Société

La législation turque sur les droits des animaux est en cours d’élaboration

La loi, issue d’un rapport parlementaire sur les droits des animaux en Turquie, sera promulguée dans les prochains mois rendant les amendes et les sanctions pour les crimes commis envers les animaux plus sévères.

« Nous avons publié le rapport et un projet de loi doit être soumis [au parlement]. La loi sera discutée à la commission parlementaire de l’agriculture et des forêts. Nous nous attendons à ce qu’elle soit promulguée en janvier, lorsque les pourparlers budgétaires seront achevés », a déclaré Mustafa Yel, président de la commission parlementaire chargée d’enquêter sur les droits des animaux.

« Tous les aspects mentionnés dans le rapport concernant non seulement les animaux errants, mais aussi les proies et les animaux sauvages, seront pris en compte », a-t-il déclaré au quotidien Hürriyet.

M. Yel a également déclaré qu’il s’attendait à ce que la nouvelle législation satisfasse toutes les parties concernées par les droits des animaux.

Le rapport, achevé par la commission le mois dernier après une série de réunions avec des experts, des organisations non gouvernementales et des militants, propose d’infliger une amende de 10 000 livres turques à ceux qui abandonnent leurs animaux domestiques. En effet, l’abandon des animaux, en particulier des chiens, est une problématique importante en Turquie. De nombreux canidés sont délaissés par leurs propriétaires et sont condamnés à se débrouiller seuls, si bien qu’ils se réfugient souvent dans les forêts avoisinant les villes et, sans l’intervention de volontaires qui les nourrissent et les soignent, ils seraient condamnés à mourir de faim, de froid ou seraient tués par leurs semblables. Une situation intolérable qui a, entre autres, poussé les autorités à légiférer.

De plus, si le projet de loi est adopté, la peine minimale pour les crimes contre les animaux, en particulier les paris sur les combats de chiens et les abus sexuels, sera de deux ans et un mois de prison.

Le rapport suggère également d’interdire le commerce des animaux de compagnie, les cirques d’animaux et les delphinariums à travers le pays.

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Le rapport a également dû donner une réponse aux problèmes que pose cette interdiction notamment sur les Îles des Princes, au large d’Istanbul, où le transport des touristes s’effectue en calèches tirées par des chevaux. En effet, sur les cinq îles, le transport automobile est interdit. Selon le rapport, le transport hippomobile devrait être considérablement limité au profit de véhicules électriques. Seuls de gros chevaux devraient être utilisés pour tirer les calèches sur un itinéraire touristique relativement court, et ils devraient être gardés dans une écurie supervisée par la municipalité métropolitaine d’Istanbul.

Chaque année, quelque 800 chevaux d’attelage meurent dans les îles, en particulier à Büyükada, selon le groupe militant Don’t Use Carriages, Horses are Dying Initiative (« Faytona Binme Atlar Ölüyor » en turc) qui réclame depuis de nombreuses années une interdiction totale des voitures attelées.

Le rapport propose également une collaboration avec les municipalités et le gouvernement pour fournir des services vétérinaires et de stérilisation appropriés.

Cette loi, si elle est promulguée et appliquée, sera une avancée considérable du point de vue des droits des animaux, une problématique sur laquelle la Turquie est en train de prendre des mesures fortes.

Victor Mottin

 

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