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Le vrai problème

Le mois dernier, j’ai terminé mon édito avec une phrase qui n’avait presque rien à voir avec le reste de mon article. De nombreux lecteurs m’ont donc demandé ce que je voulais dire.

Tout y est caché : les réserves de devises de la Chine se sont établies à 3.115,497 milliards de dollars au 30 janvier 2020. Ce chiffre a reculé à la fin du mois de mai pour s’établir à 3.101,7 milliards de dollars. Le recul est léger par rapport à janvier malgré les confinements imposés dans la plupart des pays, mais cela reste un chiffre indiscutable pour les économistes et politologues de tous les pays du monde. Beaucoup de personnes et d’institutions réfléchissent à ce chiffre colossal.

Pour mieux comprendre la grandeur de ce chiffre, nous devons regarder les réserves des autres pays. Le Japon détient une réserve de 1.342,3 milliards de dollars, et se positionne ainsi en deuxième position derrière la Chine. La France a 197.068 milliards de dollars en réserve (15e position) et la Turquie dispose de 144.450 milliards (en 20e position)1. 

Pendant que la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prépare un plan de relance de plus de 750 milliards d’euros pour faire face aux conséquences de la Covid-19, la plupart des économistes pensent aux réserves de la Chine pour relancer l’économie mondiale. D’après ces derniers, pour mieux partager la richesse mondiale, il faut prendre le risque, sans contrepartie, de faire fondre la réserve colossale de la Chine.

Pour sauver sa supériorité dans le commerce mondial, la Chine pourrait accepter cette formule. Mais jusqu’où est-elle prête à aller ?

* * *

Un combat sans merci se poursuit entre les partisans et les opposants de l’hydroxychloroquine. D’un côté, il y a des défenseurs des lobbys pharmaceutiques. De l’autre côté, un hôpital de recherche avec à sa tête l’éminent Prof. Didier Raoult. Son protocole est appliqué dans de nombreux pays du monde, excepté dans une partie de la France. 

En France, les grands médias se montrent très critiques à l’égard de l’infectiologue tout en menant une course à l’interview. LCI, BFMTV, L’EXPRESS, et d’autres condamnent Didier Raoult, l’accusant d’utiliser pour sa notoriété les réseaux sociaux. Sur France 5, Anne-Élisabéth Lemoine, en compagnie de Patrick Cohen, invite chaque soir toute sorte de personnes opposées à l’hydroxychloroquine pour traiter le coronavirus. Ces derniers n’hésitent pas à critiquer de façon virulente le savant du Sud, et ce aux frais du contribuable. Je ne comprends pas la position insistante de ces deux personnes à l’égard de Didier Raoult.

Dans son dernier livre intitulé « Y-a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ? » (Éditions Albin Michel), le Prof. Christian Perronne, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Garches, explique la déroute de l’État dans le secteur sanitaire. Non seulement il n’y avait ni masques ni tests, mais on fut obligé de confiner le pays. Par ailleurs, d’après lui, l’industrie pharmaceutique achète beaucoup d’experts. 

Enfin, nous constatons dans plusieurs pays la soumission généralisée à l’égard du pouvoir. Chaque côté rêve d’un monde de l’après-confinement bien différent. Les dirigeants veulent diminuer les libertés des travailleurs. Quant aux simples citoyens, ils entretiennent de nombreuses peurs : peur de perdre son travail, crainte de voir sa situation économique et familiale se dégrader, peur d’avoir des problèmes de santé. Le stress est généralisé… On parle d’ailleurs de « stress tests » des grandes multinationales, comme ceux subis par les grandes banques il y a quelques années. La plupart des établissements financiers dans le cadre de leur gestion des risques pratiquent le stress testing. Vit-on une autre forme de test avec le pouvoir, mais cette fois au niveau international et sur l’économie en général ? 

La gestion des pays démocratiques est devenue un problème mondial. La démocratie est en panne, dans un coma profond, depuis bien plus de trois mois. Quant à la justice, elle semble en vacances depuis au moins deux décennies. Les pouvoirs politiques sont devenus de plus en plus autoritaires et les citoyens commencent massivement à dire « non » à ce type de régimes qui se drapent d’un semblant de démocratie.  

Les hommes politiques doivent comprendre qu’ils sont simplement là pour représenter les peuples.

Dr. Hüseyin Latif, directeur de publication

  1.  Pour tous les pays, les valeurs correspondent à celles de janvier 2020. Sauf pour la Turquie, dont le chiffre correspond à celui de la fin du mois de décembre 2019.

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