International, Politique

Le french bashing ? So British !

Depuis le début du mois de janvier, la presse britannique prend un malin plaisir à moquer les travers français. Ce n’est pas la première fois et sûrement pas la dernière, mais lorsque certains journalistes anglais dépassent les bornes, les Français répliquent.

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Bernard Emié


Le 3 janvier dernier, la journaliste américaine Janine di Giovanni installée à Paris publiait dans l’hebdomadaire Newsweek un article intitulé « The fall of France » (le déclin de la France). Le titre en dit long. La journaliste n’est pas là pour faire l’éloge de la France. Mais cet article perd rapidement toute crédibilité puisqu’il s’avère truffé d’erreurs. En effet, parmi d’autres inepties, Mme di Giovanni affirme qu’en France, l’impôt sur le revenu atteint 70 %, que le mot entrepreneur n’existe pas ou encore qu’un demi-litre de lait à Paris coûte presque 4 dollars.
Quatre jours plus tard, c’est au tour du journaliste Allister Heath, du quotidien économique anglais City AM de s’attaquer à la France. Dans son article intitulé France’s failed socialist experiment is turning into a tragedy (l’échec de l’expérience socialiste française tourne à la tragédie), il dénonce « un État prédominant, des niveaux d’imposition affreusement élevés (…) et une haine généralisée du commerce, du capitalisme, du succès et de l’effort ».

Ce french bashing, très à la mode ces derniers jours dans la presse britannique, a engendré en France un déferlement de réactions. Le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, a ainsi qualifié l’article de Janine di Giovanni de « pamphlet » qui sera « un cas d’école en école de journalisme » et qui suscite « une certaine hilarité ». L’ambassadeur de France à Londres, S.E. Bernard Emié (bien connu des lecteurs d’Aujourd’hui la Turquie pour avoir occupé ce poste à Ankara de 2007 à 2011) est également sorti de sa réserve diplomatique. Dénonçant le contenu « idéologique, mélange de préjugés et d’erreurs » de l’article d’Allister Heath, l’ambassadeur a répondu point par point aux affirmations du journaliste pour montrer en quoi il «se trompe sur la France». Il a notamment précisé que la dépense publique en France – inefficace et élevée selon le journaliste de City AM – servait à financer des services publics de qualité.
Si les rivalités entre la France et l’Angleterre ne datent pas d’hier, on peut tout de même s’interroger sur les raisons d’un tel french bashing.

Les critiques menées dans les deux articles dénigrent la politique économique du gouvernement actuel. En effet, les Britanniques semblent craindre une politique socialiste prônant l’augmentation des impôts et le non allégement des dépenses sociales. Cependant, ces critiques n’apparaissent pas d’une grande originalité puisqu’elles sont partagées par beaucoup à droite de l’échiquier politique français. Mais alors que François Hollande a récemment changé de cap idéologique en faveur du modèle social-libéral – déclarant notamment lors de sa dernière conférence de presse son intention de réduire la fiscalité des entreprises et de compenser par des coupes dans les dépenses publiques – , on peut se demander si cela redorera l’image de la France outre-manche…
Parmi les autres explications de ce french bashing, il semblerait que le pessimisme des Français n’aide pas. Champions de l’auto-dénigrement, ils seraient les premiers à oublier les atouts de la France, pourtant nombreux. On peut ainsi évoquer l’important taux de natalité, la productivité des habitants ou encore des services publics (école ; soins hospitaliers) accessibles à tous.
Le rôle des médias dans ce pessimisme ambiant n’est pas anodin. En effet, ces derniers (jouant le jeu de l’audimat) décrivent bien trop souvent une France qui va mal. Crise et chômage sont ainsi des sujets récurrents traités par nos médias. Cela a un impact non négligeable sur le moral des Français et par ricochet sur la vision de la France à l’étranger. Il faut donc tirer vers le haut ce qui fonctionne en France. A titre d’exemple, saviez-vous que pas moins de 90 entreprises françaises figuraient au palmarès 2013 du cabinet Deloitte des 500 start-up à la croissance la plus rapide en Europe, Afrique et Moyen-Orient ? Et si nous commencions 2014 en voyant le bon côté des choses ?

Claire Corrion

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