusqu’à 50 millions de visiteurs et 50 milliards de dollars (39 turquie_tourismemilliards d’euros) de recettes touristiques. C’est le but que s’est fixé la destination, comme l’a annoncé Serra Aytun, la directrice de l’Office de tourisme de Turquie à Paris, lors d’une conférence de presse sur le salon IFTM-Top Resa. « Entre 2000 et 2013, la Turquie a ainsi vu le nombre de ses visiteurs étrangers plus que tripler, de 10,5 à 34,9 millions, quand le nombre de touristes internationaux à l’échelle mondiale ne progressait « que » de 56%. Nous sommes aujourd’hui en 6e position des destinations les plus fréquentées dans le monde », explique-t-elle.

France et Turquie : des liens forts

La France, quant à elle, a fourni un peu plus d’un million de visiteurs à la destination en 2013, contre 450 000 en 2000. La progression du marché français s’avère toutefois relativement mesurée à l’issue des premiers mois de 2014 : entre janvier et juillet, près de 612 000 visiteurs hexagonaux se sont rendus dans le pays, soit +1,21% par rapport à la même période l’an dernier. Dans ce paysage, la ville d’Istanbul profite de sa renommée culturelle –en 2010, elle a été élue « capitale culturelle de l’Europe »- avec une progression de 9% des volumes entre janvier et juin 2014, soit 5,38 millions d’arrivées (dont 221 000 Français).

Les relations franco-turques encouragent de fait la progression d’un tourisme bilatéral, se tenant au fait des salons du tourisme international, comme en témoigne cette soirée « Colours of France », organisée sous le haut patronage de S.E. Monsieur Laurent Bili, ambassadeur de France en Turquie, pour la promotion du tourisme français en Turquie. La réception à laquelle ont participé notamment les représentants de la TÜRSAB (l’Union des agences de voyages de Turquie), s’est déroulée le 26 novembre 2014 au Palais de France. « La destination turque est à la mode et nous en sommes heureux. », a déclaré S.E. Monsieur Laurent Bili. « Le tourisme est un lien de plus en plus important entre la France et la Turquie : les Français sont de plus en plus nombreux à venir en Turquie, les Turcs fréquentent chaque jour davantage la France, pour leurs loisirs mais aussi pour les salons », a-t-il souligné, témoignant de « 500 ans de relations bilatérales franco-turques ». Mais que les Français se rassurent : « Nous facilitons tous les jours leurs demandes de visas, à Istanbul comme à Ankara, avec un des taux de refus parmi les plus bas des pays membres de l’espace Schengen. »

Malgré ces facilités politiques, les derniers communiqués du ministère de la Culture et du Tourisme jettent une ombre sur ces perspectives, rappelant la dégradation sensible de la situation politique ce dernier mois : 33 727 français qui sont entrés en Turquie en mars 2015, un chiffre en recul certain par rapport aux années précédentes (44612 en 2014), une baisse de 24%.

Des peurs géopolitiques qui ne rebutent pas les touristes

Reste cependant cette peur latente de troubles majeurs, en cette période d’incertitude et d’instabilité sur la scène politique et face aux risques que représente la relative proximité, à la frontière syrienne, avec le groupe Etat islamique. L’entrée en guerre de la Turquie aura-t-elle raison des fièvres estivales de découvertes orientales ? La Turquie n’entend pas connaître le sort de la Tunisie et, pour le moment, les communiqués d’Ariane, sans minimiser les risques, ne sont pas pour autant alarmistes. « Les déplacements des ressortissants français en Turquie ne sont pas déconseillés par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international, sous réserve d’une vigilance renforcée et d’un strict respect des consignes de sécurité figurant sur le site des « Conseils aux voyageurs ». En raison du contexte régional (conflits syrien et irakien) et du risque inhérent d’attentats terroristes (proximité géographique avec les zones de conflit), il est vivement conseillé aux Français se rendant ou séjournant en Turquie de faire preuve de prudence dans leurs déplacements et de se tenir à l’écart des attroupements. Par ailleurs, suites aux différentes attaques à l’explosif contre des postes de police, dont la dernière le 1er avril 2015 au quartier général de la police d’Istanbul situé à Fatih, la vigilance s’impose dans les quartiers touristiques, notamment aux abords des postes de police », peut-on lire sur le site officiel du ministère des Affaires étrangères. Une situation qui incite donc à la prudence, mais certes pas au retrait, comme en témoignent les partages de points de vue et de ressentis sur les sites d’échanges tels que « Francophones à Istanbul », sur Facebook : les troubles sont bien là, mais ils ne nuisent pas au quotidien du français lambda en vacances. Aux alentours de Galata, malgré les risques de manifestations latents ces derniers jours, les touristes sont toujours bien reçus à la terrasse des cafés et dans les échoppes d’artisanat local.

Quelques chiffres clés :

Nombre de touristes ayant visité la Turquie en 2012 : 31 782 832

Durée moyenne du séjour des visiteurs : 3,3 jours

Nombre de sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : 11

Nombre de sites candidats au patrimoine mondial de l’UNESCO : 17

Nombre de sites inscrits sur la liste provisoire du patrimoine mondial : 41

Nombre de visiteurs dans les musées et sites historiques en 2012 : 28.781.308

Nombre de plages avec Pavillon bleu : 383 (3ème rang mondial)

Nombre de marinas avec Pavillon bleu : 21 (7ème rang mondial)

Nombre d’établissements d’hébergement : 3,830

Elisabeth Raynal

1 Comment

  1. seys danielle

    qui veut encore aller en TURQUIE quand le droit des femmes est bafoué quand on retirera ATATURK DES LIVRES SCOLAIRES? vous rigoler ou quoi? bientôt plus de profs indépendants mais des immans et encore quoi? j ai ete en Turquie huit fois plus jamais sous ERDOGAN qui tue les femmes qui combattent DAECH OU LIEU DE FUIR COMME CERTAINS HOMMES a la frontiere syrienne quoi des voiles ? alors 1qu’elles avaient le droit de vote en 1938!

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